Code Vert chasse le gaspi dans les logiciels

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Combien un logiciel consomme-t-il d'énergie ? A priori, la question semble bizarre. Elle est pourtant au centre du projet Code Vert. Celui-ci développe un outil capable d'éplucher scrupuleusement le code source d'un logiciel à la recherche des portions de code trop gourmandes. Ces détours inutiles qui pénalisent de nombreuses applications.

La faute "à un manque de formation" affirme Thierry Leboucq, coordinateur du projet. "Aujourd'hui, les développeurs travaillent sans se soucier des ressources." D'autant qu'on leur demande d'être avant tout productifs, l'objectif premier étant de "tenir les délais".

Code Vert réalise donc un outil au service de l'éco-conception des logiciels. C'est même "le premier du genre", selon le chef de projet, également directeur associé de la startup KaliTerre. "Il existe déjà des outils qui recherchent des défauts de qualité, mails ils se focalisent sur les performances, la fiabilité ou encore la sécurité. L'étude de la consommation énergétique, c'est complètement innovant."

Moins solliciter le matériel

L'outil est constitué d'un moteur d'analyse de l'application et d'une série de règles qui encadrent les bonnes pratiques. L'ensemble analyse le code source pour y repérer des défauts de programmation : un algorithme peu performant, une utilisation non optimale des processeurs, des appels excessifs à la mémoire ou aux disques durs… Le "code durable" est celui qui consomme peu d'énergie et sollicite faiblement les ressources matérielles.

"En face de ça, nous tenons compte du temps de refactoring. C'est-à-dire le temps qu'il faut passer pour corriger le code. Une règle est dite critique si le gain est important par rapport au temps passé."

La dette technique environnementale

Pour les très grosses applications, le temps de correction peut se compter en journées, voire en semaines. C'est ce qu'on appelle la "dette technique environnementale". Un coût en main d'œuvre à mettre en regard d'économies en énergie et en matériel informatique cumulées sur le long terme.

Pour Thierry Leboucq, le marché est "en devenir" et il lui paraît très difficile de convaincre les entreprises sur les seuls arguments économiques. Par contre celles-ci sont de plus en plus sensibles à l'éco-conception "en termes d'image", surtout celles qui mettent en avant "leur excellence technologique".

Bientôt un label d'éco-conception logicielle ? Une certification des formations ? "On peut l'imaginer. C'est dans l'air du temps. De très gros acteurs comme Microsoft sont en train de travailler sur le sujet. Aujourd'hui, on se préoccupe beaucoup de sécurité. Demain, le green code pourrait devenir un critère, y compris dans les marchés publics."

À l'endroit où ça fait mal

Le projet Code Vert aboutira à la commercialisation d'un logiciel dénommé Greenspector®. On pourra y accéder en ligne, mais le véritable outil du développeur sera un plugin compatible avec les principales plateformes de développement du marché. "Il sera capable de pointer directement sur la ligne de code, à l'endroit où ça fait mal, et de proposer des axes de correction. Exactement comme le fait un correcteur d'orthographe."

Le marché visé ? "Plutôt les grosses structures". De celles qui gèrent un gros parc informatique et une multitude d'applications. Aussi, les éditeurs de logiciels pour lesquels la moindre consommation est un argument commercial.

Java sera le premier langage traité, car très utilisé par les grands comptes. L'autre cible étant les applications et sites Web grand public qui cherchent à mettre en avant une conception estampillée "Green".

Le projet Code Vert en bref

  • Débuté en février 2012 pour une durée de deux ans.
  • Quatre partenaires dont un établissement d'enseignement supérieur, l'Icam, et trois entreprises : KaliTerre, Sigma et Tocea.
  • Aide au financement : Oséo et Région Pays de la loire.
  • Voir le site du projet.
  • À noter que vous pourrez en savoir plus lors des Trophées Loading the Future (14 novembre, Rennes) dont le projet Code Vert est l'un des 12 candidats.
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