MJEDI : la compression video pour les pros

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La compression vidéo MJPEG-2000 est au centre du projet MJEDI. Cette norme possède de multiples avantages mais les coûts d'encodage/décodage en limitent les utilisations. Grâce au projet, il existe maintenant une plateforme entièrement logicielle pour traiter le flux vidéo. Cette technique plus souple et moins onéreuse que l'existant doit permettre de développer de nouvelles solutions de vidéo professionnelle pour le cinéma numérique, la télévision ou encore les applications médicales.

Alors que d'autres algorithmes traitent les images par courtes séquences, MJPEG-2000 compresse les images une à une et, selon l'exigence de l'application, quasiment ou complètement sans perte de définition. Ce sont ces qualités et la possibilité de crypter chacune des images qui font actuellement de MJPEG-2000 l'algorithme de base des formats de compression pour le cinéma numérique.

Le problème, ce sont les ressources mobilisées par le traitement : les solutions d'encodage/décodage MJPEG-2000 à base de cartes électroniques coûtent très cher. D'où l'idée, à la base du projet MJEDI, de développer à moindre coût une plateforme de codage/décodage haute résolution pour le streaming sur IP.

Des résultats meilleurs que prévu

Aimad Rhatay, de Lead Tech Design est le coordinateur du projet : "Au départ, nous étions partis sur une solution mixte de traitement logiciel couplé à une accélération matérielle. Mais finalement nous sommes allés beaucoup plus loin. Grâce à la montée en puissance des nouveaux processeurs, nous avons développé une solution entièrement logicielle."

L'avantage de cette solution, c'est la facilité de maintenance et la souplesse. "Avec la plateforme MJEDI, on est capable de gérer plusieurs Haute Définition ou Ultra Haute Définition sans se ruiner. Par exemple, dans le cas de la solution que nous sommes en train d'étudier, on pourra traiter simultanément 8 canaux 2K, ou 2 canaux 4K ou 1 canal 8K. C'est ça l'apport fondamental du projet : une solution logicielle entièrement scalable et évolutive."

Au plan R&D, il fallait réussir à traiter de telles définitions en temps réel. "L'implémentation des algorithmes MJPEG-2000 sur une architecture multi-cœurs était en soi un défi technologique. Il fallait une parfaite maîtrise du standard de compression pour paralléliser les tâches."

À la recherche de bêta-testeurs

L'obstacle est maintenant contourné. Il reste à construire une solution pour les marchés visés : principalement la contribution vidéo (le transport de contenus vidéo par exemple entre deux studios ou entre un stade et un studio), et les applications médicales. Ces dernières imposent que la latence – le délai de traitement d'image - soit très faible, ce qui est une autre qualité remarquable de MJPEG-2000.

"Le cœur de compression est au point et nous travaillons maintenant sur des démonstrateurs. Nous cherchons des bêta-testeurs pour qu'ils définissent avec nous leurs besoins et leurs exigences, afin de les démontrer."

Les retombées prometteuses sont toutefois partiellement compromises par l'arrivée récente d'une norme concurrente : le HEVC (High Efficiency Video Coding). "Nous espérons commercialiser, mais ce n'est pas gagné car, pour l'instant, les gens attendent de voir quel standard va s'imposer. Le HEVC est meilleur dans l'utilisation de la bande passante, mais moins bon en qualité d'image et en latence. À nous de convaincre que nous sommes capables de proposer des solutions technico-commerciales intéressantes."

Le projet MJEDI en bref

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