ZOOM ndeg 41 : Comprendre la feuille de route strategique d'Images & Reseaux

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ZOOM n° 41 : La feuille de route stratégique Images & Réseaux décryptée

Alors que les pôles de compétitivité doivent rendre leurs copies "Phase 3", Jean Claude Fraval décrypte dans ce nouveau numéro de la Lettre prospective ZOOM, les grands enjeux de la Feuille de route stratégique "Phase 3" d'Images & Réseaux.

D’abord un résumé des faits :

En 2012 ont lieu deux démarches importantes, l’une est l’évaluation du pôle (on devrait dire « les évaluations » du pôle, puisque l’état, les régions, ... et bien d’autres se sont manifestés pour comprendre, mesurer, évaluer  les pôles de compétitivité et leurs résultats), l’autre est le lancement de la mise en œuvre de cinq groupes de travail, dits « gtSx » (groupes de travail stratégiques), préfigurant le futur COS (Conseil d’Orientation Stratégique) et permettant de jeter les base de notre feuille de route pour la phase 3 des pôles.

Recherche, International, Développement des entreprises, Formation et Ingénierie de l’Innovation ont ainsi réuni plus de 60 contributeurs. Les travaux de ces groupes, ont été rapportés de nombreuses fois, en conseil d’administration mais également lors des Trophées Loading the future 2012 en octobre à Nantes. C’est ce travail qui a été explicité dans la Feuille de Route Stratégique de la phase 3 (FdRS3 pour les intimes).

Le document qui a été rendu il y a quelques jours, à déjà fait l’objet de plusieurs présentations, à nos financeurs, au CSV, au conseil d’administration, ... et a donc fait l’objet d’une concertation et finalement d’une approbation.

La FdRS3 fixe les objectifs du pôle à 3, 6 et 10 ans (court, moyen et long terme). La traduction en est le plan d’action (deuxième document) qui précise comment le pôle entend atteindre ses objectifs. Le troisième document est le contrat de pôle, signé par l’état, les régions et le pôle et qui est le document contractuel résultant, précisant notamment les moyens nécessaires pour accomplir les actions proposées (début du contrat pour 2014).

L’élément déterminant de ces trois documents est de passer d’une « usine à projets » à une « usine à innovation », en entendant par innovation, les futurs produits, contenus, applications, services qui vont être mis sur le marché au cours de la période. Les projets collaboratifs de recherche continuent mais ils devront être déclinés au cours de la période en projets d’innovation. Ces projets d’innovation devront expliciter les impacts économiques, sociétaux et environnementaux attendus, et les porteurs de projets devront alors prendre les engagements correspondants.

Nouveaux objectifs, nouvelles méthodes :

Cette approche nous a engagés à envisager de travailler autrement. Ces projets d’innovation ne feront pas l’économie d’une approche stratégique, c'est-à-dire d’aller vers des produits attractifs, attendus par le marché, réalisés dans les meilleures conditions avec les meilleurs partenaires. Pour cela il fallait d’abord travailler ensemble pour déterminer ce qui est « nécessaire » (attente du marché, démarche top-down), puis de déterminer ce qui est « possible » (capacité du groupement envisageant de lancer le projet), enfin mettre en œuvre le projet (le « futur »). Il fallait également que le CSV soit en état de valider le projet, y compris dans les engagements pris en termes d’impact, puis d’en évaluer la pertinence, l’adéquation et enfin en faire le suivi au fil du temps afin de tirer partie de ce projet dans les meilleures conditions possibles pour les porteurs.

Voilà pour la méthode, qui donc va donner lieu à des changements importants dans la gouvernance du pôle. CSV renforcé, COS mis en place, groupes de travail pérennisés, veille stratégique permanente, coopération avec d’autres pôles pour trouver l’optimum d’expertise, club des Investisseurs, club international, club des DRH, ... sont autant d’hypothèses prises en compte et surtout travail conjoint renforcé avec les acteurs économiques de nos régions (agences de développement, technopoles, ...), ainsi qu’avec les acteurs « thématiques » (Cantines, MEITO, plateformes, UEB C@mpus, AFIC, LEA Valley, ... pour ne citer que quelques exemples).

Pour quoi faire :

La FdRS3 a retenu quelques hypothèses « fondatrices ».

Tout d’abord, l’effet de diffusion des TIC atteint aujourd’hui près de 80% de l’économie en général, entre les producteurs de TIC et ceux qui ont vu leurs produits et/ou leurs processus de production profondément changés du fait de l’arrivée des TIC, enfin ceux qui intègrent les TIC dans les services rendus quotidiennement aux citoyens, aux patients, aux soignants, aux contribuables, aux transportés, aux étudiants, aux enseignants, ... . Les TIC ne se limitent plus aux seules technologies numériques, elles font l’économie numérique, elles préfigurent la société numérique.

Les emplois se créent dans les technologies numériques (mais les effets de la mondialisation de la production laissent prévoir un changement profond de la géographie de la production vers l’Asie), dans l’économie numérique (et là l’économie est plus « locale » mais aussi plus fragile – presse, édition, musique, ... sont les témoins de cette vulnérabilité), et dans la société numérique. Il faut également voir le facteur d’amplification des TIC dans ces différents champs de diffusion. Si les TIC créent plus de valeur que d’emplois[1], à chaque étape on voit un facteur de 1 à 4[2]. Il y a donc beaucoup plus de valeur (et seulement plus d’emplois) en allant vers l’utilisation des technologies numériques par l’économie numérique et par la société numérique.

Les nouveaux produits, les nouveaux contenus, les nouvelles applications, les nouveaux services qui vont déterminer les nouveaux usages, voient des bouleversements très importants (massification, personnalisation, fragmentation, ... ) qui font que demain n’est plus une simple extrapolation d’aujourd’hui. Il faut impérativement prendre en compte ces nouveaux défis pour jouer la carte de l’innovation.

L’intégration tout au long de la chaîne de la chaîne de la valeur est un invariant dans les facteurs clés de succès. Seuls les écosystèmes permettant de mettre en œuvre ce principe d’intégration ont joué et joueront un rôle primordial.

La réussite des pôles se jouera sur la synergie qui se dégagera entre l’Europe, la France et les régions. Il faudra donc se situer à la convergence de l’excellence technologique et de l’excellence territoriale, en focalisant les actions prioritaires du pôle dans les applications de l’économie numérique et de la société numérique qui connaissent à la fois un attrait mondial et une mise en œuvre de premier plan dans notre territoire.

Les Industries créatives et culturelles (partie prenante de l’économie numérique) joueront un rôle primordial puisqu’elles se trouvent précisément au croisement de cette mise en œuvre  de premier plan ET que l’intensité culturelle est le ferment principal de la capacité d’innovation.

Enfin, des études récentes montrent qu’il y a une forte corrélation entre la présence d’un écosystème productif puissant et celle d’un écosystème d’usage fort. Aller des technologies numériques à leur utilisation dans l’économie numérique puis dans la société numérique et ce dans les champs ou notre territoire excelle est donc la marque de cette corrélation. En développant l’écosystème d’usages nous développerons l’écosystème de production.

Enfin pour aller vers l’économie numérique puis vers la société numérique, il est nécessaire de mettre en place des plateformes. Au-delà d’ImaginLab, plateforme de validation, la plateforme de production ImaginFab (en liaison avec B-com), les plateformes créatives CreaLab pour les industries créatives et culturelles s’appuieront sur l’Institut de l’Innovation pour le Numérique (I²N) lieu de recherche académique sur les méthodes et outils de l’innovation. Associées avec les initiatives prises par les territoires  ces plateformes préfigurent les futurs « Quartiers Numériques » dont les premières consultations sont lancées.

Rendez vous sur l'Espace Collaboratif ZOOM pour découvrir l'intégralité de la Feuille de route stratégique Images & Réseaux

Les objectifs, le marché potentiel, l’impact économique, ... seront publiés plus tard, dès que les termes principaux du contrat de pôle seront approuvés par tous les signataires.




[1] Le poids des nouvelles activités dans les TIC au sens large est plus important en termes de PIB qu’en termes d’emplois (3,7% des emplois pour 5,4% du PIB selon les chiffres de l’IGF – Inspection Générale des Finances -)

[2] Le rapport entre les technologies numériques et l’économie numérique qui les utilisent est de 1 à 4 – voire plus et ceci est encore en croissance au fur et à mesure que l’économie numérique se développe. On retrouve également ce facteur de 1 à 4 entre l’économie numérique et la société numérique.

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