[AFTER #15] Maitrise de l'energie du batiment : un batiment connecte, producteur de donnee, avec des gains de performance et de couts a moindre frais

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L’un a une vision bâtiment intelligent industriel, l’autre une vision bâtiment de service, et ensemble,  ils envisagent les enjeux de la maîtrise énergétique du bâtiment lors du 15ème AFTER Images & Réseaux proposé en partenariat avec la MEITO. Lila Meghraoua de l’Atelier BNP anime d’une main de maître la table ronde entre Jean-christophe Bourgeois, Expert systèmes d'information Efficacité Energétique & Environnementale Cofely Axima GDF Suez et Arnaud Legrand, CEO de Energiency et introduit le débat avec un chiffre évocateur : plus de 120 millions de tonnes de dioxyde de carbone est produit chaque année par le bâtiment, soit 44% de la consommation nationale.

Mais avant rentrer dans le vif du sujet, il convient de se poser une question essentielle : Le bâtiment intelligent, qu’est-ce que c’est ? 2 interlocuteurs, 2 définitions.

Jean-Christophe Bourgeois « Un bâtiment a pour vocation première d’héberger ses occupants. Le bâtiment intelligent est un bâtiment connecté, connecté sur ses occupants, connecté à l’extérieur avec d’autres pour proposer ses services ».

Arnaud Legrand «  Le bâtiment intelligent est un bâtiment producteur de données. Il s’agit de tirer le meilleur parti de la donnée et exploiter la nouvelle source d’énergie qu’est la donnée ».

Le terme de bâtiment intelligent est souvent associé à celui de productivité, de gain. Mais de quels gains parle-t-on ?

Le bâtiment produit de la donnée pour fournir des services à l’énergie dans la durée. Les outils numérique permettent à Cofely Axima de connaître les informations, de les analyser et d’agir sur les installation pour aller chercher des économies d’énergie avec des gains sur les factures allant de 20 à 40 % sans agir sur l’enveloppe du bâtiment. En changeant essentiellement les systèmes de diffusion et en proposant des actions de sensibilisation. Et Arnaud Legrand confirme ce chiffre pour le bâtiment industriel. « L’enjeux dans le bâtiment industriel est de stabiliser la consommation et d’arriver à 20% d’économie sans investissements grâce à l’amélioration continue ».  Le gain est donc celui du management de l’énergie qui permet aussi grâce à une optimisation sur les matières premières par exemple d’avoir une action sur la performance globale. Jean-Christophe Bourgeois parle également de « sobriété énergétique » : chauffer quand il faut sans perdre le confort des occupants dans les bâtiments du tertiaire ou de l’habitat.

Et le bâtiment à énergie positive, c’est possible ?

A l’unisson les deux témoins expliquent que s’il y a des promoteurs ou industriels exemplaires c’est tout de même  difficile. Ce qui est important c’est de « se préparer à la fluctuation des tarifs et à une gestion dynamique de la consommation d’une heure à une autre » explique Jean – Christophe Bourgeois. Et si on ne sait pas comment consomme le bâtiment, on ne peut pas acheter efficacement l’énergie. Et demain l’énergie que l’on ne consomme pas vaudra de l’argent.

Le bâtiment est-il prêt à devenir « smart » ? Et pour quel coût ?

Le bâtiment a besoin de fabriquer de la donnée qui le rend intelligent, avec des solutions agiles et simple. Il existe aujourd’hui des solutions simples, à moindre coût, non intrusives. Il n’y a là aucuns débats entre Jean-Christophe Bourgeois et Arnaud Legrand, le bâtiment est prêt.

« Le montant des travaux, actions, investissements, … ne doit pas excéder 5 à 10 % des montants des économies d’énergies générées pendant la durée des contrats » explique Jean – Christophe Bourgeois. Quant au bâtiment industriel, il faut faire avec l’existant. « Il y a beaucoup d’économies induites grâce aux économies de maintenance, de matière première, de formation, … ». Arnaud Legrand relie également le bâtiment intelligent à l’usine du futur et à la réalité augmentée : « chaque personne dans l’usine aura la bonne donnée, la bonne information sur sa ligne. On libère du temps grâce au big data ».

Le bâtiment « multi acteur », vers une mutualisation de l’énergie ?

Aujourd’hui il y a des usines, des bâtiments qui produisent sur les réseaux. On voit des choses arriver comme la mutualisation de la vapeur. Mais opérationnellement ce n’est pas toujours possible et c’est là le paradoxe. Le bâtiment intelligent doit libérer de la donnée et s’inscrit dans la ville. On attend un label « Ready to service » qui permettra à un bâtiment de libérer ses données vers l’extérieur pour ensuite mutualiser l’énergie. Un bâtiment sera capable de dire « je consomme xxx énergie, j’en produits xxxx, et donc je peux en donner xxx ». Un agrégateur dispatchera ensuite l’énergie, créant ainsi des microgrids. Mais pour cela il faut déjà chaque chaque bâtiment soit connecté.

On libère du temps, mais est ce qu’on change les métiers ?

Car à entendre nos intervenants, on sent bien un glissement de compétences. Les opérateurs doivent penser économie d’énergie, maîtriser la chaîne de mesure du compteur, du capteur à la restitution sur l’écran de contrôle. Le métier chez Cofely Axima se trouve modifié avec un engagement de performance et de résultats et une valorisation des métiers. « Car ce qui intéresse le client c’est la performance. Chaque usager doit pouvoir utiliser sa donnée pour créer son propre indicateur. Le bâtiment intelligent dans le tertiaire ou l’habitat implique de jouer la transparence ». Côté bâtiment industriel, la tendance se confirme aussi. « On met des données dans les mains des gens.  « L’énergie manager est désormais au centre des opérations et garantit l’intégrité des produits et l’énergie devient l’affaire du marketing, du commercial, … » confie Arnaud Legrand.  L’occupant du bâtiment devient consomacteur et l’on fait travailler des gens qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. 

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