LeWeb 12 : Quand le monde virtuel s'invite dans le monde reel

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Comme nous l'avons déjà écrit dans notre premier article, LeWeb 12 et l’Internet des objets ont fait salle comble la semaine dernière à Paris. Un thème décidément très surveillé car c’était aussi le thème de la quatrième Technoférence organisée par le pôle et qui s’est déroulée Mardi 11 décembre à Lannion.  Les prévisions ont de quoi faire tourner les têtes : en 2008, le nombre d’objets connectés a dépassé le nombre d’humains sur Terre, et ce chiffre devrait atteindre les 50 milliards en 2020 selon un rapport de Cisco ( 100 milliards d'ici 5 ans d'après Marcus Shappi, CEO de Ninja Blocks ! ). Un foyer Occidental moyen pourrait bien comprendre près d’une vingtaine d’objets connectés d’ici moins de dix ans. 

Mais presque paradoxalement, c’est l’humain qui va se retrouver au centre de tous ces objets communicants ; ceux-ci n’ayant pour fonction que de nous redonner la possibilité de prendre la mesure et le contrôle de notre environnement et de notre corps. De l’avis de plusieurs intervenants, c’est l’humain qui doit être la plateforme au centre des objets connectés.

La maison et la santé sont deux domaines regroupant une grande partie des objets connectés montrés à LeWeb. Sur le marché du « quantified self », la création de data autour de l’individu, on a pu voir Fitbit et Withings deux entreprises proposant une gamme de gadget allant de la balance au podomètre permettant de créer des données autour de la santé de l’utilisateur (poids, rythme cardiaque, distance parcourue) et de suivre sa propre évolution en temps réel. 

Le vrai départ de la domotique grand publique ?

Cela fait des années que l’on parle de la domotique et des années qu’elle reste un sport de riche. La foule d’innovation que l’on a pu apercevoir durant ces trois jours pourrait bien changer cet état de fait. On peut citer Le projet Nest, un thermostat intelligent pensé par l’inventeur de l’iPod, qui va apprendre à chaque fois que vous le réglerez.

Etait égallement présent à Paris Smart Things qui fait parler de lui depuis quelques temps déjà. Lancé avec succès via Kickstarter, (plus de 1.2 millions de dollars reçu par le site de Crowdfounding), cette entreprise propose pour un prix de départ de 300 dollars de connecter vos objets de tous les jours. Par le biais d'une panoplie de capteurs, Smart things connecte votre maison et même votre chien à une box pilotable par Smartphone. Par un système simple d’action / réaction, vous allez pouvoir savoir si votre chien est sorti d’un périmètre donné, ou régler le chauffage pour se couper automatiquement quand personne n’est à la maison. Le CEO de Smart Things a annoncé vouloir s'ouvrir à tous les développeurs et lancer un concours débouchant à terme sur une plateforme d’applications. De manière plus gadget, Lockitron connecte votre porte d’entrée et vous permet de la verrouiller et déverrouiller à distance, sans clés, simplement avec votre mobile et même recevoir des notifications quand quelqu’un frappe. Ou encore LIFX, une ampoule connectée pilotable par smartphone et dont on peut changer la couleur à volonté.

La maison connectée était également présente du côté du stand de France télévision qui a offert un des meilleurs stands du salon en présentant notamment, la startup Sensorit qui a développé un dispositif capable de rendre tactile n’importe quelle surface. Sur le stand, une banale table basse pouvait piloter la télévision. Ou encore une étonnante connexion LI-Fi, de l’internet sans fil passant par la lumière fonctionnant par modulation d’onde lumineuse. Une LED s’éteint et s’allume plus de 100 millions de fois par seconde et un capteur lumineux décrypte de l’autre côté ce morse à très haute fréquence. Les avantages, d’importants débits et l’absence d’onde électromagnétique notamment. La Startup Oledcom à l’origine du projet, fondée par un enseignant-chercheur de l’université de Versailles, travaille déjà avec la SNCF qui s’y intéresse pour envoyer des données là où Internet et les satellites ne passent pas.

Les défis à relever

Les enjeux seront bien sur techniques, comment le réseau supportera-t-il l’importante augmentation du nombre d’objets connectés et de données en transit ?L’IPv6, et les réseaux 4G semblent être une partie de la réponse, mais un certain nombre de standard restent encore à définir. Preuve de ce questionnement, le fait que le prix de la compétition des Startups soit allé à QUNB, qui se présente comme le YouTube des données et se propose de centraliser les data pour en faciliter le traitement et l’utilisation.

Les autre prix de la compétion des startups sont allé à deux autres entreprises françaises : BeBound, un système de connexion à Internet par sms. Et le troisième prix pour Recommend, un service de recommandation en Crowdfounding.

« Data Scientist » un métier d’avenir ?

Il est acté que la création de données autour des individus va aller en s’accélérant, l’autre grand défi va être de faire parler toutes ces données. Connaître son rythme cardiaque ou sa courbe de poids c’est bien, mais pouvoir articuler ces données avec toutes celles produites par les objets de notre environnement afin d’en retirer de l’information réellement pertinente c’est mieux. Comme le souligne DJ Patil, Data scientist lors de son excellente intervention, si on construit déjà des moteurs d’avions qui peuvent dire d’eux-mêmes quand ils ne fonctionnent plus, pourquoi les médecins ne peuvent-ils pas regarder vos données et vous appeler pour vous dire que vous êtes malade ?

Cette capacité à transformer des données en information utile va certainement valoir de l’or dans un monde ou les données sont abondantes et émanent de toutes part. 

Enfin, comme l’a souligné Brian Solis lors de son intervention, les développeurs ont l’occasion de ne pas « seulement » développer des objets mais bien des expériences, et faire naître chez les utilisateurs des comportements complètements nouveaux. L’homme va selon lui se retrouver complètement reprogrammé par tous ses objets connectés. Le monde virtuel et le monde réel ne semblent plus si éloignés …

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