ZOOM : Les fondements de la feuille de route strategique, ou l'importance des impacts economiques

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Pour la phase 3 des pôles de compétitivité, les projets devront afficher des objectifs de résultats (d’impacts). Si l’accent est mis sur les impacts économiques (création d’activités, de revenus, d’entreprises, d’emplois) les impacts sociaux, sociétaux et environnementaux ne sont pas exclus. En se concentrant sur les impacts économiques, il est nécessaire de rappeler les différents constats faits (faits stylisés) et les hypothèses retenues. Le ZOOM de cette rentrée est donc consacrée à ces impacts économiques.

Les TIC ont des effets multiples

Elles permettent de créer des richesses pour les producteurs de ces TIC (écosystème productif regroupant les concepteurs, les producteurs, les distributeurs), elles permettent de créer des richesses pour les utilisateurs-intégrateurs de ces technologies (écosystèmes d’usages de économie numérique), elles permettent de faire des économies pour les opérateurs de services s’appuyant sur elles (écosystèmes d’usage de la société numérique), elles permettent enfin de créer de nouvelles activités. Retrouvez les chiffres clefs sur la version complète du ZOOM sur l'espace collaboratif dédié.

Les écosystèmes productifs forts sont fortement corrélés avec les écosystèmes productifs d’usage (l’aval tire l’amont et réciproquement).

Les études récentes de l’OCDE mettent en lumière cette corrélation qui ne s’applique pas uniquement aux grands pays. L’impact économique maximum se réalisera lorsque les écosystèmes productifs et les écosystèmes d’usage seront  en coïncidence. Conjuguer technologies numériques, économie numérique, société numérique en cohérence et en simultanéité est l’un des facteurs clés, en permettant notamment de jouer sur ce facteur d’impact qui aura pour conséquences non seulement la création de richesses pour le secteur des TIC mais également la création de richesses pour l’économie numérique et la société numérique. La création de richesses dans l’économie numérique et dans la société numérique est fortement « localisée », rejoignant en cela le paradigme SoLoMo (l’Internet du futur sera Social, Local et Mobile), alors que la création de richesses dans le secteur des technologies numériques peut être fortement délocalisée (notamment dans les pays à bas coûts de production).

Les secteurs du numérique sont plus créateurs de valeurs que créateurs d’emplois

Avec 10,2% de la totalité des emplois, les secteurs du numérique créent  14,4% du PIB total, démontrant ainsi un autre facteur d’amplification entre le poids en emplois et le poids dans le PIB (de 1 à 1,38). Cette dissymétrie est également vraie (mais diversement répartie) entre le nombre d’entreprises, les emplois et la valeur ajoutée générée, affichant ainsi 5% des entreprises, 15% des emplois et 30% de la valeur ajoutée pour les services de télécommunications, à comparer avec 45% des entreprises, 36% des emplois et 23% de la valeur ajoutée pour les technologies de bases. Retrouvez les chiffres clefs sur la version complète du ZOOM sur l'espace collaboratif dédié.

Les facteurs d’échelle sont primordiaux

Quel opérateur de contenus, d’application, de services peut mettre en œuvre plusieurs dizaines de milliers de développeurs , créant et mettant à jour plusieurs centaines de milliers de contenus ou d’applications, qui seront téléchargés à plusieurs milliards d’exemplaires ? Seuls des écosystèmes  puissants réunissant autour d’une même plateforme ces dizaines de milliers de développeurs seront en mesure de créer les contenus, les applications et les services attendus.

Intensité culturelle et innovation sont fortement corrélées

Les études récentes du Forum d’Avignon, de même que celles du Conseil d’Analyse Economique démontrent que « la géographie de l’innovation a une composante culturelle forte ». Ces études reprennent les premières conclusions de l’indice TMI (Technology Metabolic Index) qui avaient démontré les influences culturelles dans les vitesses d’adoption des innovations.

L’économie de l’attention fait place à l’économie de la contribution

L’échange, l’interaction deviennent essentiels, démultipliant ainsi la densité des liens sociaux. Or cette densité des liens sociaux est elle-même facteur d’innovation. Nous en sommes au début d’un nouveau cycle de l’innovation où la qualité peut-être très inégale mais où la quantité, l’agilité, la souplesse, l’absence de cadre, l’ouverture (open innovation), sont des facteurs d’amplification.

La coïncidence entre l’excellence technologique et l’intensité territoriale est un facteur de focalisation et de concentration des efforts comme des moyens

Cette « clusterisation » est bénéfique. La mise en cohérence des politiques publiques (notamment des politiques territoriales) et de la feuille de route stratégique du pôle est une nécessité absolue. Cette mise en cohérence peut (doit) s’exercer dans le strict respect des principes de subsidiarité, en impliquant le pôle dans toues les instances ou son expertise sera nécessaire et utile (notamment dans les domaines retenus des technologies numériques, de l’économie numérique, de la société numérique) et en impliquant toutes les instances territoriales dans la gouvernance ad-hoc du pôle. La coopération est un principe naturel de constitution des écosystèmes. Coopérer (y compris avec des organismes externes aux pôles, d’autres pôles, ...) plutôt que de créer, de recréer une compétence manquante. Le pôle ne représentant qu’une partie de l’écosystème  productif et une partie de l’écosystème d’usage il est nécessaire d’envisager les plateformes mutualisées dans un contexte plus large que le seul écosystème du pôle (ne serait-ce que pour prendre en compte l’effet « clusters » qui attirera des nouveaux acteurs si l’écosystème est reconnu comme très performant). Le pôle, comme il l’a déjà fait dans le passé, est alors un maître d’œuvre possible mais n’est pas le maître d’ouvrage d’un ensemble « territorial » plus vaste et plus ouvert.

Retrouvez les chiffres clefs sur la version complète du ZOOM sur l'espace collaboratif dédié.




[1] 2,7 emplois créés pour 1 emploi détruit selon McKinsey.

[2] Martine Sureau, Quinzaine de la dance 2011.

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