4EVER explore l'apres haute definition

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Début juin, une retransmission sur HEVC sera visible à la Cantine numérique rennaise.

Sortie hyper médiatisée d'un nouvel écran 4k, annonce tonitruante d'une captation en ultra HD… Le monde s'agite autour de l'après haute définition. Mais de quoi cet après sera-t-il fait ? Rien n'est encore figé. Une seule certitude : les images à venir seront très gourmandes en ressources réseaux. Quel format pour les images de demain et comment les transporter ? Deux questions auxquelles le projet 4EVER s'attaque de front.

À la coordination, Maryline Clare-Charrier, d'Orange Labs, une habituée de la télévision d'avant-garde et des projets collaboratifs. On se souvient de DON GIOVANNI et, plus récemment, de 3DLIVE. Cette fois encore, il s'agit d'étudier une chaîne complète de l'image depuis la production jusqu'à la diffusion. "L'idée de projet a germé autour du codage HEVC, pour lequel on sent un engouement des industriels à l'international. En parallèle, on étudie l'ultra haute définition. Le but ultime du projet étant d'améliorer la qualité d'expérience de l'utilisateur."

HEVC et Ultra HD

Le HEVC (High Efficiency Video Coding) est un tout nouveau standard de codage. Finalisé en janvier 2013, il est pressenti pour succéder à MPEG4. Principal intérêt : à qualité équivalente, il est très économe en bande passante. "D'après nos premiers test, le HEVC divise le débit nécessaire par 2. Ce qui permettra de limiter l'évolution des réseaux pour le passage à l'ultra HD. L'autre avantage, c'est que plus de gens seront éligibles à la HD actuelle, dans les zones à faible densité comme en mobilité."

Côté format d'image, tout ou presque reste à définir, l'ultra haute définition n'étant pour l'instant qu'une appellation. "Il commence à y avoir des écrans disponibles sur le marché. Mais nous sommes réticents, car ils se contentent d'offrir plus de pixels alors qu'il existe d'autres axes d'amélioration. Pour nous l'ultra HD c'est plus de pixels à l'affichage, plus d'images à la seconde et plus de profondeur dans les couleurs."

Au lieu des 25 à 30 images par seconde, 4EVER envisage une cadence à 50, 60 voire 120 images par seconde pour une fluidité maximale de retransmission, notamment d'un événement sportif. Pour la couleur, il étudie un codage pixel sur 10 ou 12 bits, contre 8 aujourd'hui, afin d'augmenter le réalisme et s'approcher au plus près "des capacités de l'œil humain".

Toute la chaîne impactée

La cible de 4EVER est la télévision, avec ses contraintes spécifiques : diffusion en direct et visualisation sur le téléviseur de la maison. Le projet comprend aussi un volet cinéma limité à un usage spécifique, la retransmission en direct d'un événement sur grand écran.

L'ensemble de la chaîne de l'image étant à construire, les partenaires se focalisent d'abord sur le HEVC en développant des prototypes de codage et décodage temps réel pour les deux extrémités de la chaîne de transmission. L'ultra HD viendra dans un deuxième temps, pour laquelle il faudra disposer de caméras et d'écrans adaptés.

Une première début juin

La vie du projet 4EVER sera rythmée par trois grandes dates. Trois expérimentations de captation et diffusion en direct d'événements culturels ou sportifs qui ont aussi pour effet de "booster toute l'équipe". Elles permettront de faire le point sur la technologie comme sur le ressenti de l'utilisateur

Le premier de ces tests grandeur nature aura lieu début juin, avec la retransmission en direct d'un événement en haute définition sur HEVC. Le signal codé HEVC circulera sur le réseau IPTV d'Orange pour être affiché dans divers endroits équipés des décodeurs requis. À Rennes, 4EVER dirigera le signal vers le réseau TNT de la plateforme d'expérimentation ImaginLab pour le diffuser au standard DVB-T2. On pourra admirer cette première durant quelques jours à la Cantine numérique (précisions à venir).

"Visuellement, ce sera la qualité HD que les gens connaissent déjà", prévient Maryline Clare-Charrier. "Pour que ça marque plus les esprits, on distribuera aussi le signal par Internet pour l'afficher sur des tablettes équipées de players adaptés et montrer que le HEVC, c'est la HD partout."

Conserver de l'avance

Quant à voir ces images sur la télévision du salon, il faudra patienter deux ou trois ans pour le HEVC et quelques années de plus pour la Ultra HD. "Notre objectif, c'est de conserver de l'avance sur ces sujets là et de contribuer à la définition des normes au plan international. L'enjeu est technique et économique. Il y aura des décisions stratégiques à prendre. Notre travail, c'est de les éclairer."

4EVER en bref

  • Le projet réunit 9 partenaires dont deux laboratoires (INSA Rennes, Télécom ParisTech) et sept industriels (Ateme, Doremi Labs, France Télévisions, GlobeCast, Orange Labs, TeamCast, Technicolor).
  • Durée : 3 ans (juin 2012, juin 2015)
  • Aides au financement : Oséo (FUI) et collectivités locales
  • Voir aussi le site du projet
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