[Lu pour vous] #EEducation, le prof est-il irremplacable ?

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Tandis que le HTML fait sa rentrée scolaire chez les plus jeunes, que le Ministère de l’éducation lance des chantiers autour de l’éducation numérique, la CASDEN, Banque coopérative des personnels de l’Education, de la recherche et de la culture, publie en cette rentrée les résultats d’une enquête réalisée avec Opinionway dont le titre parle de lui-même : « Le Prof est-il irremplaçable ? ».  Et à première vue en lisant l’enquête, la réponse est oui. En effet 84 % des sondés (échantillon de 1 005 personnes) estiment avoir toujours « besoin » des enseignants. Le numérique va-t-il mettre à l’écart les enseignants ou réinventer un métier ? Lecture des résultats.

Si l’enseignant est perçu comme indispensable, son rôle doit néanmoins évoluer. Ainsi 54% des répondants estiment qu’Internet change le rôle des enseignants. Internet est aujourd’hui dans les mœurs des élèves qui l’utilisent notamment pour les devoirs (86 %).

L’étude a été analysée par le sociologue Ronan Chastellier, maître de conférences à l’Institut d’Études Politiques de Paris. Ce dernier, sur le site de la CASDEN, explique que « l’ère du numérique va probablement susciter une hausse du niveau d’exigence scolaire et que l’on aura encore plus besoin d’enseignants et de cadre pédagogique. Le contact des élèves avec des sources d’informations démesurées et hétéroclites renforce le besoin d’une médiation, d’un éclaircissement par un interlocuteur qui rend les messages compréhensibles ».

Cette utilisation pour les devoirs est perçue comme plutôt positive par 67 % des sondés tandis que l’arrivée des outils numériques à l’école reçoit un accueil favorable.

Internet donne accès rapide au savoir et concurrence ainsi les connaissances de l’enseignant. « De plus, les élèves seraient en situation de contester l’enseignement du professeur et de perturber son flux et son raisonnement par des interruptions intempestives », analyse le sociologue. Cependant le rôle de l’enseignant est d’établir une différence entre le savoir et le superficiel. « En gros, il se retrouve en position de mettre de l’ordre, mais aussi, d’insuffler du sens et de la cohérence. Au-delà de cela, son rôle évolue et s’enrichit avec Internet qui lui permet, entre autres, de développer de nouvelles méthodes pédagogiques pour le bénéfice de tous les élèves. En effet, Internet apporte beaucoup de connaissances, aujourd’hui mais l’enseignant reste le seul à détenir les bons moyens pédagogiques et une approche relationnelle essentielle pour la transmission de savoir aux élèves.» conclut Ronan Chastellier.

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