Comment attirer les creatifs ? Parole RH avec Valerie Cottereau, Artefacto

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"Notre métier n'est pas de faire du Spielberg, c'est de répondre à un cahier des charges client."

Artefacto cumule les bonnes nouvelles. La société spécialiste des outils de communication 3D vient d'emménager dans ses nouveau locaux de Betton (inauguration le 14 octobre), elle prévoit une nouvelle progression en 2014 pour atteindre et dépasser 2,8 M€, sa renommée en matière de réalité virtuelle, réalité augmentée et visualisation 3D ne cesse de grandir à l'export, et sa nouvelle activité d'édition de logiciels en mode SaaS prend bonne tournure… Si bien que l'équipe, 48 personnes aujourd'hui, grandit et se structure.
L'occasion pour Valérie Cotterau, PDG de l'entreprise, de partager sa vision de la gestion des ressources humaines et des spécificités d'une activité qui mixte compétences techniques et créatives.

La mixité des profils techniques et créatifs, c'est compliqué ?

Valérie Cottereau. Oui, clairement. Et c'est aussi toute la richesse de notre métier. En dehors des fonctions administratives et commerciales, nous employons essentiellement deux types de profil : des ingénieurs en développement, qui peuvent être hyper techniques, et des spécialistes du graphisme 3D, ancrés dans l'univers de la création.

Ce sont deux mondes qui se télescopent et qui ont parfois du mal à se rencontrer. Notre quotidien, c'est de parvenir à ce que tous fonctionnent ensemble. C'est une alchimie complexe, et il est fondamental pour nous de se le rappeler tous les jours.

En termes d'organisation, quelles conséquences ?

VC. Historiquement, nous étions organisés en deux services disjoints. Et l'on fonctionnait par phases : d'abord les graphistes qui produisent le contenu, puis les développeurs qui encapsulent ce contenu.

Aujourd'hui, il n'est plus question de ça. Nous fonctionnons en mode projet, avec un chef de projet unique qui chapeaute le graphisme et les développements. De la même façon, les postes de travail ne sont plus figés. Petit à petit, les gens s'habituent à se déplacer et à se regrouper par projet. Le rapprochement géographique crée naturellement du liant. Et ça, c'est important !

Rencontrez-vous des difficultés de recrutement ?

VC. C'est une préoccupation permanente et, pour être franche, on en bave. Pour les profils techniques, pas de souci particulier. Sur un point spécifique il arrive que l'on recrute au niveau national, mais sinon le territoire est bien doté.

Le problème se situe au niveau des créatifs. Nous avons clairement du mal à faire venir des talents. Comparé à Rhône-Alpes ou Marseille, le bassin rennais est relativement étroit pour ces profils de poste, donc moins attirant.

Par ailleurs les formations dispensées localement ne correspondent pas à ce que nous nous produisons. On fait miroiter aux jeunes qu'ils seront réalisateurs, qu'ils créeront du film d'animation. Mais nous n'avons pas ce type de poste à proposer. Et si l'on embauche quand même, on risque de créer des frustrations.

Ce dont nous avons principalement besoin, ce sont des gens formés à la réalisation de films industriels ou techniques, et des infographistes 3D, capables de produire des maquettes 3D temps réel légères et de qualité. Notre métier n'est pas de faire du Spielberg, c'est de répondre à un cahier des charges client.

Pour recruter, quelles sont vos pratiques ?

VC. Nous procédons de façon empirique, avec de plus en plus de communication sur l'entreprise pour attirer des talents. Avant, on se contentait de publier une annonce et d'attendre que ça arrive. Aujourd'hui, même si l'on utilise toujours les canaux classiques, on cherche à être proactif : repérer des gens et essayer de les convaincre. Dans l'idéal, nous voulons des gens formés, qualifiés et opérationnels tout de suite.

Nous utilisons beaucoup les réseaux sociaux professionnels, comme LinkedIn. Pas seulement pour trouver le bon profil, mais aussi pour être plus visibles. Recruter, c'est d'abord créer l'envie de venir travailler chez nous.

Plus sur Artefacto : www.artefacto.fr


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