Vetorad : l'imagerie numerique au secours du veto

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S'il est un professionnel qui personnifie la polyvalence, c'est bien le vétérinaire. Il est tour à tour généraliste, chirurgien, anesthésiste, radiologue, dentiste et même pharmacien. Il peut intervenir auprès d'animaux de la maison comme de la ferme ou du zoo. Et quand il se spécialise dans les animaux de compagnie, cas de la majorité des praticiens en France aujourd'hui, il doit être capable de soigner chats et chiens de toutes tailles et de toutes races, et jusqu'aux oiseaux, poissons et reptiles...

"Les vétérinaires ont tant à faire qu'ils me paraissaient démunis en termes de radiologie. Pour moi, il était évident que le numérique pouvait leur simplifier la vie." L'homme qui parle ainsi s'appelle Philippe Pally. Il dirige la société nantaise Imedsys spécialisée dans les systèmes d'imagerie médicale à usage vétérinaire. L'appel à projets PME 2009 sera pour lui l'occasion de passer de la réflexion au développement d'une solution au sein d'un projet collaboratif.

L'idée de base du projet Vetorad consiste à associer la radiologie numérique à un ensemble de services s'appuyant sur une base de données et du traitement d'image. Trois exemples pour illustrer. Au moment de la prise de cliché, l'outil propose les paramètres de réglage du générateur de rayons X en fonction de la race de l'animal, de son gabarit et de la pathologie supposée. À l'issue de l'acquisition, un post-traitement automatique permet d'optimiser la qualité de l'image en fonction de la zone ciblée. Et au moment de l'interprétation, le vétérinaire peut comparer l'image obtenue à des clichés de référence afin de faciliter le diagnostic.

Tous les types d'imagerie

"Notre objectif est de développer une chaîne complète d'acquisition, de traitement, et d'archivage pour l'imagerie médicale vétérinaire. Dans un premier temps, nous nous sommes limités à la radiographie mais, à terme, tous les types d'imagerie sont concernés, IRM, scanner, etc."

Vétorad n'a pour l'instant pas d'équivalent. "Notre solution est conçue d'emblée pour les vétérinaires. C'est ça sa grande originalité. Les grandes marques commercialisent leurs propres logiciels, mais ce sont d'abord des outils développés pour la monde médical qui ont ensuite été adaptés à l'usage vétérinaire."

Après deux ans de développement, le projet touche à sa fin. "Il nous reste beaucoup à faire, qui se poursuivra bien après la fin officielle du projet. Nous avons rencontré des obstacles que l'on n'avait pas prévus, auxquels il a fallu s'adapter. Mais j'imagine que c'est le lot de tout projet R&D. L'essentiel reste que les vétérinaires se montrent intéressés. Les retours sont très bons."

Les partenaires de Vetorad ont une belle carte à jouer dans un contexte de remplacement progressif de la radiographie argentique traditionnelle par les nouvelles techniques d'imagerie numérique. En France, seuls 30% des cabinets vétérinaires sont déjà équipés en numérique.

Le projet Vetorad en bref
  • Il réunit un laboratoire (IRCCyN de l'université de Nantes) et deux partenaires industriels, Europe Technologies et Imedsys.
  • Durée : 24 mois
  • Coût : 761 k€
  • Aide au financement : Région Pays de la Loire, Oseo
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