Sharing ou comment booster les reseaux 4G

Retour au blog

La pente est raide. Le trafic mobile mondial grimpe de plus de 60% chaque année. D'ici 2018, il devrait plus que décupler*. Un défi sans précédent pour toute l'industrie mobile. Le projet européen Sharing rassemble 18 partenaires de 5 pays sur le sujet. Ensemble ils explorent des évolutions de la 4G basées sur un déploiement hétérogène composé de small cells et avec un Wi-Fi intégré, et qui soit entièrement auto-organisé.

C'est la conséquence directe de la démocratisation des smartphones, de la multiplication des tablettes et de notre appétit grandissant pour les contenus vidéo… Le trafic mobile augmente à vitesse grand V, et partout dans le monde en simultané. L'an dernier, le trafic mobile mondial était 18 fois supérieur à la totalité du trafic Internet de l'année 2000*. C'est dire !

Et cette tendance ne peut que s'amplifier avec le déploiement de la 4G. Du côté des opérateurs, on cherche des solutions. Le schéma actuel de réseau radio à base de macro-cellules autour d'antennes de forte puissance atteint ses limites. Il est très performant en termes de couverture, mais limité en capacité d'écoulement du trafic. Quant à l'hypothèse d'une densification des macro-cellules, on préfère l'éviter car les sites deviennent de plus en plus difficiles à obtenir et les coûts sont trop élevés.

Un réseau d'accès hétérogène

Pour le coordinateur du projet Sharing, Arturo Ortega Molina, et la responsable technique, Berna Sayrac, tous deux d'Orange Labs, la solution est dans le compromis. "L'idée est d'utiliser de très petites cellules – les small cells - là où il y a une forte demande de trafic. Et là où le réseau cellulaire ne suffit pas, on accédera aux bandes de fréquences non licenciées par la technologie WI-Fi."

Les small cells sont destinées aux endroits où le trafic est très dense, en intérieur comme en extérieur : dans les entreprises, les magasins et les lieux de grande affluence afin que l’utilisateur conserve une expérience d’usage de qualité en toutes circonstances. La densité du déploiement pouvant être adapté à la demande, elles bénéficient d'une grande capacité d'écoulement du trafic bien qu'équipées d'antennes de faible puissance. Quant aux points d'accès Wi-Fi, ce sont les hotspots déployés par les opérateurs pour couvrir les lieux publics, utilisés ici comme "solution de délestage" du réseau mobile.

Mieux et moins cher

L'objectif de Sharing est l'amélioration de la l'expérience utilisateur (QoE) en proposant des nouvelles technologies et techniques avancées de gestion de réseaux hétérogènes. Avec notamment une gestion flexible des interférences entre macro et micro cellules et l'introduction de mécanismes SON (Self Organizing Network) pour une gestion efficace et adaptable au contexte du partage des ressources radio disponibles. Le tout en optimisant les coûts et en réduisant la consommation énergétique.

Le projet prévoit également un mécanisme de communication "device to device" grâce auquel les terminaux mobiles peuvent être utilisés pour acheminer les communications de proche en proche. Un plus en cas de catastrophe lorsque l'infrastructure est endommagée. Cette fonctionnalité pourra aussi être utilisée pour étendre la couverture des réseaux cellulaires dans le futur.

Commencé en septembre 2013 pour une durée de 30 mois, le projet mêle recherche avancée et préindustrielle. "Un work package est dédié au prototypage. Il s'agit pour nous de démontrer les concepts et d'impacter directement les normes 3GPP, à partir de la release 13, sur le LTE-advanced et ses évolutions."


Le projet Sharing en bref

  • Projet européen Celtic Plus intitulé "Self-organized Heterogeneous Advanced RadIo Networks Generation". Voir la fiche résumé du projet.
  • Il réunit 18 partenaires en Espagne, France, Finlande, Royaume-Uni, Turquie.
    Les partenaires français. Quatre grands groupes : Mitsubishi Electric R&D Centre Europe, NEC Technologies, Orange Labs et Thales Communications France. Trois PME : Idate, Sequans et Siradel. Trois laboratoires : CEA, Eurecom et Supelec.
  • Coût global : 16 M€

(*) Les chiffres sont issus du Cisco Visual Networking Index intitulé Global Mobile Data Traffic Forecast Update, 2013–2018. Selon cette source, le trafic mobile mondial a augmenté de 81% en 2013. Il devrait croître de 61% l'an, pour atteindre près de 11 fois le volume actuel en 2018.

Retour au blog

Ajouter un commentaire