Lu Pour Vous : Les Mooc

Retour au blog

En anglais on les appelle les MOOC pour massive open online course, en français ce sont les CLOM pour cours en ligne ouvert et massif et c’est un sujet qui a le vent en poupe en ce moment. Ces cours prodigués en ligne sont déjà suivis par des millions de gens dans le monde, et la France commence à sérieusement se pencher sur le sujet à son tour. La dématérialisation atteint l’enseignement et promet de transformer l’université et de révolutionner la manière d’enseigner. Si mettre à disposition des étudiants le savoir des universités via le réseau n’a rien de proprement nouveau, les TIC permettent désormais le développement de ce type de cours.

Le développement numérique des universités fait partie des orientations de la loi sur l’enseignement supérieur de la ministre Geneviève Fioraso voté en première lecture à l’assemblée le 28 mai dernier. Un plan d’action ainsi qu’un fonds spécifique seront déployés. Avant cela, le ministère avait lancé en février dernier le plan « France Université Numérique » dont un des objectifs est que 20% des cours soient disponibles en ligne d’ici 2017, un chiffre qui atteint les 3% aujourd’hui. Le plan d’action prévoie de mutualiser et de rationaliser la mise en ligne des cours entre les universités, en s’appuyant sur ESUP-Portail, un consortium de 72 établissements pour piloter cette mutualisation.

La France commence doucement ses premières expérimentations. France Télévision éducation et l’éditeur de contenus interactifs Pythagora son sont associés pour proposer aux bacheliers des cours de révisions en ligne pour l’épreuve de philosophie. 18 leçons de 30 minutes communes à toutes les filières entrecoupées de tests et enrichie de fiches de synthèses et de textes à télécharger.

Orange se penche également sur ces mooc et prépare pour cette année une plateforme francophone fédérant universités et grandes écoles. Du côté des grandes écoles, Télécom Bretagne joue les pionnières en mettant en ligne un mooc à l’initiative de quatre enseignants-chercheurs sur le thème des réseaux cellulaires.

On peut dater le départ du boom des MOOC à novembre 2011 alors que Sebastien Thurn, professeur à l’université de Sanford dispense sur le site internet de la fac un cours sur l’intelligence artificielle. Alors que 10 000 étudiants étaient attendus, 160 000 ont assisté au cours. Quelques mois plus tard, il fondera le site Udacity, une des premières plateformes de cours en ligne. Une initiative qui en a appelé d’autres, la même année Coursera est lancé, une plateforme de publication de cours en ligne  réunissant 70 partenaires dans le monde entier. On y trouve des enseignements des universités de Stanford, Columbia, Yale et même de l’École polytechnique française, l’université de Toronto ou des universités australiennes. Sa principale concurrente est edX une plateforme lancée en avril 2012 conjointement par Harvard et le MIT qui ont mis les grands moyens en investissant près de 60 millions de dollars. EdX compte aujourd’hui l’université de Berkeley parmi ses partenaires. Ces trois plateformes comptent aujourd’hui plus de 3 millions d’étudiants.

Bien qu’ils aient connu un succès fulgurant, le fait est que l’on manque encore de recul sur ce phénomène et si l’engouement est présent, les retombées sont encore floues. Les plateformes citées plus haut n’ont pas encore trouvé de business model malgré les noms prestigieux qui en sont à l’origine. Hélène Lejeune directrice de l’Enaco, une école de commerce qui a récemment ouvert son premier mooc répond dans une interview à Frenchweb, que ces Mooc sont d’abord une excellente vitrine pour les universités et les grandes écoles, et peuvent permettre de repérer des talents qui n’auraient pas pu être repérés de manière traditionnelle.

Outre les avantages pratiques qu’apporte la dématérialisation des enseignements, quels sont les avantages pédagogiques de ces méthodes ?

Pour les universités, s’agit-il d’un moyen d’enseigner à plus d’élève à moindres frais ? S’agit-il d’une alternative crédible à l’enseignement traditionnel, celui-ci est-il menacé ? Et plus globalement, comment le numérique va-t-il changer l’organisation de l’enseignement

N'oubliez pas que vous pouvez toujours répondre à notre enquête sur outils de eille du pôle, pour nous permettre de mieux cibler vos attentes en matière de veille. Le questionnaire est à cette adresse.

Image par Tomi Um

Retour au blog

Ajouter un commentaire