Corvette : Et le serious game devient collaboratif

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"Avec le projet Corvette, on place la barre très très haut", précise d’emblée Bruno Arnaldi*. "On crée un serious game dans lequel la personne en apprentissage doit non seulement interagir avec l’environnement virtuel qui a été modélisé, mais aussi travailler avec au moins un collaborateur virtuel. Et ça change tout !"

Le contexte est celui du serious game professionnel, la formation par simulation qui a depuis longtemps fait ses preuves dans le spatial, le nucléaire, le militaire, les industries du transport… Partout où il faut accomplir des tâches dangereuses, complexes ou très coûteuses à reproduire dans la réalité. On peut même s’entrainer à utiliser des équipements par anticipation, avant qu’ils ne soient disponibles.

Le projet Corvette apporte à ces jeux sérieux une nouvelle dimension : le travail collaboratif. "La difficulté du projet," commente Bruno Arnaldi, "c’est de travailler en parallèle sur plusieurs fronts : motricité et autonomie de l'humain virtuel, communication verbale entre humains réels et virtuels, reconnaissance de la parole, adaptation automatique du comportement, interactions de tous les acteurs avec l'environnement, etc. Quand on intègre tout ça, on aboutit à quelque chose de très avancé."

Un exemple d’utilisation. Dans le domaine de la plasturgie, les objets sont fabriqués par injection de liquide dans des moules. Or le changement de moule est une procédure complexe, qui nécessite la manipulation d’objets lourds et l’intervention de deux personnes parfaitement synchronisées. "C’est un des cas d’usage que nous étudions. Nous avons fait appel à des utilisateurs externes, des industriels qui, en proposant des scénarios et des contraintes, nous permettent de vérifier la pertinence de la solution proposée."

L’autre principal cas d’usage étudié est un système d’artillerie monté sur un camion, le système CAESAR. Il nécessite cinq personnes pour sa mise en œuvre, avec une contrainte forte : la vitesse d’exécution. Car il faut se déplacer sitôt la série de tirs exécutée, question de sécurité. "La procédure est très physique, très dynamique, et tout doit être synchronisé. Chaque opérateur est formé à plusieurs postes et tous sont remplaçables. Ce qui nous impose qu’humains virtuels et humains réels puissent être interchangeables."

Commencé en 2010, le projet Corvette se terminera en octobre 2013. Mais il a un objectif à très court terme, le salon Laval Virtual qui se tient cette année du 20 au 24 mars. Corvette y présentera ses principaux résultats, dont une démonstration que Bruno Arnaldi qualifie de "bluffante", de la procédure de changement de moule destinée à l’industrie de la plasturgie.

Le projet Corvette en bref
  • Il réunit sept partenaires : trois laboratoires (CEA LIST, ENIB, INSA-Rennes), trois industriels (Golaem, Nexter Training, Virtualys), et un organisme de formation (AFPA).
  • Durée : 36 mois.
  • Coût : 2,2 M€.
  • Aide au financement : Agence nationale de la recherche.

(*) Bruno Arnaldi, professeur à l'INSA-Rennes et membre de l'équipe IRISA/VR4i, est coordonnateur du projet Corvette.

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