Replica : un avatar pour combattre le handicap

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Le dispositif Replica, ici lors d'une campagne de mesure en école primaire

En France, on recense chaque année 1500 nouveaux cas de paralysie cérébrale parmi les enfants en bas âge. Des lésions du cerveau qui conduisent le plus souvent à des déficits moteurs très lourds. Reste l'espoir de contourner le handicap à force de rééducation. Et c'est là qu'intervient le projet Replica : il apporte, grâce à ses avatars, une dimension ludique à des programmes de rééducation par ailleurs longs et fastidieux.

Plus précisément, Replica s'intéresse aux mouvements du bas du visage que l'on cherche à rééduquer à l'aide d'exercices d'orthophonie. Il s'agit d'acquérir une motricité plus fine afin d'améliorer la parole, mais aussi les gestes de la nutrition, le contrôle de la salive et de la déglutition. Des progrès essentiels, qui conditionnent le devenir social et le niveau d'autonomie de l'enfant.

"La méthode est pratiquée depuis longtemps", précise Armel Crétual, responsable du projet. "Ce qui est nouveau, c'est le dispositif appliqué dans Replica."

Capture sans marqueur des mouvements

L'enfant est équipé d'un casque sur lequel est fixée une caméra qui capte les mouvements de son visage. Sur l'écran en face de lui, il voit deux personnages virtuels. L'un est l'avatar du thérapeute qui lui donne les consignes. L'autre est son propre avatar qui reproduit fidèlement tous les mouvements de son visage.

À ce dispositif, trois avantages. L'enfant peut facilement comparer les mouvements des deux visages situés dans le même espace visuel. Face à ses difficultés, il éprouve moins de gêne grâce à la distance apportée par la représentation virtuelle. Surtout, il est plus concentré sur l'exercice devenu une sorte de jeu.

"Ce qu'il faut éviter, c'est le rejet d'un programme qui s'étale sur des semaines, voire des mois. L'enfant est complètement conscient de ses handicaps. Avec Replica, ce n'est plus tout à fait lui qui rencontre ces difficultés mais une sorte de marionnette qui s'anime à l'écran. L'interactivité, l'ergonomie, la psychologie sont des dimensions très importantes du projet."

Un dispositif robuste, adapté au handicap

Sur le plan technique, il faut adapter la capture et l'analyse des mouvements du visage au contexte particulier de la rééducation : des mouvements incontrôlés, très amples et très brusques, la nécessité d'utiliser un matériel léger facile et rapide à installer, un dispositif peu onéreux, accessible au plus grand nombre.

Selon Armel Crétual : "Le système devra être opérationnel un an avant la fin du projet, car l'évaluation porte avant tout sur les résultats cliniques, par comparaison avec la méthode traditionnelle. L'objectif, c'est d'obtenir une meilleure adhésion de l'enfant, avec une meilleure implication dans la séance. Nous aurons réussi si nous sommes capables, avec Replica, de maintenir l'attention des enfants dans la durée."

Le projet Replica en bref

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