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On ne nous dit pas tout

En date du 16 juillet 2010, un grand quotidien(1) a fait sa une avec « 5 milliards de téléphones portables dans le monde », ajoutant immédiatement que ce chiffre vertigineux, rapporté aux 6,8 milliards d’habitants, augmente de 2 millions d’abonnés supplémentaires chaque jour.
Le seuil des 3 milliards avait été franchi en 2007. Avec un taux de pénétration de 73,5% il reste encore de belles marges de croissance, d’autant plus que ce taux de pénétration « mondial » cache des disparités locales (le taux de pénétration en Chine n’est encore que de 56% avec 800 millions d’abonnés) pour lesquelles les marges de croissance sont encore plus importantes.

Il n’y a pas si longtemps Nokia faisait sa promotion en démontrant qu’il vendait 1 million de téléphones par jour. Ce n’est plus tout à fait vrai, compte tenu de l’accélération des marchés de l’Asie, qui vont donner un avantage aux produits locaux. LD, Samsung, … « grappillent » petit à petit des parts de marché (il vrai que les fabricants européens et américains se sont fait dépassés depuis longtemps – quand ils existent encore -).
Nokia se voit ainsi attaqué sur les marchés bas de gamme (notamment par les fabricants asiatiques) et sur les marchés haut de gamme (notamment Smartphones), gardant ainsi la suprématie sur les marchés moyenne gamme (tout en sachant que ce marché moyenne gamme au niveau mondial correspond en fait au marché bas de gamme des pays développés où la concurrence se fait sur les prix et donc sur les marges). Il reste néanmoins leader mondial en volume.

Ce qui semble encore « fou » aujourd’hui c’est que cette croissance n’a pas encore profité totalement de celle de l’Internet mobile, encore moins de celle de la télévision mobile. Quant à Internet il n’a pas encore profité de la connexion des 50 milliard d’objets (envisagés pour 2020) – Internet of Things ou Internet des Objets -.

Si les smartphones tirent cette croissance, alors les mobiles deviendront (peut-être) le premier outil de connexion à l’Internet en représentant 80% des connexions à l’horizon 2015.

AT&T a vu son trafic multiplié par 50 depuis l’arrivée des iPod, iPhone et iPad. Et là encore la croissance ne fait que commencer puisque la 3G ne représentait que 360 millions d’abonnés en 2009. Leur nombre devrait passer à 500 millions cette année et 3,4 milliards

Source : (en 2008 – depuis cette croissance a été observé entre 2007 et 2010)

Les conséquences de cette nouvelle donne sont innombrables :
  • Sur le plan de la « volumétrie », jamais les opérateurs de services de télécommunications, les opérateurs d’applications, les opérateurs de contenus n’ont eu à faire face à une « population » aussi nombreuse. Les méthodes, processus, les moyens en place, … ne résistent pas et remettent en cause les équilibres actuels, chez chacun d’entre eux, les équilibres entre les différents acteurs(2).
  • La création de contenus, d’applications ne peut plus passer par le seul service de développement d’un seul acteur. Les moyens de développement de contenus et d’applications sont maintenant multiples et font appel soit aux utilisateurs eux-mêmes (UGC - User Generated Content) soit à des écosystèmes de développeurs indépendants « fédérés » au sein de magasins d’applications.
  • Les « nouveaux » fabricants de terminaux ne peuvent plus développer leur propre système d’exploitation, ils font appel aux sources externes (si possible en « logiciel libre »). Ce n’est pas encore le cas de Microsoft, d’Apple, de Nokia qui pour garder le contrôle de leur clientèle imposent des solutions propriétaires.
  • Les modèles « gratuits » s’imposent (c’est la marque du Net) donnant lieu à des nouvelles approches pour les investissements publicitaires.
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(1) Le Figaro
(2) La capitalisation boursière du 1er opérateur de télécommunications en France est dans un rapport de 10 à 15 par rapport à la capitalisation boursière du 1er opérateur de télévision français.

Ces chiffres confirment les tendances retenues par Ovum qui table sur un marché dépassant 1000 milliards de dollars en 2015, dont 39% pour les services de données.
(Source Ovum : 2010)
Cette double révolution (révolution numérique de l’Internet et révolution du mobile) ne fait que commencer et comme bien souvent elles entrent en résonnance entre elles (et avec d’autres) pour donner plus d’effets que la simple addition de chacune d’entre elles.

Le dépassement de l’Internet fixe par l’Internet mobile étant prévisible dès 2013, la prise de conscience des enjeux en termes de revenus est d’ores et déjà d’actualité.
Non seulement les volumes sont pour bientôt mais les revenus également, les « mobinautes » étant solvables.
Et ce n’est pas tout :
De là à ce qu’Intel se lance dans la bataille, notamment en préparant un « magasin d’applications » qui pourrait être bien utile lorsque tous ces milliards d’équipement seront connectés sur le Net, il n’y a qu’un pas.
Il est franchi. (certes pour les Netbook pour l’instant).
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Synthèse :
L’Internet du Futur sera majoritairement mobile. Pour ceci il s’appuiera sur les applications et les contenus dont une grande partie sera payante.
L’internet du Futur sera également fixe (mais de manière minoritaire) mais là ce seront la publicité et le commerce électronique qui domineront les flux de revenus.
Enfin l’internet du Futur sera « utilitaire », notamment grâce aux objets, mais là tout reste à faire ou presque.
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