Frank Bertenburg, responsable Europe d'OVH : la competitivite des entreprises francaises du numerique

Retour au blog

La compétitivité des entreprises françaises est au coeur du débat depuis plusieurs mois, y compris dans le domaine du numérique. Pour Frank Bertenburg, responsable Europe d'OVH, la France a des atouts comme sa R&D, mais aussi de grosses faiblesses dont ses formations.

Entretien avec...

Frank Bertenburg, responsable des filiales Europe d’OVH(hébergeur de sites web).

Le Mag : Les entreprises françaises du numérique bénéficient-elles d'une visibilité suffisante à l'étranger ?

Frank Bertenburg : D’abord, être une entreprise française n’est pas en soi pénalisant pour une société. La France est reconnue à l’international pour son innovation et sa R&D. La visibilité est surtout une question de communication et de cible visée. Et ce n’est pas propre aux entreprises numériques. Ainsi les entreprises numériques françaises ont des visibilités différentes, plus ou moins grandes, selon qu’elles adressent le grand public ou des niches. Dailymotion, qui touche le grand public, bénéficie d’une belle notoriété à l’international, il est donc plus facile pour elle de trouver des investisseurs étrangers. OVH qui est davantage B to B[business to business] est très reconnue sur son segment dans les pays où elle a des filiales, et moins au-delà.

Les entreprises françaises du numérique sont-elles condamnées si elles n'attirent pas de capitaux étrangers ?

Dailymotion s’est révélée très attractive aux yeux des investisseurs étrangers. Orange n’a pas accepté l’offre de Yahoo , mais le problème ne réside pas dans l’intérêt suscité par Dailymotion. C’est plutôt, au contraire, la preuve que les entreprises françaises peuvent être intéressantes pour les investisseurs internationaux. Et il y a de belles réussites dans le secteur numérique. Par exemple Criteo, leader mondial du "retargetting"[reciblage publicitaire], est une société française qui a des investisseurs étrangers.

Que faire pour améliorer la visibilité des entreprises numériques ?

Les entreprises françaises n’ont rien raté, regardez OVH, devenue en 12 ans n°1 européen et n°3 mondial. Mais il faut aller vite pour être un leader international. Quand il y a déjà un n°1 mondial, c’est plus difficile de se faire une place. Il faut pouvoir mettre des moyens colossaux. Pour les vidéos en ligne, Dailymotion se confronte à Youtube, pour les réseaux professionnels Viadéo en France ou Xing en Allemagne se retrouvent face à LinkedIn. Youtube et LinkedIn s’imposent comme des standards mondiaux et ils sont naturellement internationaux grâce à leur langue, l’anglais. En France, l’absence de véritable pratique de la langue anglaise dans les entreprises constitue un véritable handicap. Il y a là un angle d’amélioration considérable. Si dans votre question « la France » signifie le gouvernement français, alors oui, la France rate quelque choseavec la pratique de l’anglais dont l’apprentissage devrait être dispensé à l’école dès le plus jeune âge.

Sur le plan technique, les Français sont-ils suffisamment qualifiés ?

Je reprends l’exemple d’OVH. Aujourd’hui, pour accompagner la croissance de l’entreprise, nous devons recruter 150 personnes par an. Or nous avons les plus grandes difficultés à trouver des personnes qualifiées dans certains métiers. Pour pallier ce manque, nous allons recruter des ingénieurs-développeurs dans nos filiales, notamment en Pologne. Là aussi, il appartient au gouvernement de mettre en place des formations de haut niveau correspondant aux besoins des entreprises. Il y a donc du potentiel pour faire mieux qu’aujourd’hui !

Article écrit par le Magazine Numérique, Anthony Chesnais

Article écrit par Anthony Chesnais, Initialement publié sur Le Mag Numérique - See more at: http://www.images-et-reseaux.com/fr/blogs/2013/06/crowdfunding-octopousse-rejoint-ulule#sthash.V034HRKx.dpuf
Retour au blog

Ajouter un commentaire