Vipeer, une solution au trop-plein de video sur Internet

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En se penchant sur la distribution de vidéo sur Internet, les partenaires du projet Vipeer avaient eu le nez creux, tant le sujet devient brûlant. Illustration : la grogne, relayée en décembre dernier par l'UFC-Que Choisir, d'internautes français qui se plaignent de ne pas pouvoir accéder aux services de YouTube (voir l'article).

À l'origine du problème, le boom de la vidéo sur Internet et un déséquilibre entre les acteurs. D'un côté, les fournisseurs de contenu vidéo, tel que YouTube, bénéficient d'une consommation grandissante de leurs services. De l'autre, les fournisseurs d'accès Internet peinent à garantir un débit suffisant à leurs abonnés, sauf à redimensionner en permanence leurs équipements.

D'où l'intérêt de la solution étudiée dans le cadre de Vipeer, qui pourrait limiter de 15% à 70% la bande passante nécessaire tout en garantissant une meilleure expérience utilisateur. Annie Gravey, chercheuse à Télécom Bretagne, nous en résume le fonctionnement. "Aujourd'hui, vidéo ou non, l'opérateur ne voit passer que des paquets IP. Pour garantir un débit correct à chacun des usagers, il est obligé d'ajouter de la bande passante de manière aveugle. Avec Vipeer, nous faisons en sorte que l'opérateur identifie le flux vidéo et qu'il en contrôle la distribution.

Prenons l'exemple d'un événement au retentissement mondial. Dans le schéma actuel, les images font tout le trajet depuis la source à chaque consultation d'internaute, "même si elles viennent du fin-fond de l'Oklahoma". Avec Vipeer il existe une collaboration préalable entre le réseau de distribution source des images et le fournisseur d'accès Internet. Le contenu, identifié comme étant un flux vidéo très populaire, est d'abord redirigé vers des espaces de stockage locaux répartis sur le territoire. Ce qui permet ensuite de distribuer au plus près de la demande, sans solliciter les artères principales entre réseaux.

Plus d'intelligence dans le réseau

"Tout repose sur une architecture distribuée mise en place dans le réseau de l'opérateur. Il s'agit d'un ensemble de serveurs et de fonctions qui permettent de faire des choix en tenant compte de toutes les demandes et de la globalité du réseau. Vipeer ajoute de l'intelligence dans le réseau tout en restant compatible avec les architectures actuelles."

Le projet vient de se terminer avec l'année 2012, par la réalisation d'un prototype et d'une démonstration. "Vipeer a démontré la faisabilité technique de la solution. Mais il en existe d'autres. Chaque opérateur aura sa façon de régler le problème, comme par exemple des accords commerciaux avec les fournisseurs de contenu. Notre partenaire, Orange, est en train d'évaluer l'ingénierie de trafic mis au point dans le cadre de Vipeer comme étant l'une des réponses possibles."

Le projet Vipeer en bref :

  • Le projet réunissait 6 partenaires dont 3 laboratoires - Eurecom, Inria Rennes-Bretagne Atlantique, Télécom Bretagne - et 3 industriels : Envivio, NDS Technologies et Orange Labs.
  • Durée : 36 mois. Il s'est terminé fin décembre 2012.
  • Coût total : 3,22 M€
  • Aide au financement : Agence nationale de la recherche
  • Pour en savoir plus, voir le site du projet.

Prenez 10 minutes pour visualiser la vidéo de présentation de Vipeer dans le cadre des Trophées Loading the Future 2012. Aux commandes, Annie Gravey (Télécom Bretagne) et Stéphanie Moteau (Orange Labs).

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