ZOOM ARRIERE Ndeg20 - AFTER #1

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Nicolas Bordas c'est l'enthousiasme de la créativité plus la rigueur professorale. Enthousiasme d'autant plus communicatif qu'on comprend tout. Nicolas Bordas fait partie de ces gens avec lesquels on devient plus intelligent en les écoutant. Entre le monde des ingénieurs et celui des marketeurs, l'épaisseur de l'isolant est tel qu'il assourdit complètement le dialogue ne laissant passer que quelques bribes de mots. Pas assez pour comprendre. Sauf quand quelqu'un nous explique. Et telle la fille à Mathurin c'est un miracle on comprend tout. Que nous apprend Nicolas Bordas?

  • tout d'abord "l'idée qui tue" est celle qui remet en cause l'idée précédente, l'idée préconçue, l'idée en place, au dela de la seule idée surprenante, subversive. Remettre en cause est le début de la créativité.
  • ensuite qu'il faut se poser la question: que serait le monde si cette idée n'existait pas? Différent, si oui pourquoi, comment, ... ? Si non, on passe à l'idée suivante (plus facile à dire qu'à faire!).
  • se rappeler la marque emblématique chère à TBWA: Apple, et surtout son slogan: "Think different".
  • en bref "radicaliser la subversion" (le plus important) en se rappelant que chaque innovation est un combat.

A cet appel à l'innovation et à la créativité, Nicolas Bordas ajoute quelques pistes. Quelles sont et quelles seront les tendances qui ont marqué et qui vont marquer ?

  • le premier phénomène est la mondialisation: un produit, un service se décline maintenant à l'échelle de la planète,
  • le deuxième phénomène est la digitalisation (numérisation pour les autochtones),
  • le troisième phénomène est la "corporatisation": le produit n'est plus dissociable de son environnement, il est donc nécessaire d'aborder cet environnement, en déclinant les différentes implications du produit vis à vis de cet environnement.

Pour l'avenir s'y ajouteront (s'y ajoute déjà):

  • le marketing "temps réel": en temps "raccourci" l'actualité, la réactivité, sont des tendances lourdes,
  • la géolocalisation.

(NDLR: sur ces derniers aspects, il convient de souligner que de nombreux verrous existent, tant sur le plan de la règlementation, que sur celui de la protection des données privatives - l'Europe envisage de déclarer les données de géolocalisation comme étant des données privatives - et que sur le plan technologique - Big Data -) Selon Nicolas Bordas, la clé du succès réside dans le bon réglage entre la valeur immatérielle (l'idée) et la valeur matérielle (l'utilité). Chacun sent bien qu'il ne peut pas y avoir complète disjonction entre les deux. Ardent défenseur de la "marque" (un symbole plus un sens plus une expérience), Nicolas Bordas envisage qu'une segmentation par l'utilité puisse se substituer à (ou à minimum compléter) une segmentation par la "marque". Pour Nicolas Bordas il existe quatre types de médias:

  • les médias que l'on possède,
  • les médias que l'on crée,
  • les médias que l'on achète,
  • les médias que l'on gagne

360" est le symbole de l'optimisation de tous ces médias, à la fois pour en faire le tour (360°) et ceci 360 jours par an; Au delà de cet entretien, que devons nous en retenir?

  • que la distinction entre l'idée (la valeur immatérielle) et l'utilité (la valeur matérielle) n'est plus d'actualité mais qu'au contraire c'est dans la synergie, la concomitance de ces deux approches que ce jouera le succès. C'est la même distinction entre le brevet résultat de la recherche et l'innovation qui fait  passer ce brevet dans l'activité économique. Plus le fossé sera grand entre l'idée et l'utilité et moins le processus innovant sera efficace.
  • que l'innovation et en amont la recherche (que les industries créatives appellent la créativité) sont peut-être le fait de talent mais sont surtout le fait de méthodes, de processus, d'outils, de technologies, et en amont ... de science.
  • que l'innovation et en amont la recherche sont aussi le fait d'une remise en cause de l'existant, ("d'une radicalisation de la subversion") en se posant en permanence la question: qu'est-ce qui fait la différence entre une monde où l'idée concernée existe et un monde ou l'idée concernée n'existe pas.

(NDLR: l'ingénierie de l'innovation - qui est à l'innovation ce que le "génie électrique est à l'électricité, le génie civil aux travaux publics, le génie logiciel au logiciel - est un domaine - une discipline - où la recherche académique est en cours de construction, avec des établissements aussi prestigieux que le MIT, Stanford, Berkeley, Carnegie Mellon et plus proche de nous Aalto, ... . L'idée d'associer technologies numériques et contenus numériques, notamment pour les industries créatives où cet impact sera - et est déjà - maximum, en y établissant un pont entre les sciences et les disciplines économiques, sociales et humaines correspondantes au sein d'Images & Réseaux - lieu privilégié de frottement entre technologies numériques et contenus numériques - est une piste à explorer). Pour aller au delà, quelques documents:

  • Jean Marie Dru: la Disruption
  • Blog de Nicolas Bordas: Projeqt . CMS (Content Management System) Projeqt est une plate-forme ouverte permettant de présenter les projets créatifs de toute sorte (creative storytelling platform)
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