[ZOOM 53] Geographie de l'innovation (2/3) "Creativite culturelle : terre d'excellence"

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Après un panorama général sur les enjeux géographiques de l'innovation, poursuivons ce cycle avec la créativité culturelle, terre d'excellence. 

Deux faits stylisés méritent d'être pris en considération:

  • le numérique est le moteur de croissance des industries créatives et culturelles[1],
  • la créativité (et notamment la créativité culturelle et artistique) est encore un des domaines où la France excelle[2].

Si la France se situe en 7ième position de ce classement sur l’image instantanée des pays (cohérence perçue) – soit entre la 6ième et la 10ième position selon les critères -, elle se situe en 1ère position pour la créativité culturelle et artistique. Son image projetée (perception de la performance à tirer profit de la mondialisation) est loin du compte (19ième position).

A cet égard donc la France (1ère destination mondiale du tourisme, parmi les premiers pays pour le patrimoine historique, religieux, culturel, parmi les premiers pays pour les festivals, ... ) bénéficie d’un atout considérable, si culture , créativité et innovation – notamment dans le champ numérique – voulaient bien se rejoindre.

Plusieurs collectivités ont annoncé ou réalisé des projets ambitieux alliant les industries créatives et culturelles et l’économie numérique (notamment en Pays de la Loire et en Bretagne – quartier de la création à Nantes, French Tech, plate-forme créative à Angers,  ... -). Les « quartiers  numériques », faisant suite aux « cantines numériques » seront très probablement un relais pour ces initiatives vers les entreprises où à l’image des grands acteurs nord-américains, l’intégration tout au long de la chaîne de la valeur via des écosystèmes est un facteur clé de succès[3].

La culture et notamment la culture « numérique » peuvent être des actes positifs de la future loi de décentralisation, d’autant plus que d’autres poussées sont d’ores et déjà sensibles pour accentuer l’implication des régions dans la R&D et l’innovation.

Dans un récent rapport la CDC[4] fait ressortir les paradoxes de l’économie numérique :

  •  paradoxe géographique: hyperlocalité et ubiquité : les écosystèmes numériques présentent une très forte concentration de talents sur un lieu géographique alors qu’Internet permet de concevoir, de développer et vendre quelle que soit la localisation des équipes ;
  • paradoxe temporel : les cycles d’innovations sont plus rapides que le rythme d’assimilation de la société, alors que le cycle de développement des écosystèmes est long (20 ans) et que le besoin de stabilité du cadre fiscal est également long (7 à 10 ans) ;
  • paradoxe darwinien : les innovations en rupture apparaissent là où on ne les attend pas et souvent  hors des filières existantes alors que faire émerger des champions suppose des investissements sélectifs et massifs.

Ces trois paradoxes donnent une nouvelle dimension à la géographie de l’innovation, celle de la capacité de stabilité du cadre économique et notamment de la disponibilité d’un environnement financier propice, assurant alors l’accès aux investisseurs respectant ce cadre local, massif, sélectif et stable sur le moyen-long terme.  On retrouve alors les exemples de la Silicon Valley ou de la région de Seattle ou de Boston.

Dernier en date des rapports, celui d’Ernst & Young (Baromètre de l'attractivité de la France 2014) où l’attractivité est mesurée a posteriori par le nombre de projets d’implantation des sociétés en France (Investissement Directs de l’Etranger. 

On y retrouve notamment ce qui fait (ou fera) l’attractivité de la France. Bonne nouvelle la « capacité d’innovation » est non seulement en bonne place, mais sa reconnaissance progresse. L’Allemagne et le Royaume Uni restent cependant mieux placés dans cette hiérarchie de l’attractivité.

La semaine prochaine nous poursuivrons avec la corrélation entre culture et innovation. Mais si d'ici là vous souhaitez lire le zoom en entier, RDV sur l'Espace Collaboratif dédié. Vous y retrouverez également toutes les annexes. 

 


[1] Booz & Cie (2013).

[2] Nation Goodwill Observer (2012) – W & Cie, Ernst & Young, HEC Paris, Havas Design+, Cap -.

[3] Que seraient l’iPod sans iTunes, l’iPhone sans l’App Store, ... ? Idem pour Google, Android, Google Play, YouTube, ... ?

[4] Caisse des Dépôts et Consignations.

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