Temoignage d'une femme du numerique : Sophie Deniel

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Pour faire écho à notre article "Plus de femmes dans le numérique !", Sophie Deniel, créatrice de bookBeo, livre un témoignage édifiant. Pour la dirigeante de la startup finistérienne spécialisée dans le développement d’applications mobiles de réalité augmentée, il est clair que la filière gagnerait à s'ouvrir à plus de féminité.

Un monde d'hommes, centrés sur la technique

"L'idée de créer une entreprise m'est venue alors que j'étais femme au foyer, en observant mes enfants et leur habitudes de lecture. Je me suis dit qu'il serait intéressant de prolonger les livres par du contenu multimédia et, par extension, de connecter un objet réel à un contenu virtuel.

Je ne savais pas encore quelle technique j'allais utiliser. Et c'est ça qui était intéressant. Je suis partie de l'usage pour trouver la technologie, sans aucune barrière ni a priori. Aujourd'hui encore, c'est ce que j'essaie de faire pour mes clients : partir des besoins pour imaginer une solution. Beaucoup de startups font le chemin inverse. Le numérique est généralement un monde d'hommes centrés sur la technique.

En tant que femme chef d'entreprise dans le numérique, j'ai participé à de nombreuses conférences. Clairement, les jeunes filles ne s'imaginent pas faire du code. Elles pensent que c'est un monde des ténèbres où l'on est seul derrière sa machine à se battre avec des signes improbables.

J'ai, moi-même, cherché à recruter une femme et je n'ai pas réussi. Au final, j'ai embauché 6 garçons. Nous sommes deux femmes dans l'équipe, toutes deux avec des profils marketing. Et c'est bien dommage, le code mériterait d'avoir un autre point de vue."

Ouvrir les métiers du numérique à d'autres sensibilités

"Au début, j'étais souvent la seule femme dans des projets d'hommes. Ça ne posait pas vraiment de problème, sauf quand j'ai cherché à lever des fonds. C'était en fin 2011, j'étais accompagnée par un cabinet parisien pour prospecter sur Paris quand une des personnes rencontrées m'a clairement dit : on ne va quand même pas investir dans cette histoire de bonne femme. Ça, c'est le pire que j'ai connu.

Sinon, c'était plutôt le contraire. On avait tendance à me mettre en avant parce que, justement, je représentais une certaine différence. Après, il a fallu quand même gagner en crédibilité. Et ça, je ne l'ai acquis qu'à travers le chiffre d'affaires, parce que nous étions toujours en croissance. Dans le monde des affaires, vous n'existez que si vous vendez.

Je pense que c'est vraiment le bon moment pour ouvrir les métiers du numérique à d'autres sensibilités. Si on prend l'exemple de la réalité augmentée, les technos sont abouties alors que les usages ne sont pas encore là. C'est maintenant que les femmes doivent prendre les choses en main."

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