Medievals marque l'image et le son pour les proteger et les tracer

Retour au blog

A l'heure du tout multimédia et des échanges dématérialisés, tous les acteurs de l'audiovisuel sont à la recherche de solutions pour se prémunir contre le piratage des œuvres audiovisuelles. De nombreuses techniques de cryptage et de tatouage numérique existent, mais aucune ne s'est encore imposée comme étant la solution imparable.

Le projet Medievals explore une voie originale de sécurisation des contenus audio et vidéo sur Internet, de façon à protéger le contenu d'un bout à l'autre de la chaîne de transmission : "Avec les techniques d'embrouillage/tatouage classiques," explique Pierre Sarda, chef de l'équipe Medialive en charge du projet au sein du groupe Nagra Kudelski, "le contenu crypté est d'abord recomposé en clair sur le poste du client avant d'être tatoué. Ce qui présente une faille de sécurité potentielle. Notre solution ne donne jamais accès au contenu totalement désembrouillé. La recomposition en clair et le tatouage sont deux opérations simultanées, sans possibilité de séparation."

Marquage d'une image avec Medievals

À gauche, l'image d'origine avec les points susceptibles de contenir des marques. À droite, l'image embrouillée (protection légère)

Prenons l'exemple d'un film acheté en ligne sur un portail de vidéo à la demande. Avec la protection Medievals, le fichier transmis initialement est brouillé et donc inutilisable. Un flux secondaire permet ensuite de recomposer le film en clair et de le tatouer de façon unique en une seule opération. Si l'acheteur du film tente alors de copier et disséminer le film en clair, il sera possible de remonter à la source du piratage grâce au tatouage. Une solution qui devrait intéresser les distributeurs de contenus sur Internet.

Medievals travaille sur des composantes intrinsèques du flux audiovisuel compressé.  Selon Pierre Sarda : "Ça revient à mettre l'intelligence de la protection au niveau du contenu. Nous travaillons sur quelques coefficients bien choisis, que l'on modifie de façon à produire une perturbation forte, faible ou invisible. Que ce soit pour l'insertion de la marque ou l'embrouillage du contenu, la complexité algorithmique se trouve côté serveur. Le désembrouillage et le tatouage sont de simples opérations de remplacement nécessitant peu de ressources côté client. Autre avantage, le contenu protégé par nos soins, puis distribué, est un contenu sans valeur. Ce qui redonne de la valeur, ce sont les infos que l'on donne au moment de la recomposition et qui ne représentent qu'un pourcent de la bande passante. Le gros du fichier peut être distribué sans risque, y compris sur les réseaux pair à pair."

Démarré en décembre 2007, Medievals se termine à la fin de l'année par la réalisation d'une chaîne complète de vidéo à la demande : préparation des contenus, marquage, mise à disposition sur un portail web, achat des droits, téléchargement, recomposition en clair et tatouage, etc. L'ensemble est complété par un système d'analyse de fichiers piratés permettant de retrouver le code de la personne à l'origine de la fraude.

Au-delà, des prolongements industriels sont prévus, sur lesquels Pierre Sarda tient à rester discret. Sécurité oblige !

Retour au blog

Ajouter un commentaire