ZOOM Ndeg26: big data, big network, big user base, big developper community, ...

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  Avec Internet et la vague d’équipements qui l’accompagne (PC, Netbook, tablettes, smatphones, ... et une grande partie de l’électronique grand public comme appareil photo numérique, caméscope numérique, TV connectée, ...) mais surtout avec les réseaux sociaux, les contenus, les applications, une nouvelle ère a vu le jour, celle des grandes masses, celles des quantités extrêmes. Pour s’en convaincre il suffit de regarder quelques données chiffrées :

  • que se passe-t-il en 60 s sur le Net (1) ?

o 98000 + tweets ;

o 694 445 recherches ;

o 168 000 000 de messages envoyés

o ...

  • que se passe-t-il en 60 s dans le domaine des TNIC (Technologies Numériques de l’Information et des Communications (2) ?

o 11 millions de conversations sur Instant Messengers ;

o 219 000$ de paiement via Paypal ;

o 550 ordinateurs vendus dont 555 avec « Intel Inside » ;

o ...

  • quelle est la masse de données à stocker, à traiter, à rechercher (3) ?

(le grand défi de la multiplication des données numériques – Le Figaro by Press Display)

o Cisco dans le cadre des études menées autour d’un indice (VNI – Virtual Network Index) aborde ainsi l’ère du zettabyte (1021octets soit 250 milliards de DVD, )

“Annual global IP traffic will reach the zettabyte threshold (966 exabytes or nearly 1 zettabyte) by the end of 2015 or 80.5 exabytes per month”.

Le problème qui se pose alors est multiple. Comment produire cette masse de données, de contenus, d’applications ? Comment rechercher l’information pertinente dans cette masse ? Comment traiter cette masse d’information en amont pour en faciliter la recherche en aval ? Comment rendre l’information pertinente ? Comment prendre en compte la pertinence personnelle, celle qui va rendre cette information indispensable à une personne au point de pouvoir la monétiser (directement ou indirectement) ? ...

On assiste même à un paradoxe : au milieu de cette masse comment personnaliser l’échange, l’interaction ?

Et en plus ce n’est qu’un début. Quelques illustrations démontrent cette fulgurante ascension et la marche qu’il reste à franchir.

« L’océan bleu » du graphique ci-dessus représente la base installée des téléphones qui ne sont pas « smart » sur le marché américain. N’y-a-t-il pas quelques progrès à attendre ?

Le réseau Facebook illustré par la cartographie suivante qui a été établie en décembre 2010 (500 millions d’amis)

 source : GAWKER & FaceBook Engine

 montre également des zones géographiques quasi vierges.

Autres illustrations, le nombre d’applications téléchargées sur l’Android Market depuis son lancement en 2008, qui continue à grossir à un rythme proche de 1 milliard par mois, sachant de plus que l’Apple Store est comparable (mais reste plus attractif en termes de revenus).

Enfin ne pas résister au e-Commerce, surtout au moment de Noël ou comme d’habitude des joujoux par millier nous attendent :

en cherchant bien on voit le "magasinier" (1ère rangée à gauche)

Rêve, cauchemar, il faut maintenant réfléchir aux programmes de recherche qu’il faut lancer, aux moyens, outils, plates-formes qu’il faut déployer, ... pour faire face à cette demande qui s’exprime à la fois avec une extrême importance en termes de volumes et une extrême précision et acuité en termes de pertinence. Volume et personnalisation, masse et individualité, universalité et précision, ... sont les termes paradoxaux de cette approche.

Là aussi l’effet de volumes est impressionnant (en notant que Microsoft, Amazon, eBay, IBM, ... ne figurent pas dans cette liste) :

Quelles sont les thèmes de recherche qu’il faut aborder ?

  • les réseaux de desserte qui acheminent 100% du trafic (dont 80% de trafic de données ne représentant que 20% des revenus), notamment en abordant les réseaux hybrides coopérants (mêlant technologies « wireless » - 3G, 4G, WiFi, femtocells, DVB, ... – aux technologies fixes xDSL ou FTTx) ;
  • corollaire du point précédent : neutralité du Net, QoS/QoE et tarification ;
  • autre corollaire : mécanisme de coopération entre réseaux, ABC (Always Best Connected), hybridation statique (la coopération entre les réseaux est « prédéterminée) ou hybridation dynamique (la coopération est évolutive et dépend des terminaux utilisés, des trafics acheminés, de l’heure du jour – heure de pointe, heure creuse -, du caractère unique de l’information ou au contraire du caractère collectif de cette dernière, ...) ;
  • en amont les cœurs de réseaux ;
  • les nuages pour le traitement, le stockage de l’information. Là encore on peut avoir une approche « méga » (quelques « énormes » nuages) ou au contraire une myriade de micro-nuages organisés par segments (géographiques ou thématiques ou ...). En corollaire la coopération entre nuages est une question clé, soit par la nature des services offerts (stockage, indexation, recherche, traitement, recommandation, ...) soit par la nature des informations (mash-up d’applications ou au contraire mash-up d’informations).
  • « studios » pour la création de contenus et/ou d’applications : la demande est telle qu’il n’est pas possible d’envisager d’autres moyens de production que ceux développés autour d’écosystèmes ou de communautés de développeurs. Afin de garantir une uniformisation des interfaces et donc des expériences, il sera indispensable de développer des ateliers de production, de développement et de test pour donner au plus grand nombre les moyens d’un développement coordonnés et homogènes. Ces studios devront être accompagnés de « magasins » de distribution.
  • CDN (Content Delivery Networks), CDP (Content Delivery Platforms), ... avec l’ensemble des moyens nécessaires pour administrer et gérer les droits, les paiements, les informations personnelles, ... la confiance numérique.
  • Indexation et recherche algorithmique, indexation et recherche par recommandation, par « socialisation » (recommandation pour ou par un réseau social), pour tous les types d’informations (textes, images, ...). Toutes ces technologies peuvent être envisagées en « contexte » ou « hors contexte ». Ce qui nécessitera de les aborder en liaison avec les traitements contextuels. Ces fonctions sont cruciales puisque ce sont ces outils qui donneront de la valeur à l’information délivrée et donc en permettront la monétisation et donc la viabilité du modèle économique.
  • La diversité des modes d’expression et des cultures nécessitera par ailleurs un recours plus important aux images et d’une manière plus générale à l’immersion. Les technologies immersives de restitution (jumelées aux technologies immersives de création) seront donc essentielles. Le stock « patrimonial » devra être reconverti (numérisé et bien plus). Les technologies de numérisation, de post-production immersive, ... seront alors tout aussi essentielles.
  • Enfin dernier point et non des moindres, l’usage intensif des technologies numériques va permettre d’aborder des nouveaux domaines d’applications (dits de la « société numérique »), domaines d’applications intégrant les technologies de réseaux, de services, de contenus, d’interaction, de terminaux, ... au sein de nouvelles applications « collectives » (e-Santé, e-Education, e-Energie, e-Transport, e-Administration, ...). Le mariage (la convergence, l’intégration) des systèmes d’information avec les systèmes d’interaction, pour toutes ces applications sera également de la plus grande importance. Les technologies numériques de l’enseignement, celles de la mesure, du contrôle et de la régulation de la consommation d’énergie, d’eau, ..., les technologies numériques du transport, du guidage routier, ... sont autant de matières nouvelles à aborder et à « outiller ».
  • On aura bien compris que tout ceci ressort du domaine des « Big Data » où se rejoignent à la fois les phénomènes de volume pour le stockage et le traitement de ces énormes quantités de données et la nature même des traitements sur des grandes masses de données pour y trouver la clé du ciblage, de l’intérêt, de l’attention et donc de l’utilité de ces données.

The Next frontier [McKinsey]

Source : McKinsey Global Institute

A ce point d’avancement il est à peu près certain que de nouvelles disciplines, de nouvelles technologies ont été omises ou n’ont pas encore été évoquées. L’ingénierie de l’innovation est donc indispensable. Comment mettre en place, faire fonctionner des dispositifs favorisant l’innovation ?

Par ailleurs il ne faudra pas oublier le saut quantique que représente le passage à l’échelle. Aborder, viser le million d’utilisateurs voire beaucoup plus pour des technologies appelées à se « commoditiser » est un problème en soit. 1,13 milliard de SMS échangés dans un seul pays au cours d’une seule nuit est un phénomène qui mérite attention, autant que 10 millions de spectateurs pour un concert de U2 au Rose Bowl ou la simple retransmission d’un même évènement sportif en direct sur plusieurs centaines de milliers de terminaux mobiles.

Les technologies numériques vont bien au-delà de ce que peuvent connaitre d’autres industries. Le rappel d’un million de véhicules (Toyota 2011) est une opération exceptionnelle. Que dire d’un phénomène identique se reproduisant pour plusieurs centaines de millions d’utilisateurs de smartphones, de tablettes, de PC ?

Le poids d’Internet est tel que ce passage à l’échelle est crucial.

 Source : McKinsey Global Institute

Le plus grand défi à relever est la mise en place de cette « économie de la contribution » où rien ne se fait en étant seul et où tout ne doit (ne peut) se faire qu’en accumulant les contributions de beaucoup. Passer de l’individuel au collectif, que ce soit en termes d’organisation (groupe de laboratoires plutôt qu’un seul laboratoire, groupe d’universités plutôt qu’une seule université, groupe d’entreprises en écosystème plutôt qu’une entreprise en intégration verticale, ...), en termes de méthodes et outils, en termes de modèles économiques, ... .

Synthèse :
Multiplication des contenus x multiplication des utilisateurs x multiplication des terminaux = multiplication des usages = multiplication des développeurs et des créateurs ... le tout à une échelle vertigineuse qui remet en question les réseaux, les modèles économiques, les acteurs.
Et pourtant la croissance est là, il va falloir y aller.

(1) Source : GO-Globe
(2) Source : GO-Globe
(3) Source: MicroStratégy in Le Figaro
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