Comment devenir un Quartier Numerique ?

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Jean-Pierre Jouyet a fixé les règles pour participer à ce dispositif, en même temps qu’il en définissait le contenu, dans sa mission de préfiguration. Pour exister, il faudra notamment rassembler de nombreux types d’acteurs du numérique autour de la table.

Dans son rapport, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) détaille de manière très stricte la manière dont elle envisage la constitution des Quartiers numériques. La structure même de ces clusters est mise en place par les collectivités locales, après réponse à un appel à projet, sous forme de groupement d’intérêt public (GIP) ou de société d’économie mixte (Sem) par exemple. Une charte pose ensuite les critères permettant d’obtenir un label, de la même manière que pour les Écocités :

1 – Un quartier clairement délimité et accessible, à moins de 30 minutes du centre-ville, de l’aéroport et la gare TGV de la métropole.

2- Proposer une offre immobilière attractive avec des conventions d’hébergement souples (à fréquence mensuelle), sur une surface utile d’au moins 50 000m2.

3 – Déployer l’Ultra haut débit fixe et mobile.

4 – Assurer l’existence d’un écosystème d’acteurs, susceptible de créer un effet d’entrainement.

5 – Présence d’un Fab lab.

6 – Développer la mise en réseau avec les autres quartiers (ex : bureaux de passage dédiés aux autres quartiers).

7 – Offrir des dispositifs pour simplifier au maximum les démarches administratives des entreprises, en lien avec les structures de l’État.

8 – Instituer une gouvernance locale avec les acteurs clés.

La composition du cluster est particulièrement détaillée dans les critères concernés (4 et 8). La Caisse des dépôts souhaite ainsi la présence d’au moins un « Tech Champion », c’est à dire une entreprise pouvant jouer le rôle de mentor. Elle doit aussi cumuler un chiffre d’affaire supérieur à 5 millions d’euros, plus de 25 employés, une croissance d’au moins 25% par an et réaliser au moins 40% de son CA à l’international. Le groupement devra aussi impliquer « un acteur de l’enseignement supérieur » ayant « un département de pointe spécialisé dans le numérique », un grand groupe ayant une partie de sa R&D dans le Quartier, une école de formation à la programmation informatique, un ou plusieurs incubateurs (ou accélérateurs).

Une gouvernance incarnée par un Chief Digital Officer

Pour la partie investisseurs, il faut pouvoir compter sur au moins une équipe d’investisseurs en capital-risque, de même pour l’amorçage ainsi qu’un groupement local de Business angels. La présence d’un pôle de compétitivité sur le territoire est vue comme « un atout » avec lequel mettre en place « une coordination ». Enfin un des acteurs présent « devra assurer une animation des communautés du Quartier ». Il s’agira d’une « association professionnelle, un exploitant du bâtiment ou une Cantine ». La gouvernance de cet ensemble sera incarnée par un « Chief Digital Officer » nommé par les collectivités. Le profil est même décrit comme « une personnalité issue de la communauté locale des entrepreneurs du numérique ». Parmi les préconisations, on retrouve aussi une volonté de séparer l’intervention des collectivités locales du soutien de l’État. Ce dernier reste ainsi à l’écart du projet d’aménagement proprement dit des métropoles concernées. La remise officielle du label, n’intervient qu’une fois tous les critères réalisés. Il est nécessaire au préalable de signer une charte nationale ainsi que de déterminer un calendrier. Reste qu’il ne s’agit que d’un document de travail, Fleur Pellerin, Louis Gallois et Jean-Pierre Jouyet devant organiser un appel à projet ou à manifestation d’intérêt dans les 2 mois. Il reste donc désormais aux territoires voulant mettre en place cette démarche le soin de se faire connaître, le tout dans un contexte pré-électoral pour les municipalités.

Article original par Anthony Chénais pour Le Mag Numérique rennais

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