Patrice Roturier : "L'e-education"

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L’e-éducation est l’un des piliers de la société numérique en construction. Un mouvement d'amplitude mondiale aux enjeux multiples : éducatifs et culturels aussi bien qu'économiques et stratégiques. Pour nous en parler, Patrice Roturier, Vice-président Numérique de l’Université européenne de Bretagne. À ce titre, il pilote la mise en place d'UEB Campus, une expérience de campus numérique sans équivalent en Europe.

En quelques mots, pouvez-vous définir l'e-éducation ?

Patrice Roturier. La définition est simple. L'e-éducation, c'est tout ce qui relève de la mise à disposition de ressources pédagogiques et d'accompagnement pédagogique via Internet. C'est donc de l'enseignement en ligne, mais qui ouvre un grand nombre de possibilités en termes de participation, de collaboration, de partage et d'adaptation au rythme de chacun. Et ça, ça change tout !

Quels outils, quels équipements sont nécessaires ?

PR. De base, chaque élève ou étudiant dispose d'un environnement numérique de travail auquel il peut se connecter pour retrouver toutes les ressources dont il a besoin : des cours, une bibliographie, des vidéos, des exercices, des forums… Tout cela est déjà en place.
Avec le projet UEB Campus, on ajoute des équipements supplémentaires : des salles immersives pour coopérer à distance, des salles de télé-présence, des salles de télé-TD avec la fonction visioconférence et des tableaux blancs interactifs, ou encore des amphithéâtres équipés pour donner des cours à distance.
Mais pour faire fonctionner le tout, il faut aussi des services qui gèrent l'ensemble du réseau et facilite la tâche des utilisateurs. Typiquement, imaginons un professeur qui veut réaliser une captation de son cours. Avec UEB Campus, ce sera automatique. À la fin de la séance, un fichier vidéo lui parviendra avec le cours qu'il vient de réaliser. L'objectif, c'est d'industrialiser la mise à disposition des ressources pédagogiques.

Quelles conséquences sur l'enseignement ?

PR. À terme, c'est clair, les cours magistraux tels qu'on les a connus sont condamnés. Mais attention, il n'est pas question de supprimer l'enseignant. Il s'agit de déplacer son métier. Aujourd'hui, quel que soit le sujet du cours, le contenu existe déjà quelque part sur le Web. Le problème n'est donc plus le transfert de connaissance mais l'accompagnement à la connaissance.
C'est une posture différente où il ne s'agit plus de transfert descendant mais d'échanges interactifs. Pour les gens qui pratiquent l'enseignement, c'est une grosse évolution culturelle, qui doit prendre en compte tous les médias auxquels les élèves ou étudiants peuvent accéder.

Et qu'est-ce qui change pour l'étudiant ?

PR. Il peut maintenant choisir de suivre le cours de manière synchrone ou asynchrone, au moment qu'il choisit. Du coup, le parcours peut être personnalisé, adapté à chacun. L'enseignant peut anticiper en mettant à disposition des ressources dans lequel l'étudiant pourra faire des choix.
L'autre avantage, c'est la dimension sociale : la possibilité de coopérer entre étudiants. Les plateformes de travail collaboratif sont des outils incroyables pour impliquer l'étudiant et dynamiser l'enseignement.

N'existe-t-il pas des freins ou des pièges à éviter ?

PR. L’histoire de l’e-éducation comme celle de l'UEB Campus se construit à coup d'expérimentations des uns et des autres. Peut-on tout enseigner à distance et en asynchrone ? Sans doute que non, mais le bon équilibre reste à trouver.
C’est une période où il est important d’y aller. Dans toute expérimentation, il y a du déchet. Mais il y a aussi des réussites et il faut ensuite construire sur ces réussites. Les meilleures pratiques surgiront et feront modèle pour la suite.

Pour les entreprises, y a-t-il des opportunités ?

PR. Bien sûr. Et on l'a bien vu avec le projet UEB Campus. Cinq groupements avaient répondu, et tous les cinq avaient pris l'appel à propositions comme un vrai tremplin pour l'avenir. Beaucoup étaient des grands groupes, mais il y avait aussi des PME. Ça démontre qu'il existe une mobilisation des entreprises autour de ces sujets là. Dans tout le champ de l'éducation, il y a énormément en faire en termes d’équipements, d'applications, de services, de contenus, etc. Et en Bretagne, il existe des acteurs de qualité.

Pour aller plus loin sur le thème de l’e-éducation
  • Retenez la date du 19 juin, pour un After spécial e-éducation autour de Deborah Elalouf , chef de file du plan industriel e-éducation, et avec Patrice Roturier.
  • Voir notre article sur l'UEB Campus.
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