La voix a trouve son maitre : la societe Voxygen

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Thierry Moudenc espère que la synthèse vocale sera intégrée nativement dans les terminaux.

Lors de son récent voyage au Japon, du 6 au 8 juin, François Hollande emmenait dans ses bagages une toute jeune société de Lannion, Voxygen, 18 mois d'existence à peine. La start-up n'a pas été sollicitée au hasard. Ses premiers résultats en France et à l'international font de ce spécialiste de la synthèse vocale expressive une potentielle "pointure du numérique" dont la France a tant besoin.

À y regarder de plus près, Voxygen bénéficie d'une longue expérience. Et pour cause : l'équipe qui l'a fondée, avec à sa tête Thierry Moudenc, est toute entière issue du département dédié à la synthèse vocale d'Orange Labs. "On se connaît par cœur", se plaît à souligner le nouveau dirigeant.

Sur un marché qui admet peu d'élus, l'expertise dont bénéficie la jeune société est un atout déterminant. "Nous ne sommes pas nombreux à être crédibles en synthèse vocale. Le ticket d'entrée est super cher. Un nouvel entrant sérieux, c'est pas pour demain."

Le grand plus de Voxygen ? L'expressivité de la voix. Celle-ci s'appuie sur une base de données d'échantillons de parole naturelle. Trois jours d'enregistrement suffisent pour créer une nouvelle voix. Dès lors, elle peut énoncer n'importe quel message composé au clavier. Aujourd'hui, les voix de la SNCF et celle d'EDF sont générées de cette façon.

Une foule d'applications

La solution Voxygen est largement utilisée dans le monde des serveurs vocaux, notamment ceux commercialisés par les opérateurs de télécommunication. Mais d'après Thierry Moudenc, elle peut servir à "un million d'autres applications" : lire des flux RSS lorsqu'on est au volant de sa voiture, interpeler le joueur dans un jeu vidéo, assister un malvoyant lorsqu'il veut lire, écrire, communiquer, servir de palliatif à l'illettrisme…

Il arrive même à l'équipe Voxygen de vivre des moments bouleversants. Comme l'histoire de cet homme atteint d'une grave maladie et sur le point de perdre la voix. "Il nous a dit : je sais que ça va mal tourner, je veux pouvoir continuer à dire je t'aime à mes enfants."

À côté des applications de santé, de jeu, de lecture de médias et de services vocaux, Voxygen creuse une autre voie de commercialisation. "Il s'agit de convaincre les grands manufacturiers d'embarquer nativement la synthèse vocale sur les mobiles et tous types de terminaux. Vous pourrez choisir sur votre smartphone la voix qui vous guidera dans une application de navigation, ou celle embarquée dans la box télé qui vous lira les programmes du soir. C'est une rupture d'usage que l'on propose."

Du pain sur la planche

Si les voies de commercialisation sont nombreuses, les pistes d'amélioration de la solution le sont tout autant. Pour Thierry Moudenc, le principal défi du moment, c'est la multi-expressivité : "Il s'agit de faire en sorte qu'une même voix soit capable d'employer différents registres d'expression : sympa, didactique, enjouée, grave, sur-articulée, irritée, etc. Voxygen est en train de réaliser la première voix de synthèse multi-expressive à valeur industrielle."

L'autre grand chantier consiste à étoffer le catalogue de langues : l'anglais qu'il reste à peaufiner, l'espagnol, l'italien, l'allemand pour le marché européen, l'arabe tel qu'on le parle dans la rue, le japonais, le coréen, le chinois pour se déployer en Asie. Et puis les innombrables langues africaines, le Haoussa, le Zarma, le Wolof…

Comme si ça ne suffisait pas, Voxygen s'implique dans de multiples projets collaboratifs, ambitionne de s'associer avec une université pour monter un laboratoire commun, et travaille activement à s'étendre à l'international. Le 17 mai 2013, sa solution de modélisation de la voix a remporté le 1er prix du concours Tekki 48, à Dakar au Sénégal.

Une opportunité

Le voyage de début juin avec le Président de la république venait à point nommé pour mettre le pied au Japon. Thierry Moudenc a pu y rencontrer les industriels français présents ainsi que les grands acteurs locaux. "Lorsque j'ai proposé à NEC Corporation d'intégrer notre solution de synthèse vocale dans son robot personnel, j'ai eu une réponse affirmative dès le lendemain. Et ça, c'est un signe."

La petite histoire prétend que lorsque le robot PaPeRo s'est adressé personnellement à François Hollande, celui-ci serait quasiment resté sans voix.

Plus sur Voxygen.fr
À noter que le site propose une démonstration des plus réjouissantes. Vous saisissez un texte, Voxygen vous le lit dans la voix de votre choix. Mentions spéciales à Bicool pour son phrasé hyper décontracté et à JeanJean dont les intonations sentent bon la grande province du Canada.

Dans le studio d'enregistrement de Voxygen.

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