ESA, le chainon qui manquait aux systemes d'information

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Sébastien Defosseux et Yann Le Saint, à l'origine du projet ESA et fondateurs de la startup IITER.

À l'origine du projet ESA, deux hommes convaincus, prêts à remuer des montagnes pour mener leur idée à bien. Sébastien Defosseux et Yann Le Saint sont tous deux informaticiens. Ils travaillaient depuis plusieurs années en société de services quand ils acquièrent une certitude, il manque un rouage dans les systèmes d'information : les applications hétérogènes qui les composent ont beaucoup de difficultés à échanger des informations.

Dans la pratique, les administrateurs des systèmes d'information trouvent des parades, qui relèvent souvent du bricolage. En jargon d'informaticien, "on greffe des verrues" sur les applications avec pour risque majeur d'aboutir au "plat de spaghettis". En clair, à une situation dont on ne sait plus par quel bout la prendre : complexe, difficile à maintenir et très coûteuse.

D'où l'idée des deux informaticiens de créer, au centre du système d'information, une plateforme d'intermédiation. C'est-à-dire un outil capable de se mettre à l'écoute des applications du système pour détecter les modifications qui interviennent et générer, à partir de là, des points de sortie utilisables par chacune des autres applications.

À destination des PME et ETI

Inutile de préciser qui de Sébastien Defosseux ou Yann Le Saint s'exprime tant les deux hommes parlent d'une même voix. "Nous ne sommes que cinq entreprises dans le monde à maîtriser cette technologie, appelée log-based CDC. Elle permet d'apporter du lien entre les applications de manière non intrusive, c'est-à-dire sans rien modifier à leur fonctionnement. Nos concurrents sont des poids lourds de l'informatique : IBM, Oracle… Mais leurs solutions sont très chères, accessibles uniquement aux très grands groupes. Avec le projet ESA, on développe une solution nouvelle, complète, parfaitement intégrée, et abordable financièrement. Nous ciblons en priorité les grosses PME et les ETI."

Si ESA est le projet qui soutient les développements, la société IITER, créée de façon concomitante par les deux hommes, est la structure chargée de commercialiser la solution. L'entreprise est immatriculée en juin 2010, ESA démarre en octobre de la même année.

"En réalité, nous avons commencé les démarches en 2009. Mais il nous a fallu 16 mois pour boucler le financement de la société et monter le projet. Il faut dire que l'investissement global dépasse le million d'euros. Aujourd'hui, il s'est passé quatre ans : la techno est prête, le marché est toujours là, il nous reste à tester la solution et à la mettre sur le marché."

Un lancement bien balisé

Pour mener à bien leur projet, les deux entrepreneurs s'appuient sur l'écosystème économique du territoire. Pour le montage ils ont reçu l'aide d'Atlanpole, et pour tester la solution celle d'ADN'Ouest et du réseau Entreprendre, notamment. Ils ont aussi lancé un appel - toujours en cours - auprès des directions des systèmes d'information (voir l'appel). L'objectif de ces "sites pilotes" : confronter la solution à des situations réelles d'entreprises de tous secteurs, et recueillir des témoignages à partir de "vrais besoins".

La suite est déjà programmée. La solution baptisée "Continuum" sera commercialisée dès octobre 2013 sous forme de licences SaaS. Une première phase "early adopters" est prévue pour les premiers acheteurs avec à la clé des tarifs préférentiels.

Sébastien Defosseux et Yann Le Saint sont tellement confiants qu'ils regardent dèjà au-delà. "Nous venons d'entamer nos recherches pour une levée de fonds dans l'objectif d'accélérer notre développement. Notre premier marché naturel est régional, mais nous l'étendrons rapidement à l'échelle nationale et, pourquoi pas mondiale. L'informatique ne connaît pas de frontières !"

Le projet ESA en bref

  • Appel à projet Images & Réseaux spécial PME 2009
  • Projet terminé depuis mars 2013, durée : 30 mois
  • Il réunissait trois partenaires : deux PME, IITER et A5sys (suite à une reprise, celle-ci s'est retirée en cours de projet), ainsi que le laboratoire LINA de l'université de Nantes.
  • Aide au financement : Oséo et Région Pays de la Loire.
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