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Quelques jours avant le G8 qui se tiendra à Deauville, l'e-G8 entièrement consacré à l'Internet se teint à Paris les 24 et 25 mai. A cette occasion plusieurs études ont été publiées, montrant le poids d'Internet dans l'économie.

La première étude, publiée en mars 2011, émanant de McKinsey (sponsorisé par Google) montrait le poids d'Internet dans l'économie française. La deuxième étude, publiée par COE - Rexecode la semaine dernière est

consacrée au même sujet. Cependant les deux visions semblent différentes. Alors que l'une (COE - Rexecode) s'intéresse à la filière "Internet" (qui produit quoi dans la filière technologique, pour quels usages?), l'autre (McKInsey)

s'intéresse d'avantage à l'économie numérique (voire à la société numérique). Les visions n'étant pas similaires les résultats ne sont pas comparables (et donc les chiffres ne sont pas identiques).

Lors de la session inaugurale, McKinsey a récidivé, présentant une étude portant sur 13 pays (qui représentent 70% de l'activité Internet dans le monde).

Cette dernière étude a de plus le mérite de proposer 4 séries d'indicateurs qui permettent de "mesurer" l'impact d'Internet dans chaque pays et donc de pouvoir comparer ces pays entre eux.

impact d'Internet (étude présentée en mars 2011 par McKinsey).

On peut y relever que le poids d'Internet dans le PIB est d'un peu plus de 3,5% en 2010 et qu'il s'élèvera à environ 5,5% à l'horizon 2015. On peut y relever également qu'Internet contribue à 25% de la croissance du PIB (double effet).

Tout aussi intéressant sont les chiffres relatifs à l'emploi. Internet à permis de créer 750000 emplois et permettra de créer 450000 emplois supplémentaires à l'horizon 2015. Les entreprises à forte intensité Web croissent deux fois plus vite que la moyenne des entreprises (7% contre 3,2%).

Avec un PIB de 72G€ en 2010, la filière Internet atteindra 125G€ en 2015.

Etude COE Rexecode (étude présentée la semaine dernière).

Dans cette étude les constats sont amers:

  • L’industrie productrice de matériels et d’équipements numériques s’est contractée dans une grande partie de l’Europe, et particulièrement en France où elle est en passe de disparaître.
  • L’économie numérique française se trouve aujourd’hui confrontée au défi d’investir dans les infrastructures de réseaux. Or, les conditions de réalisation de ces investissements sont, pour l’instant, loin d’être réunies.
  • Au cours de la dernière décennie, les effets directs de l’accumulation du capital numérique et ses conséquences indirectes sur la productivité globale des facteurs ont représenté environ la moitié de la croissance constatée aux Etats-Unis et un peu moins du quart en France.

On y remarquera au passage que si la position de la France est loin derrière les Etats Unis et le Royaume Uni, l'Allemagne en revanche est "moins bien placée", ce que ne démontre pas sa position dans le monde. Il se pourrait donc que ces indicateurs de la santé "Internet" ne soient pas pertinents pour refléter la position de l'économie (en général) dans le monde.

Ces constats pour être valides estompent une partie de la réalité. La filière "numérique" n'est représenté que par les technologies et les infrastructures (et les services de communications correspondants). Or la force de l'économie numérique est d'être à double, voire triple effet.

Le premier effet est lié à l'investissement réalisé. Le deuxième effet est lié aux gains de productivité que ces investissements permettent de réaliser. Le troisième effet est lié au développement d'activités nouvelles rendues possibles. Ceci veut dire que l'activité utilisatrice est au moins aussi importante que l'activité productrice. En réalité pour 1€ investi dans l'équipement ou l'infrastructure (en tout début de la chaîne de la valeur) on retrouve 5-6€ pour les services de communications électroniques (au sens large) et 13€ pour l'ensemble des contenus, applications, biens virtuels, ... , à la fin de la chaîne de la valeur .

Autrement dit il n'y a pas de filière productrice sans filière utilisatrice (et réciproquement). La différence essentielle avec les grands acteurs nord-américains  est qu'ils ont parfaitement intégré cette dualité technologies-contenus, poussant au maximum l'avantage compétitif  que procure la parfaite intégration entre technologies et contenus -applications (iPod et iTunes, Kindle -Amazon, Android - Google).

Internet matters (étude présentée lors de l'e-G8 par McKinsey).

Au delà des chiffres présentés, il convient de retenir que parmi les 13 pays étudiés, deux pays européens au moins se comportent parmi les premiers mondiaux (la Suède et de Royaume Uni), parfois même devant les Etats Unis et le Japon, mais toujours devant les émergents.

Il est donc possible d'être parmi les leaders sans être parmi les plus gros pays ou les plus gros marchés.

Autre point important, la forte corrélation entre "intensité Internet" et croissance

Que faut-il retenir de tout cela?

  • que la croissance peut être amplifiée par Internet tant par les investissements, que par la contribution aux gains de productivité, que les activités nouvelles créées ou accélérées.
  • que "l'intensité Internet" est facteur de progrès pour les entreprises.
  • que pour véhiculer les nouveaux contenus il faut se hâter de déployer les nouvelles infrastructures.
  • que le succès réside dans la synergie technologies-contenus.
  • que le poids économique des contenus est 3 à 4 fois plus important que celui les infrastructures.
  • que l'économie numérique ne peut donc pas "laisser de côté" les contenus, les applications ni l'intégration avec les technologies et les infrastructures.
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