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Electronique grand public

A la clôture du CES de Las Vegas, qui donne le ton pour l’année qui vient en matière d’électronique grand public, GfK fait un bilan de l’année passée. Le titre du communiqué de presse est explicite :

« 2010 sonne le retour de l’émerveillement technologique »

Même si l’on sait que la télévision 3D n’a pas tenu ses promesses (en dépit d’un sursaut en général pour la télévision du fait de l’extinction progressif de la diffusion en analogique), que les tablettes en dépit des prévisions n’ont pas été à la hauteur des espoirs (plus par le jeu du prix des forfaits proposés par les opérateurs semble-t-il qu’intrinsèquement, puisque les versions Wifi se sont bien vendues), le retour est positif, notamment grâce aux smartphones.

Il faut cependant se méfier de la première impression. Si effectivement certains segments se portent bien, est-ce l’effet de l’offre ou l’effet de la demande ?

Il semblerait que ce soit plus l’effet de la demande que celui d’une offre attractive, pertinente, en phase avec les attentes.

Que faire d’une télévision 3D si les contenus ne suivent pas ?

Pour de nombreux segments les questions fusent. Si Android marche bien (au point d’être passé en tête), il n’en est pas de même pour les applications sous Android qui piétinent. Pourquoi Nokia perd des parts de marché au profit de ses concurrents ? Est-ce le fait d’une position plus faible de Nokia sur le marché des smartphones ? Oui mais en partie seulement. D’une part ce marché est maintenant bien « maîtrisé » et compte tenu des cycles de développement Nokia aurait dû être « à jour » dès 2010, en proposant des smartphones compétitifs. D’autre part aujourd’hui les contenus accessibles jouent un rôle considérable dans le choix.

Plus les contenus sont disponibles et abordables, plus les terminaux qui en permettent l’accès se vendent.

Or le choix de l’OS est primordial. Symbian n’emporte pas l’adhésion des développeurs, limitant ainsi la « portée » de Nokia.

Dans un marché où le contenu devient essentiel, il faut donner une dose raisonnable de contenus locaux ou tout au moins de contenus « culturellement » locaux. On voit bien qu’en termes de réseaux sociaux comme en termesde moteurs de recherche la localisation est importante. Un Indien, un Brésilien, un Russe, un Indien et un Chinois ne font pas le même usage, n’ont pas la même expérience utilisateur. Ces marchés ont leurs propres « success stories » pour les moteurs de recherche comme pour les réseaux sociaux. Or ce sont là que résident les gisements de croissance pour les téléphones mobiles, le gros des volumes de ventes (pas des marges malheureusement).

Le retour en force des marchés de niche (géographique ou culturelle – même si plus d’un milliard de Chinois ne constituent pas une niche -) pour les services et les contenus, donne une place privilégiée à la localisation.

Le bon retour de l’électronique grand public est du en grande partie aux segments « liés » à la mobilité, tirant à la fois le marché des télécommunications et les marché de la technologie de l’information.

De là à en conclure que ce qui ne marche pas (ou ne marche pas encore) marchera avec la mobilité, il n’y a qu’un pas, que certains franchissent déjà, allant jusqu’à prédire que l’explosion de la TV 3D aura lieu par le mobile (mais on oublie qu’il faut 3 choses indispensables : des contenus, de la bande passante, des opérateurs, ce qui veut dire pour l’essentiel des investissements pour les productions et pour les réseaux).

Autre constat : si le nombre de produits vendus augmente (3,3 équipements acheté par foyer en 2010 soit +6%), les prix diminuent (-5%) dans tous les segments – jusqu’à -70% sur certains segments entre 2005 et 2010 -, notamment par des achats en forte croissance sur Internet et dans les hypermarchés.

Les contenus numériques (et donc le stockage) sont en forte croissance : 38% du temps de lecture « presse » se fait sur support numérique, 32% des contenus de loisirs sont sur des supports numériques (+8% par rapport à 2009).

Et ce n’est pas fini. Si en 2009 les smartphones représentaient un peu moins de 16% des ventes (en unités), en 2011 les smartphones représenteront 45% des ventes, multipliant ainsi les ventes par 11 en 3 ans. Il est vrai que les prix « apparents » des smartphones se rapprochent de ceux des téléphones du fait des subventionnements.

En conclusion : le marché de l’électronique grand public connait aussi sa propre révolution. Il est maintenant tiré par la demande plus qu’il n’est poussé par l’offre. Et cette demande s’appelle services, applications, contenus et usages. La chaîne de la valeur joue alors en plein.

Pour plus d’informations, voir le dossier de présentation de GfK de janvier 2011

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