Navtrack, ou la maitrise du sans fil en mer

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NavTrack

Géolocalisation temps réel et vidéo haut débit permettent de suivre les évolutions d'une flotille d'embarcations

Le projet NavTrackvient de se terminer avec le mois d'octobre 2011. Ce projet de système sans fil de suivi de régate en mer a dû naviguer entre plusieurs écueils. C'est en tout cas l'avis de Gilles Picard, coordinateur du projet pour le compte de la société Déti. La PME brestoise est spécialisée dans les composants hyperfréquence passifs, notamment destinés aux applications militaires. Elle avait saisi l'opportunité de l'appel à PME 2007 pour lancer le projet NavTrack afin de diversifier ses activités.

"Au départ, le sujet nous paraissait relativement simple", raconte Gilles Picard. "Mais nous nous sommes rapidement aperçus qu'il était très ambitieux. En mer, tout est compliqué. Surtout si vous avez l'intention de développer des équipements à bas coûts."

NavTrack comporte deux volets. Le premier consiste à suivre les bateaux grâce à des balises de géo-localisation capables de communiquer avec une station de base jusqu'à une distance à 16 km. Toutes les positions sont affichées en temps réel sur un PC connecté à la station. Le deuxième volet concerne la transmission de vidéo à haut débit afin de suivre en direct les évolutions de chaque bateau.

"Il nous a fallu tout découvrir", commente Gilles Picard, "et maîtriser ce qu'il se passe en mer. Nous avons appris à positionner les antennes, à les stabiliser pour éviter que le signal ne plonge dans la mer, à compenser les phénomènes de réflexion sur la surface de l'eau, à tenir compte de la marée, etc. Ce fut très laborieux, mais nous y sommes parvenus."

Aux obstacles techniques s'est ajouté un handicap sur le plan des débouchés avec l'arrivée du smartphone et sa fonction intégrée de géo-localisation. "Nous avons démarré le projet en 2008. Et j'avoue que l'arrivée du smartphone et de la 3G nous a fichu un coup. Pour certaines applications, il peut nous prendre une part du marché."

"Malgré tout, notre système reste valide. Il a l'avantage d'être autonome et indépendant de la couverture des réseaux mobiles. Il garantit la continuité de transmission en toutes circonstances. Il suffit, par exemple, d'embarquer la station sur un bateau de commandement en pleine mer pour gérer une flotte de bateaux."

C'est d'ailleurs ce qui a amené les partenaires à étendre le projet à d'autres applications, NavTrack étant utilisé pour transmettre positions et images à un poste de supervision. Il permet ainsi de gérer une flottille de pêche, surveiller le trafic d'un port de plaisance, suivre des opérations de sécurité civile ou militaire… "Nous envisageons de développer des kits spécialisés. Le projet en a démontré la faisabilité, mais le chemin jusqu'au produit industriel reste encore long."

Gilles Picard se déclare optimiste quant aux retombées : "NavTrack nous a permis d'ouvrir la voie du haut débit en mer et d'acquérir une notoriété dans un domaine pour lequel il n'existe pas pléthore de solutions. Nous avons acquis une nouvelle compétence. Sur ce sujet là, on fait maintenant appel à nous."

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