<< Le plan Cybersecurite s'appuiera sur les bassins naturels des territoires pour mobiliser les acteurs, le grand Ouest est l'un des terrains d'excellence identifie en France >> Guillaume Poupard (ANSSI)

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Images & Réseaux poursuit sa série consacrée aux plans de la Nouvelle France Industrielle avec la présentation du plan Cybersécurité porté par Guillaume Poupard, Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Comment faire de la cybersécurité un vecteur de croissance et d’emploi ? Avec sa feuille de route ambitieuse, mais néanmoins pragmatique pour les entreprises, Guillaume Poupard nous explique comment il compte poser les jalons et structurer une filière qui saura répondre aux enjeux internationaux. 

Quel est l'ADN du plan cybersécurité validé le 4 juin dernier par Arnaud Montebourg, ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique?

Guillaume Poupard : Comme la plupart des autres plans de la Nouvelle France industrielle, le plan cybersécurité associe des industriels, grands groupes et PME, des représentants des utilisateurs et des étatiques. Cependant le plan cybersécurité est le seul à avoir à sa tête un représentant étatique avec l'ANSSI.

Pouvez-vous nous expliquer les grands objectifs de la feuille de route qui a été validée ?

GP : La volonté première est d’accroître la demande en matière de sécurité. Il faut expliquer la menace pour développer la demande, car aujourd'hui en France les acteurs n’ont pas tous conscience des risques. Et dans la continuité, nous entendons aider les entreprises à développer des services et des produits de sécurité répondant aux besoins. Nous voulons apporter de vraies réponses de sécurité et structurer l'industrie de cybersécurité en France et en Europe.

Quelles vont être les grandes actions ?

GP : Parmi les axes principaux, il y a, dans un premier temps, la création d’un Label France, à l'image de ce qui peut se faire en Allemagne par exemple. L’objectif est de permettre aux entreprises, notamment aux PME, de valoriser leurs produits avec un apport de visibilité et de communication. En parallèle, l'export est également un axe prioritaire. Le marché domestique français est insuffisant pour animer une filière et développer une R&D de haut niveau. C’est pourquoi il faut se tourner vers le marché européen et les marchés émergents notamment au Moyen-Orient, en Asie ou en Amérique du Sud. Cela permettra de consolider les entreprises françaises et de rendre pérenne notre tissu industriel en cybersécurité. Enfin, la création d’une plateforme technique permettra de rassembler des acteurs étatiques, académiques et industriels, pour tester l’interopérabilité et l’efficacité des produits de sécurité.

Quels liens voyez vous avec des actions sur les territoires comme le pôle cyber excellence en Bretagne ?

GP : Les IRT, les pôles de compétitivité, le pôle cyber excellence en Bretagne, bassin naturel pour tout ce qui est défense, ... Nous sommes bien dans une synergie où les travaux doivent être mis en commun. Cette idée se retrouve également dans la Nouvelle France Industrielle. En effet, des passerelles vont être mises en place entre le plan cybersécurité et d’autres plans comme ceux consacrés au Cloud ou à la Souveraineté télécoms. Nous sommes en train de nous synchroniser sur des actions communes. Les réalités locales sont importantes. Il faut donc profiter des liens naturels entre les territoires pour se synchroniser entre les plans, car ce sont les mêmes acteurs et l'économie fonctionne en réseau.

Si aujourd'hui on est une PME dans la cybersécurité et que l’on veut s’investir dans l'une des actions du plan comme on fait ?

GP : Il y a aujourd'hui 16 grandes actions définies avec des pilotes. Bien entendu, on va élargir les discussions en allant chercher les bons acteurs. Cela va en particulier passer par les groupements ou associations de PME. L ´objectif est de faire se rencontrer le plus d'acteurs possibles pour que tous, même concurrents, travaillent ensemble notamment dans le domaine de la recherche et des plateformes d'expérimentation, pour créer des « équipes de France » solides avec le soutien étatique. Ainsi, l’ACN (Alliance pour la Confiance Numérique) travaille déjà sur le label. Des actions concrètes vont se mettre en place rapidement. On n'a pas le temps d'attendre car les leaders mondiaux avancent très très vite.

 

Par ailleurs Images & Réseaux vous invite le 26 septembre à venir découvrir les plans de la Nouvelle France Industrielle et leurs opportunités pour les PME. 

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