NEVEx, un pionnier de la video HDR

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HDR : high dynamic range

Le HDR fusionne deux images pour apporter un supplément de nuances dans les noirs et dans les blancs

La vidéo est un monde en perpétuelle effervescence. Au point que la haute définition semble appartenir déjà au passé. Mais de quoi l'après HD sera-t-il fait ? La tendance ira-t-elle vers la 3D, la vision panoramique, une gamme de couleurs élargie ou encore l'ultra haute définition ? Le projet NEVEx se situe également dans cette mouvance tout en creusant une piste originale. Il explore le HDR (high dynamic range), une technique qui apporte à l'image un supplément de détails dans les zones sombres comme dans les zones fortement éclairées. "Exactement comme le permet l'œil humain", résume Catherine Serré, ingénieur recherche chez Technicolor et coordinatrice du projet.

Le HDR est bien connu dans le monde de la photographie mais quasi inexistant dans celui de la vidéo. "Pour l'instant, on n'a pu voir le HDR que sur des images fixes. Mais c'est vraiment impressionnant. Par exemple, des images prises le soir avec un peu de soleil ont un rendu exceptionnel. On s'y croirait !"

Rien à voir, toutefois, avec certains visuels HDR aux effets "étranges" que l'on trouve sur le web. L'ambition de NEVEx est de se rapprocher au maximum de la vision naturelle. Tout comme la 3D, le HDR utilise deux images. L'une, surexposée, détaille les blancs. L'autre, sous-exposée capte des nuances dans les noirs. Et l'image finale est le résultat de la fusion des deux sources.

L'objectif du projet est d'étudier l'ensemble de la chaîne, depuis la captation jusqu'à l'affichage à l'écran, en passant par l'encodage, le décodage et la distribution. Tout reste à inventer car rien n'existe à part les premiers écrans HDR. "Le projet envisage trois scénarios", explique Catherine Serré. "Le premier est une solution qui pré-traite le contenu HDR en entrée afin d'utiliser les infrastructures de diffusion et de restitution existantes. Le deuxième est une chaîne complète utilisant deux vues, où le rendu est effectué sur écran HDR. Quant au troisième scénario, il est basé sur une vision à long terme d'une chaîne vidéo HDR native où le contenu HDR est diffusé de bout en bout sous la forme d'un seul flux."

L'autre préoccupation est la compatibilité de la chaîne HDR avec les équipements existants. NEVEx étudie en particulier les algorithmes qui permettent d'afficher une image HDR sur un écran classique (tone mapping), et inversement. Commencé en octobre 2011, le projet d'une durée de 30 mois n'en est encore qu'à ses débuts. Il se heurte d'emblée à la difficulté de créer des images HDR avec des caméras "qui ne sont pas faites pour ça". Mais Catherine Serré se montre optimiste quant à l'avenir de la technologie : "Le marché montre des frémissements qui vont dans le bon sens. On peut aujourd'hui acheter un écran HDR. On ne sait pas encore si le HDR existera tout seul ou s'il sera combiné à d'autres techniques comme la 3D ou la très haute résolution. L'avenir le dira."

NEVEx en bref

  • Le projet réunit 12 partenaires dont 6 PME, AccepTV, Binocle, DxO Labs, DxO SIG, Polymorph Software et Transvideo, 3 laboratoires, IRCCyN (Université de Nantes), Irisa (Université de Rennes 1) et LTCI (Télécom ParisTech), et 3 grands groupes, Technicolor, TF1 et Thomson Video Networks.
  • Durée : 30 mois
  • Appel à projets : FUI11
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