Parole RH - Hughes Meili, PDG de NIJI

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Niji recrute ! L'occasion de s'entretenir de la question des ressources humaines avec le PDG de la société de conseil, de design et de réalisation logicielle spécialisée dans l'accompagnement de la transformation numérique des entreprises. En quatre points, Hughes Meili nous livre une vision particulièrement décapante de la filière numérique et de ses besoins en termes de compétences.

Quels sont les défis qui s'annoncent pour la filière numérique ?

Hughes Meili. La filière numérique souffre d'un ancrage technico-technicien du type "je sais, donc je suis" alors que le paradigme n'est plus du tout celui-là. Aujourd'hui, le numérique est dans les mains de tout le monde : des jeunes, des seniors, des consommateurs, de la population du monde entier.

Ce n'est plus dans le cadre de l'entreprise que l'on invente. C'est dorénavant dans la rue. Avec des effets de masse, d'adoption ou de rejet des nouveaux usages que le monde de l'entreprise ne maîtrise plus : il doit courir après.

Quelles conséquences en termes de profils ?

HM. Vous ne pouvez plus concevoir un dispositif numérique autrement qu'en travaillant la sociologie des usages et la dimension cognitive. On a donc besoin de designers d'interface, de designers d'interaction, d'ergonomes, de directeurs artistiques. Une société comme Niji compte plus d'une soixantaine de personnes qui n'appartiennent pas à la catégorie des ingénieurs et universitaires techniques.

Ensuite, pour concevoir ces produits et services dans des secteurs aussi variés que ceux de l'automobile, des transports, de la banque, de la presse, de la distribution d'énergie…, il faut s'intéresser au modèle économique des entreprises, à leurs marchés, à leurs clients. Nous avons donc besoin de gens au profil marketing, économique, financier, etc., qui viennent d'écoles de commerce, de management ou encore de sciences sociales.

L'enjeu, c'est aussi de faire travailler tous ces gens ensemble : un cogniticien avec un artiste issu des Beaux-arts, et puis un architecte logiciel, un ingénieur télécom, un économiste, etc. Le numérique n'est plus limité à la technique. C'est ce que notre région doit comprendre, elle dont les acteurs sont historiquement très ancrés un monde éminemment technique.

Quelles sont vos pratiques de recrutement ?

HM. Mon défi, c'est de parvenir à attirer ces différents profils dans un univers qui est très connoté "technique". Pour cela, on utilise tous les canaux possibles de recrutement et on communique beaucoup sur notre stratégie.

Nos clients sont nos premiers ambassadeurs auprès des communautés auxquelles ils appartiennent. Nous sommes présents dans tous les secteurs qui vivent une révolution par le numérique.

Nous essayons, également, de faire en sorte que nos équipes soient fières d'appartenir à une entreprise originale qui mêle tous les genres et qu'ils cooptent des gens nouveaux.

Le numérique fait-il évoluer ces pratiques ?

HM. Bien sûr. Nous appliquons à nous-mêmes ce que nous préconisons à nos clients. Nous utilisons énormément le numérique tels que les réseaux sociaux pour faire connaître nos besoins comme pour repérer les compétences.

Nous sommes à la recherche de gens qui sont toutes antennes dehors, à l'écoute du monde et de ce qui se passe autour d'eux. Surtout pas des techniciens introvertis. L'ouverture, l'écoute, la diversité des comportements numériques sont pour nous des qualités essentielles, quelle que soit la spécialité.

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