Tocea, une jeune pousse qui voit grand

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La jeune équipe de Tocea. Tout à droite, François Morin.

Tout a commencé par un projet collaboratif, le projet Serenitec, labellisé Images & Réseaux en 2006. À l'origine, il s'agit d'étudier un outil de sécurisation des applications Web. Rapidement, le concept s'étend à la qualité globale du code. L'outil développé est prometteur, sans équivalent sur le marché. L'idée de créer une start-up s'impose : l'entreprise rennaise Tocea naît au printemps 2011.

La suite est un bel exemple de démarrage maîtrisé. À commencer par l'ajout d'un profil de manager à l'équipe de fondateurs. François Morin vient de la grande distribution. Diplômé de HEC Montréal et de l'ESC Paris, il a fait ses armes à des postes de responsabilité dans des grands groupes, dont Ikea. La perspective de se lancer dans un domaine qu'il découvre ne lui fait pas peur. "Personnellement, c'est une super aventure. Au départ ça me faisait bizarre d'avoir le titre de PDG alors que la société ne comptait que 3 personnes. Aujourd'hui que nous sommes 18, la fonction se justifie mieux."

Tocea développe des outils et un savoir-faire qui permettent d'améliorer la qualité et la fiabilité des applications. "Aujourd'hui, les gens veulent développer vite et à moindre coûts. C'est un peu comme si vous écriviez un livre à toute vitesse, sans prendre le temps de relire : vous faites des fautes partout, y compris des erreurs de narration. Nos outils fonctionnent comme des correcteurs automatiques. Ils permettent d'alerter le développeur au fil de l'eau et de lui proposer des suggestions. Ils peuvent aussi analyser le code a posteriori, avec des capacités d'autocorrection."

L'une des spécialités de Tocea est la refactorisation de code, ou refactoring. Elle consiste à remanier le code source d'un logiciel pour le rendre plus cohérent, plus lisible, plus facile à maintenir. "Certaines applications font plusieurs centaines de milliers de lignes de code, voire des millions. Ce qui est très long et très cher à corriger manuellement. Nos outils ont également un coût, mais qui reste très inférieur aux pertes liées aux erreurs logicielles : temps d'indisponibilité, coûts de correction, perte de clients, perte d'image, etc. C'est ce qu'on appelle la dette technique des applications. Notre métier, c'est de faire tendre cette dette technique vers zéro."

Les dix-huit premiers mois d'existence ont permis de consolider le "socle technique" avec la mise au point d'une suite logicielle et la constitution d'une équipe solide, qui intervient également en prestation de services. Les premiers clients se nomment Viaccess, Banque de France, Sigma informatique, IT&Labs…

L'autre priorité est commerciale, avec la volonté de s'attaquer au plus vite au marché américain. "Nous avons recruté une personne au Québec. Ça nous permet d'avoir un pied sur le sol américain avec le changement de culture sans le changement de langue, avec également un décalage horaire limité. Par ailleurs, nous avons fait le choix de l'anglais pour notre site web et toute notre communication afin d'être prêts quand l'opportunité se présentera."

Tocea affiche une volonté d'avancer vite et bien. Et c'est sans doute l'une des explications de ses succès récents : le bouclage d'une levée de fonds de 300 k€, auquel s'ajoute une récompense de 200 k€ attribuée par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre du concours d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes.

Mais pas question de s'endormir sur ces lauriers qui ne datent pourtant que de juillet dernier. François Morin s'active déjà autour d'un deuxième tour de table "pour construire l'équipe nord-américaine…"

Plus sur le site de Tocea

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