AFTER#10 Realite Augmentee : que faut-il retenir ?

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9 avril 2014, Vincent Marcatté, Président du pôle Images & Réseaux et chef de fil du plan industriel réalité augmentée et David Martin, Directeur de l’Abbaye de Fontevraud inaugurent la scène de Laval Virtual avec un AFTER animé par l’Atelier BNP Paribas. Retrouvez les éléments clefs de ce débat.

Retrouvez l’ensemble de la vidéo sur la chaîne VIMEO

after#10 Réalité Augmentée : du plan industriel aux usages marchés from Images et Réseaux on Vimeo.

Mais que faut-il retenir de cette heure de débat ?

Un marché mondial de la réalité augmentée en pleine croissance

Vincent Marcatté : « un marché émergent, 5 milliards de dollars en marché direct. […] Mais la réalité augmentée ce sont surtout des écosystèmes de productions de technologies et de services et des secteurs d’utilisations multiples.  […] Un marché prometteur avec une place à prendre et en France on a les atouts et les compétences […] Le plan Industriel Réalité augmentée a identifié des marchés les plus prometteurs : les Industries culturelles et créatives et loisirs, l’usine du futur, l’urbanisme, le e-commerce et la conduite augmentée. On a ajouté la santé, un marché spécial en terme de réglementation et la formation en transversal. »

La réalité augmentée pour donner de nouvelles expériences

David Martin : « Le patrimoine et la culture c’est d’abord une économie et l’un des enjeux est de renforcer l’attractivité de l’offre. La réalité augmentée est une opportunité pour rendre plus attractives les destinations patrimoniales et culturelles en proposant de nouvelles expériences à nos visiteurs. […] La RA est intéressante si elle sert à raconter des histoires et à faire vivre des expériences.  […]  Rapidement on se heurte à une problématique de récit et de perception pour dépasser l’effet « wouah »  […]  Les lieux de patrimoine sont des lieux vivants et la RA est une piste pour nous projeter dans le futur avec une utopie patrimoniale et de nous projeter dans un univers artistique. »

La RA, un moteur ou un gadget ?

Vincent Marcatté : « Il peut y avoir un premier effet perçu de gadget recherché par certains mais ce n’est clairement pas notre objectif. Au niveau du plan on se focalise sur faire-savoir aux décideurs que la Réalité Augmentée dans sa dimension multi sensorielle va les aider à être plus performants, à être compétitifs. Et on a cherché des projets emblématiques qui vont raconter la Réalité Augmentée et sortir de l’effet gadget.  […] Ensuite nous travaillerons sur le passage à l’échelle pour pénétrer l’économie. Car la Réalité Augmentée est un axe fort de différenciation. »

Des exemples d’applications : L’Usine du futur

Vincent Marcatté : « Le plan Usine du Futur a également identifié la RA comme un vecteur important de gain de compétitivité pour l’industrie française : assistance à l’opérateur, contrôle qualité, formation, … autant d’applications pour la réalité augmentée. »

Et du côté des technologies ont en est où ?

Vincent Marcatté : «  Il y a encore des verrous technologiques pour certains domaines mais on a suffisamment de maturité technologique en France. Aujourd’hui le message du plan c’est qu’il faut déployer. Il y a encore du travail de recherche et d’innovation, mais il y a des technos et des champions potentiels en France.»

David Martin : «  Aujourd’hui la difficulté c’est la question des devices pour les utilisateurs. Aujourd’hui les devices sont conçus pour un usage domestique. L’exploitation avec un grand public est plus difficile. Comment passe-t-on d’un usage domestique stabilisé à un usage collectif ? Dès qu’on sort du champ de l’expérimentation et que l’on passe au stade de l’exploitation, c’est plus difficile.»

La Réalité Augmentée, des écosystèmes qui émergent ?

David Martin : « On porte une plateforme régionale d’innovation, IDEV qui regroupe le champ culturel, le champ touristique et le champ du numérique, des champs qui pèsent lourds dans l’économie nationale.  […] L’objectif est de penser l’expérience de visite. Ergonomie, neurosciences, histoires, questions du récit, sciences humaines, …on mélange les acteurs pour rendre l’innovation technologique moins froide et de passer rapidement de l’expérimentation à l’exploitation pour faire basculer notre économie touristique. »

Vincent Marcatté : « Pour créer des écosystèmes le plan a mis en place des projets quickwin et une proposition portée par plusieurs acteurs de plateforme « RA Factory » pour permettre aux développeurs de s’appuyer sur des briques technologiques pour développer des applications. La Réalité augmentée « as a service » pour passer à l’échelle et inventer de nouvelles utilisations et de nouveaux écosystèmes. […] Il y a énormément de compétences, avec les pôles Images & réseaux, Cap Digital, Systematic, les IRT avec b<>com et Jules Verne et l’association française de réalité virtuelle qui rassemble de nombreux acteurs.  On regarde avec eux pour mettre en scène dans un observatoire les compétences sur lesquelles s’appuyer pour ne pas avoir à réinventer la roue à chaque fois.»

Et pour trouver des fonds, vers qui peut on se tourner ?

David Martin : « Globalement on a des écosystèmes assez riches et si on s’en donne la peine c’est assez facile de trouver les bons interlocuteurs et les fonds. Si on a de bons projets on arrive à trouver des fonds, publics et également des investissements privés. […] Surtout en Pays de la Loire on est assez bien soutenu. On a beaucoup de systèmes, il faut arriver à les mettre en cohérence. Mais les conditions pour que les projets poussent sont plutôt favorables. »

A l’Abbaye de Fontevraud, qu’elles sont les expériences proposées aux visiteurs ?

David Martin : « On travaille d’abord pour l’équipe, avec la RA sur la modélisation des flux, les projets d’aménagement, de signalétiques, … C’est un outil de travail interne prometteur. On a 2 projets avec le public : le premier est d’utiliser les 360 degrés non utilisés, on va utiliser la RA pour ajouter de l’imaginaire et de ramener un système narratif avec un système issu du cinéma d’animation pour ramener ces espaces « secrets » au public. La 2ème piste c’est d’offrir à des artistes et architectes la capacité d’imaginer Fontevraud en 2100. Et la réalité augmentée et sa capacité de virtualisation est importante pour ramener une approche artistique ou architecturale. […]  La Réalité Augmentée est là pour forcer l’imaginaire pour apporter une expérience, un récit, des émotions. Le champ culturel et touristique est un débouché et un laboratoire de test et de maturation du public. »

Le mot de la fin

Vincent Marcatté : « D’ici un an j’espère qu’on parlera non seulement de Réalité Augmentée, mais aussi de compétitivité augmentée, d’émotions augmentées, de ville augmentée, d’homme augmenté, de vie augmentée pour que chacun puisse inventer des expériences utilisateurs sur tous les marchés pour trouver des débouchés. »

 David Martin : « Deux vœux : que l’on n’oublie pas la dimension sensible, sensorielle, poétique, c’est une des conditions du succès de la Réalité Augmentée et qu’on arrive à faire que les acteurs culturels aillent voir des industriels pour avoir une jonction intelligente et pertinente qui sera bénéfique pour tout le monde. »

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