Tout savoir sur la Ultra Haute Definition...

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Technologie, expérience utilisateur, marché, déploiement, régulation… Pour tout connaître de la Ultra HD, il fallait participer à l'atelier du 14 novembre qui faisait un tour complet de la question. Avec un contenu très dense, servi par un ensemble d'experts de la chaîne de l'image, l'atelier a mis en avant une certitude - on va vers la Ultra HD - et aussi soulevé plusieurs questions. En voici quelques échos.

L'atelier s'inscrivait dans le programme des Trophées Loading the Future qui se tenait le 14 novembre à l'ESC Rennes. Il était organisé par le projet collaboratif Ultra, qui a pour objectif de faciliter la diffusion et la réception de contenus en Ultra Haute Définition et de développer de nouveaux usages. Michel Corriou chargé du développement à Images & Réseaux et coordinateur du projet Ultra assurait l'animation des débats. 

l'UHD du projet 4EVER en démonstration lors des trophées Loading the Future

Écrans UHD : Il est urgent d'attendre

C'est Jean-Pierre Hénot, directeur technique chez Envivio, qui ouvrait la discussion en nous emmenant d'abord au Japon où la Ultra HD est en passe de devenir réalité avec des premières expérimentations dès 2014 et un lancement prévu en 2016 par la chaîne NHK.

Les promesses de l'UHD : une meilleure immersion dans l'image grâce à un nombre de pixels multipliés par 4 qui permettent d'élargir le champ de vision, un meilleur rendu des mouvements par une fréquence de rafraichissement augmentée à 50 ou 100 images par seconde voire au-delà, et des couleurs plus riches avec 10 ou 12 bits par pixels contre seulement 8 aujourd'hui. L'ensemble permettant de se rapprocher des conditions de vision naturelle.

Mais, pour aller vers cet UHD idéale, il faudra passer par des phases intermédiaires. On parle ainsi de UHD1, UHD2… Aujourd'hui, les écrans estampillés "UHD" sont en-deçà de ces étapes car limités à 30 images/seconde du fait de la connectique. Si bien que pour l'achat d'écran, "il vaut mieux attendre l'année prochaine l'arrivée du HDMI 2.0".

Avec l'Ultra HD se pose aussi la question de la place prise par les écrans au domicile. Car pour bénéficier de l'augmentation de résolution, il n'existe que deux solutions : regarder de très près - un mètre ou moins - ou bien augmenter la taille de l'écran. Pour profiter pleinement de l'UHD à une distance canapé-écran habituelle de trois mètres, l'écran UHD du salon sera obligatoirement très grand, avec une diagonale supérieure à deux mètres, rien moins.

L'augmentation de résolution ne suffit pas

Gwenaël Le Lay, responsable d'équipe R&D chez Orange Labs, intervenait au nom du projet 4EVER dont l'objectif est d'étudier l'ensemble de la chaîne de l'image UHD à la lumière de la qualité d'expérience ressentie par l'utilisateur. Est-ce que l'utilisateur est satisfait par la plus grande résolution des images ? Les tests montrent que non. Plus précisément, ils montrent que le gain en qualité d'expérience est limité si l'on en reste à la seule augmentation de la résolution.

D'autres tests suivront à mesure de l'avancée de 4EVER, avec plus d'images par seconde et un enrichissement des couleurs. Mais il faudra pour cela disposer de contenus adaptés qui n'existent pas encore. Il devient maintenant possible de les produire avec l'arrivée de nouvelles caméras UHD. Parmi les contenus attendus, le sport, très exigeant en fluidité du mouvement.

Libérer les couleurs

Pour Ludovic Noblet, Senior Director Broadcast Technology Strategy & Planning chez Dolby Laboratories, l'écosystème UHD est "en cours de maturation". Après le développement de briques technologiques disparates, on prévoit une stabilisation vers 2016, et ensuite le déploiement commercial. Tout cela va prendre du temps.

D'autant qu'il ne s'agit pas que de technologie, "il faudra aussi des contenus". Les locomotives seront les blockbusters et la VoD. Les contenus live comme le sport seront pour plus tard car ils demandent beaucoup d'investissement et de prise de risques, notamment de la part des diffuseurs. 

Interrogé sur la qualité du son dans l'Ultra HD, le représentant de Dolby estime que "l'UHD n'arrivera pas seule. Elle sera accompagnée de l'immersive audio et de l'interactivité". Par ailleurs, l'extension de la gamme des couleurs lui semble un point essentiel : "si on libère les pixels, on obtient un résultat impressionnant".

HEVC : la bonne nouvelle

Au centre de la chaîne de l'image se pose la question de la distribution. Car l'augmentation du nombre de pixels, d'images et de couleurs multiplie d'autant la quantité d'information à transporter. Selon Xavier Ducloux, Advanced Studies Program Manager chez Thomson Video Networks, "le HEVC est la bonne nouvelle, avec un gain en bande passante de 50%". La nouvelle norme de codage serait même d'autant plus efficace en compression que l'on augmente la résolution, "jusqu'à 60% avec l'UHD".

Les premiers services UHD seront le fait d'opérateurs de télévision par satellite et d'opérateurs de VoD. Pour le terrestre, il faudra attendre le passage au DVB-T2. Quant au large bande fixe, la plupart des lignes DSL ne délivrent pas un débit suffisant pour l'instant. L'Union Européenne vise la généralisation d'un débit égal ou supérieur à 30 mégabits par seconde d'ici à 2020.

Sur la TNT, une longue transition

L'intervention d'Alain Komly était focalisée sur la TNT, "un support d'excellence pour l'Ultra HD" qui équipe actuellement "60% des foyers". Pour le Directeur délégué de la Division audiovisuel chez TDF, la question n'est pas "Est-ce que ?" mais "Comment ?" se fera le passage vers l'Ultra HD.

Car cette transition sera forcément longue, même si elle sera moins complexe que le passage de l'analogique au numérique. Il faudra élaborer "un scénario de transition progressive à horizon 10 ans", qui passera par l'adoption de DVB-T2 sur HEVC pour transporter le flux UHD. L'exigence étant que "L'UHD soit accessible au plus grand nombre sur la TNT."

Il faudra des décisions

Même exigence du point de vue du Conseil supérieur de l'audiovisuel, représenté par Julien Paulet, chargé de mission à la Direction des technologies. L'actualité du CSA c'est d'abord la généralisation de la couverture HD qui devrait être effective en juin 2015.

Ensuite l'arrivée de la Ultra-HD pourrait être un élément essentiel de l'attractivité de la plateforme TNT. Elle ne sera possible qu'en convertissant progressivement le réseau de diffusion terrestre au DVB-T2 sur HEVC. Sur le plan technique, les premiers programmes en Ultra HD pourrait être diffusés sur un multiplex dédié et sur quelques villes à partir de 2016. À condition, toutefois, que le cadre réglementaire qui permettrait de lancer les travaux nécessaire soit défini par le Gouvernement et le Parlement en concertation avec les opérateurs privés.

Pour en savoir plus

La plupart des présentations de l'atelier sont disponibles en téléchargement :

  • Un état de l'art sur l'UHD, par Jean-Pierre Hénot, Envivio. Télécharger.
  • Les paramètres qui améliorent l'expérience UHD, par Gwenaël Le Lay, Orange Labs, projet 4EVER. Télécharger.
  • La distribution de contenus UHD, par Xavier Ducloux, Thomson Video Networks. Télécharger.
  • La TNT pour les programmes en UHD, par Alain Komly, TDF. Télécharger.
  • L'avenir de la plateforme TNT en France, par Julien Paulet, CSA. Télécharger.
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