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Les nouvelles interactions

Le Web est le siège principal des échanges d’informations. La nouvelle dimension du Web est d’être également le siège principal des interactions où il ne s’agit plus seulement d’échange plus ou moins unilatéral d’informations. Poussées par le développement de l’Internet mobile (d’abord avec les Smartphones et maintenant avec les tablettes), les nouvelles interfaces sont nées pour échapper aux contraintes des écrans et des claviers à dimensions réduites.
Les interfaces WIMP (Windows, Icons, Menus, Pointing device) ne suffisent plus. Cependant la principale évolution vient de la liaison forte qu’il y a entre interfaces et contenus.  Les nouvelles interfaces rendent possibles de nouveaux contenus (de nouvelles applications) et les nouveaux contenus réclament des nouvelles interfaces.
La fonction téléphonique n’étant plus essentielle, les Smartphones (et plus encore les tablettes) ne peuvent exister que par les contenus et applications riches qu’ils permettent. Dès lors qu’une nouvelle forme d’interface est disponible, on voit les écosystèmes de développement se mettre en place (magasins d’applications qui permettent la production de dizaines de milliers d’applications, diffusées à des centaines de milliers d’utilisateurs, magasins de musique, de vidéos, de livres électroniques).

Cette coexistence entre interfaces et contenus a mis en lumière un double paradoxe : l’absence de grands industriels des terminaux fragilise considérablement la filière « électronique grand public » (1) , l’absence de grands éditeurs de contenus la fragilise tout autant. La grande aventure d’Apple (avec les iPods) a été de mettre en place une « usine » à contenus (iTunes) qui a fait le succès des terminaux, puis des Smartphones. Aujourd’hui les contenus et les applications sont essentiels.
Il est donc parfaitement possible, en France comme en Europe, de viser une compétitivité à vocation mondiale en jouant sur cette complémentarité contenus-interfaces, en s’associant avec les grands industriels des terminaux, qui d’une part auront besoin des contenus et des applications pour s’imposer sur les marchés locaux et d’autre part y trouveront les compétences « locales » nécessaires, voire même des écosystèmes opérationnels prêts à mettre en place les magasins d’applications et de contenus.

Quelles sont les pistes de recherche qui sont offertes ?
Les NUI (Natural User Interface) constituent la principale direction. Partie prenante du Livre Blanc sur l’Internet du Futur, partie intégrante de la contribution du pôle à la consultation publique sur le volet numérique du grand  emprunt (investissements d’avenir), les interfaces naturelles pourront  trouver au sein du pôle Images & Réseaux le réseau de compétences nécessaires, notamment autour des technologies de réalité virtuelle et de réalité augmentée. Elles trouveront également un terrain favorable dans le domaine des interfaces haptiques et surtout dans les nombreuses applications qui peuvent être développées par les industriels, membres du pôle (et plus largement des filières régionales) et des futures coopérations avec les industriels des terminaux (2) .

Plus que le marché direct des technologies de réalité augmentée pour les mobiles, Smartphones et autres tablettes (technologies et applications telles que jeux, clips audio/vidéo, ...), c’est l’effet induit qui prend de l’importance. Combien une interface naturelle utilisant les technologies de réalité augmentée ferait vendre de terminaux en plus ? Qui pouvait répondre à cette question lorsque l’iPod, l’iPhone et maintenant l’iPad sont sortis. Et pourtant la mutation des interfaces utilisateurs pour accéder au Web a été un facteur clé essentiel (sans oublier bien entendu les contenus, les applications, les services qui ont également contribué au succès).
Why Your Next-Gen Smartphone Will Do Proper Augmented Reality?

Titre d’un article récent montrant l’intérêt des technologies AR (Augmented Reality) pour les jeux (sur Smartphone) pour les services géolocalisés (sur Smartphones) et pour le commerce électronique (sur Smartphones). Ce que confirment les études de marché  de Juniper Research citées dans NetworkWorld.

Ces estimations constituent la dimension « interface » des nouvelles applications (mobile apps) qui elles aussi verront une croissance attractive selon les
prévisions de Juniper Research et les prévisions de GetJar l’un des leaders mondiaux pour les téléchargements.

Là encore la réalité augmentée semble être la clé des nouvelles applications mobiles :

Les nombreuses conférences internationales sur le sujet n’hésitent pas à parler d’« augmented citizens », mettant en évidence le changement de rapport avec le monde qui nous entoure.

Nous constatons tous les jours que nos enfants et nos petits enfants n’écrivent pas le monde comme nous l’écrivions, ils le vivent à travers de multiples écrans (cinéma, télévision, consoles de jeux, PC, téléphone mobiles, lecteur vidéo portable, Smartphones, Netbooks, e-books, tablettes, …) au point de ne voir (et de ne croire) que ce qui est sur un écran.

Une première approche des futures interfaces peut être entrevue dans un article pourtant « ancien » (1997) paru dans la revue ACM, article qui posait les premiers jalons pour les interfaces post-WIMP en parlant d’interfaces haptiques et de « wearable computers ».
Or une démonstration faite à l’occasion d’une conférence TED (3) met en évidence ces technologies.

SixthSense projet du MIT – Media Lab  pour un coût de prototype de 350$ environ (et la manière de fabriquer son propre prototype sera diffusée prochainement) présente une nouvelle interactivité ou le P de WIMP (Pointing device) n’est autre que le doigt sur n’importe quel support.

Cette démonstration peut être vue sur :

http://www.pranavmistry.com/projects/sixthsense/#VIDEOS

Synthèse : les nouvelles interfaces » naturelles » constituent une piste très intéressante où les « aptitudes » du pôle Images & Réseaux pourront être mises en évidence, notamment à travers les coopérations qui pourraient voir le jour, dans les différentes initiatives qui pourront être prises dans le volet numérique des investissements d’avenir (IRT, AAP du volet numérique), … .
D’autant plus que la « puissance de feu » nécessaire à cette nouvelle interactivité va peut-être renforcer la nécessité d’un « cloud for media » ou d’un « cloud for interactivity ».
(1) Sagem, Archos, Modelabs, … trois exemples d’industriels présents en France.
(2) A titre indicatif, une recherche Google sur les mots clés « augmented-reality  natural-user-interface Smartphones » donnait 18800 résultats démontrant d’ores et déjà l’attractivité d’un tel sujet.

(3) Les conférences TED
http://www.ted.com pour s’inscrire aux différentes publications et évènements TED

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