[ZOOM 54] L'Usine du Futur

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A quelques heures de l'AFTER "Usine du Futur : les enjeux de la digitalisation de l'industrie" en partenariat avec le pôle EMC2, le ZOOM de la rentrée est consacré au concept même d'usine du futur, à ses enjeux et ses acteurs. 

Le concept d’Usine du Futur recouvre en fait trois aspects différents :

  • les nouveaux processus de fabrication, découlant notamment de l’introduction de l’Internet des Objets (ce que Cisco appelle Internet of Everything – IoE – par remplacement of IoT –Internet of Things). Cet aspect est particulièrement abordé dans un rapport de General Electric Capital, rapport intitulé « Industrial Internet – pushing the boundaries of minds and machines ».
  • les nouveaux matériaux (y compris les nanomatériaux) qui nécessitent très probablement des innovations en rupture pour les procédés de fabrication, procédés qui feront massivement appel aux TIC.
  • les interactions entre le client final et le producteur, via les distributeurs. Cette approche déjà ancienne (se rappeler du terme « prosumerism » inventé en 1980 par Alvin Toffler dans son ouvrage « the third wave ») a pris un nouvel essor avec les approches DIY (Do It Yourself), UGC (User Generated Content), 3D Printing, Crowdsourcing, Open Innovation, ... . Ce dernier aspect ne concerne l’Usine du Futur que dans la mesure où il y a interaction entre l’usine et le client final ou son distributeur. Il conviendra ainsi de laisser de côté tout ce qui ressort de l’économie de la contribution (Bernard Stiegler) en lieu et place de l’économie de l’attention (Herbert Simon, Thierry Gaudin, Yves Citton) qui étend cette approche aux réseaux sociaux (hors du champ de l’usine donc). Retenons les approches Web-to-Store, ROPO (Research Online Purchase Offline ou l’inverse) qui vont associer les clients, les magasins, les usines afin de produire en masse des produits individualisés – rencontre du média de masse qu’est Internet avec le souhait, l’attente de personnalisation des Internautes, des clients, des consommateurs -. « Nous sommes des milliards à être uniques ».

Là encore les TIC jouent un rôle important, voire primordial.

Cette approche écarte également l’industrialisation des services. Or aujourd’hui la sophistication des produits induit une exigence de services d’accompagnement (guides pour le choix, l’installation, l’utilisation, l’entretien, la maintenance) voire même des services de mise à disposition (remplaçant la propriété par l’utilisation – donc vers des mécanismes de location, de partage, d’échange -). Il n’y a plus guère de produits qui ne s’accompagnent d’une gamme de services, de même qu’il n’y a plus guère d’industries qui ne s’accompagnent d’une démarche d’externalisation des services (logistique, entretien, nettoyage, ...).

Bien au-delà des services liés à l’industrie, l’industrialisation des services joue également un rôle. De plus en plus de services, qui nécessitaient un savoir (knowledge works, knowledge skills) se voient aidés, assistés par des algorithmes destinés à accroître la productivité ou diminuer les risques. La « révolution numérique » de ces services est en marche et atteint la quasi-totalité des activités de la société (e-santé, e-Education, e-Administration pour ne pas parler des e-Banques, des e-Assurances, du e-Commerce, ...).

Sur le territoire (étendu aux partenaires) du pôle Images & Réseaux, on peut recenser :

Pôles, IRT, partenaires

Usine du Futur

Valorial  Agriculture/Agroalimentaire 

X industries agroalimentaires

Mer Bretagne Atlantique  Energie  TIC  Transports

X construction navale

Images et Réseaux  TIC

X Internet des Objets, Contenus multimédia

iDforCAR  Transports

X construction automobile, équipementiers

EMC2  Matériaux  Microtechnique / Mécanique 

X nouveaux matériaux

Végépolys  Agriculture/Agroalimentaire

X industries agroalimentaires

S2E2  Energie

Efficacité énergétique

Elastopôle  Chimie  Matériaux

Industries, Transports, Bâtiment, TP

Atlanpole Biotherapies  Biotechnologies / Santé

Bioproduction

 

 

Jules Verne

Technologies avancées de production

X Usine du Futur

 b<>com

contenus multimédia, réseaux ultra haut débit, médecine du futur.

X Contenus multimédia, réalité augmentée

 

 

Industries du commerce  Ingénierie / Services

X Interaction client-distribution-production

Imaginove  TIC 

X Internet des Objets, Réalité Virtuelle, Réalité Augmentée

Soit 10 pôles de compétitivité, IRT et partenaires qui ont inscrit dans leur ADN les termes de références que l’on peut retenir pour l’Usine du Futur.

Sur 916 établissements de plus de 10 salariés créés depuis 2009 dans l’industrie manufacturière, les Pays de la Loire arrivent en t^te du classement national avec 94 établissements. 156 d’entre eux ont été créés dans le territoire du pôle, soit 2 fois plus que dans la seule région Aquitaine.

C’est également plus que dans les deux régions Aquitaine et Midi-Pyrénées réunies (territoire du pôle Aerospace Valley), 50% de plus que dans la seule région Rhône-Alpes.

 

Ajoutons à cela que PSA a désigné son usine de Rennes – La Janais comme la « référente » pour l’Usine du Futur (projet pilote dans le domaine des composites).

La Nouvelle France Industrielle (NFI) retient le 34ième plan comme celui de l’Usine du Futur. Parmi les 7 premiers projets retenus (lancement en 2014) :

  • programme pilote 5E dans l’agroalimentaire,
  • éoliennes off shore au Havre,
  • ligne flexible et automatisée pour petites pièces en composites dans l’aéronautique,
  • ligne Composites Excelcar,
  • unité de conditionnement de bouteilles de gaz liquide,
  • MIM chez Safran,
  • chantiers navals en Bretagne.

plusieurs d’entre eux impliquent (ou peuvent impliquer) directement des initiatives prises dans le territoire du pôle.

On peut également retrouver les fondements de ces approches dans le contrat de plan état-région 2015-2020 des Pays de la Loire qui fait clairement apparaître les 6 « spécialisations » régionales (Industries maritimes, Technologies avancées de production, alimentation et bio-ressources, Thérapies de demain et santé, Design et industries culturelles et créatives, Informatique et électronique professionnelle) et des différentes filières.

De même pour la Bretagne, les domaines d’innovation stratégiques font apparaître des secteurs où l’usine du futur sera partie prenante (chaîne alimentaire durable, activités maritimes, santé et bien-être, ...), notamment dans des domaines où ces usines n’existent pas (hydroliennes et d’une manière plus générale « énergies marines renouvelables », nautisme, filière alimentaire, ...). Le troisième « volet » évoqué (interactions entre le système productif et le client) pourrait également trouver un écho favorable notamment en tenant compte des proximités entre les grands distributeurs et l’industrie agroalimentaire ainsi qu’entre le secteur des cosmétiques et la grande distribution.

Enfin en allant vers les services (industrialisation des services) le territoire du pôle qui concentre un grande partie du patrimoine historique français (c’est déjà le cas) conjuguer innovation et tourisme, tant dans le domaine des services liées au tourisme (guide, réservation, ...) que dans celui  de la muséographie, des industries créatives et culturelles liées au tourisme, y compris parce que territoire concentre également une très grande partie des festivals, des grands évènements (notamment évènements nautiques).

Tout au plus peut-on regretter cette approche par filière qui ne reconnait pas l’interaction entre les écosystèmes productifs et les écosystèmes d’usage, clé de voute entre les technologies numériques, l’économie numérique et la société numérique. 

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