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Après la TNT ...

Les deux conséquences de la TNT ne sont pas d’avoir multiplié le nombre de chaînes mais d’avoir créé un phénomène de pénurie pour les contenus (la demande de contenus est sensiblement plus forte que l’offre, les nouvelles chaînes de la TNT ne contribuant pas ou peu à la création de contenus) et d’avoir engendré une fragmentation du « marché ».

Fragmentation et pénurie ne sont pas les gages de l’équilibre économique et de la pérennité d’une chaîne de télévision.  Echaudés par cette double contrainte, à laquelle s’ajoute l’investissement pour créer un nouveau réseau, les opérateurs « potentiels » de la TMP sont pour le moins dubitatifs.

Or à quoi sert le « grand » écran de l’iPad et de ses sœurs ? A téléphoner ? Non, à regarder, journaux, livres, clips vidéo, films, télévision (pour la partie information ou évènementielle – sport, spectacles, évènements culturels, évènements patrimoniaux,  …-) en live ou non.

A mi-chemin des lecteurs nomades de vidéo, des lecteurs de livres (e-Book), des ordinateurs (netbook), …les tablettes vont créer le même phénomène de pénurie sur les contenus que celui créé par la TNT.

Les modèles économiques sont comparables. Il faut du contenu (et des fonctions éditoriales) pour créer l’audience, qui elle-même créera le marché publicitaire ou le marché « payant » ou le marché « premium » correspondant.

Contenus ou applications sont situés dans le même contexte. Créer l’utilisation régulière (parce qu’attractive) des tablettes. D’ailleurs aujourd’hui les grandes régies publicitaires ne distinguent plus contenus (et leurs fonctions éditoriales) et applications.

Les différentes sources, les différents opérateurs présents vont alors engendrer une fragmentation du marché.

De nouveau pénurie de contenu et fragmentation vont alors provoquer des restructurations importantes, auxquelles tous les grands acteurs entendront participer, à commencer par ceux qui rendus vulnérables par l’effondrement des coûts de reproduction (et donc par l’arrivée de nouveaux entrants) vont s’arc-bouter sur leurs « droits ».

On retrouvera alors dans la mêlée la presse, l’édition, la musique, la vidéo, le cinéma, … et tous ceux qui sauront faire de l’interactivité un vivier d’applications allant de l’utile au ludique (console de jeu). Lors du lancement de l’iPad, dans les tous premiers jours plus de 600 000 livres numérisés ont été chargés (l’effet promotion y est peut-être pour quelque chose) ainsi que plus d’1,5 millions d’applications.

Les tablettes sont des appareils « à regarder » et donc il faut « montrer » quelque chose. Prochaine étape, la télévision (tuner TV pour situation de nomadisme ou 4G ou DVB pour situation de mobilité ?).

Le triptyque information-sport-loisir va jouer en plein et fournira le gros du contingent des contenus. Restent les applications. Quelles seront les applications (nouvelles) qui s’offriront à nous ?

  • Les applications professionnelles (l’iPad ne s’adresse-t-il pas également  au monde professionnel avec la suite bureautique ?)
  • Les services géo-localisés, dont une bonne partie viendront des collectivités territoriales (cités numériques),
  • Les services locaux (en distinguant services géo-localisés qui sont des services « universels » mais on extrait un sous-ensemble géo-local, des services locaux qui eux ne fournissent qu’une seule information liée à un seul lieu), qui suivront alors eux-aussi le triptyque information-sport-loisir tout comme la presse locale et auxquels viendront s’ajouter les services et contenus délivrés par les collectivités territoriales.
  • Les nouvelles applications d’interaction  qui viendront s’ajouter à celles qui sont d’ores et déjà disponibles sur le Net mais qui jusqu’à présent ne pouvaient pas se satisfaire du très petit écran du téléphone voire du Smartphone.
  • Dans la catégorie « information » ou dans la catégorie « loisir » on trouvera très probablement les contenus « patrimoniaux », ceux qui présenteront les richesses du patrimoine architectural, culturel, touristique, … . La demande est forte et l’offre n’est pas encore à la hauteur. La fréquentation de ces sites (Musée du Louvre, INA, BNF par exemple) montre une réelle attraction. Au-delà des grands musées, connus sur le plan mondial, les joyaux du patrimoine local pourront alors trouver leur place dans cette course au contenu.
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