Made in Rennes: les pepites numeriques rennaises a l'honneur

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 La Cantine Numérique Rennaise, en partenariat avec Rennes La Novosphère, lance les rencontres Made in Rennes: l’occasion de découvrir les technologies, services et produits issus des entreprises dynamiques et innovantes du bassin rennais, qu’il s’agisse de startup ou d’entreprises cotées en bourse… Tous les trois mois, trois entreprises viendront présenter leur parcours… rennais! Le secret est gardé jusqu’au dernier moment sur leur identité: inutile de chercher à savoir à l’avance. En revanche, cela vaut la peine de réserver sa soirée.

La Cantine était bien remplie pour ce premier blind date, qui a mis à l’honneur trois pépites de la capitale de la galette-saucisse: MaPlatine.com, Golaem et SeeMeCab.

Jérôme Tré-Hardy et Franck Thareault ont lancé MaPlatine.com en 2011. Ce site marchand est dédié à la platine vinyle et ses accessoires, à destination des audiophiles. Il s’agit d’une des offres les plus larges en Europe sur l’analogique, avec des produits allant de 200 à 25.000 euros pour les platines et tous les accessoires nécessaires à l’entretien et à la maintenance. Si elle accompagne le retour du vinyle, MaPlatine a beaucoup travaillé à créer du contenu de valeur: fiches d’information et photos des produits sont réalisées en interne. Le référencement naturel, des campagne Adwords et un jeu-concours en partenariat avec Orange ont contribué à sa notoriété. En un peu plus de deux ans, les deux acolytes ont réalisé trois levées de fonds pour quelques centaines de milliers d’euros auprès d’investisseurs locaux. A l’issue des deux premières années d’activité, les cofondateurs se déclarent « contents » et confient "voir la vie de manière assez sereine". L’entreprise est maintenant constituée de quatre employés et de deux stagiaires.

Alexandre Pillon est venu présenter Golaem. Mais présente-t-on encore Golaem? Peut-être pour indiquer que son nom se prononce « Golem », en référence à la créature animée mais sans âme des traditions juives. En effet, Golaem donne à l’utilisateur de son logiciel Golaem Crowd le pouvoir de créer des figurants numériques pour peupler des annonces publicitaires, des séries, des jeux vidéos. C’est grâce à Golaem qu’ont été créées les foules d 'Astérix et Obélix au service de sa majesté, celles de la saison 3 de Game of Thrones, ou encore les hordes de zombies de Walking Dead. Tout a commencé dans un laboratoire de recherche de l’IRISA, à Rennes - bien sûr! Les travaux de ce laboratoire portaient sur l’humain virtuel: "animer un humain, le faire se déplacer, lui faire chercher un chemin, lui faire gérer des comportements en parallèles, par exemple regarder ailleurs pendant qu’il marche… » Golaem a été créé en 2009, et à partir de ces technologies sur lesquelles elle a obtenu une concession de 5 ans, l’entreprise a développé des produits, d’abord pour de la formation en usine, puis pour la SNCF. La rencontre avec des agences de création d’effets spéciaux leur a révélé l’existence d’un besoin de création et d’animation de foules virtuelles. Désormais, le géant de glaise joue dans la cour des (très) grands, avec des clients qui appartiennent « au top 10 mondial ». Soutenu par deux gros investisseurs, l’un parisien, l’autre local, Golaem compte désormais une douzaine d’employés.

La dernière pépite de la soirée - mais non moins brillante pour autant - est une habituée de la Cantine puisque ses deux fondateurs coworkent à l’Annexe. Julien Cotteaux et Morgan Bigot ont présenté le tout nouveau produit de leur entreprise SeeMeCab: FramesAdvisor, une application multiplateforme d’aide au choix des montures de lunettes les mieux adaptées au client. Pas de poudre de perlimpinpin là-dedans: les montures proposées le sont grâce à une analyse des critères morphologiques du visage, croisés avec la base de données des montures grâce à des algorithmes développés par deux chercheurs pour le compte de SeeMeCab. Cette application peut être utilisée sur iPad pour les points de vente, comme sur les sites web d’opticiens. L’expérience utilisateur est à la fois amusante et efficace, et SeeMeCab a déjà été contactée par des professionnels de l’optique alors que l’application n’a que deux semaines de vie commerciale. L’objectif de la jeune pousse rennaise est de vendre son produit à des chaînes d’opticiens. Pas le temps ni l’envie de démarcher les magasins un à un, car SeeMeCab développe des applications métiers sur commande, en plus d’assurer l’amélioration continue de son produit phare, ArchiReport, un assistant numérique de suivi de chantier qui fait gagner beaucoup de temps aux maîtres d’oeuvre.

Mais pourquoi ces entreprises sont-elles rennaises? Rennes a été élue en 2012 par l’Express 1ère Métropole de France où il fait bon vivre en raison du bon équilibre entre l’offre d’emploi et le prix de l’immobilier. Pour autant, quels facteurs ont permis l’apparition de ces trois entreprises à Rennes plutôt qu’ailleurs?

Pour MaPlatine, ce sont les rencontres qui ont été déterminantes, explique Jérôme Tré-Hardy. « J’ai quitté Paris pour travailler à Rennes, c’est là que j’ai rencontré mon associé. Etant à Rennes, il nous a paru logique de monter notre entreprise ici, et l’écosystème rennais permettait d’y lancer notre aventure. Nos investisseurs sont locaux, comme notre réseau de partenaires, nos banques et notre agence web. On tient à les avoir géographiquement proches… C’est assez agréable d’avoir de la proximité, et on n’a pas besoin d’être à Paris pour vendre."

Les technologies de Golaem sont nées à Rennes, et les employés de l’entreprise sont attachés à leur vie ici.

« Une grosse boîte parisienne voulait nous racheter, on s’est posé la question: qui veut aller bosser à Paris ou à Nice? Les gens n’étaient pas prêts à le faire » raconte Alexandre Pillon. »Et plus de 80% des ventes se font à l’étranger: les clients se moquent de savoir où l'on est, c’est surtout le fuseau horaire français qui les ennuie… »

Quant aux investisseurs, si l’un est parisien, l’autre a été trouvé à Star West, organisé par Rennes Atalante. « On a eu pas mal d’aides en termes de contact et de conseils » ; et si jusqu’à présent Golaem a dû aller sur les salons étrangers avec des entreprises parisiennes, "cette année on part avec un pôle renno-parisiens ».

Julien et Morgan, de SeeMeCab, sont venus à Rennes pour leurs études, disent-ils, « on s’est pas posé la question. On n’aurait aucun intérêt à être à Paris. On a trouvé des super locaux à l’Annexe où on fait du coworking et ça se passe très bien. La région rennaise est quand même axée numérique, il y a des ressources, des acteurs et du partage, on est bien ici, ça nous plaît bien. » Et ils se voient difficilement faire du kite-surf à Paris!


Prochaine rencontre Made in Rennes à la Cantine en avril.

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