[Lu pour vous] Les francais et les data : je t'aime moi non plus

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Que ce soit l’effet « snowden » ou un phénomène de retargetting, une chose est sûre, les média trouvent un intérêt non dissimulé dans les données, les fictions nourrissent les angoisses qui nourrissent les fictions, les jeux vidéo font des données leur héros, les hackers sont des créateurs,  et tous les jours les fuites sur nos données nous font nous poser des questions existentielles avec une prise de conscience progressive qui se traduit en acte, notamment au niveau politique avec des envies législatives.  Mais alors qu’en pensent les français ?  L’institut Toluna a mené pour Havas Media Group une étude auprès de 1 000 français entre 15 et 64 ans. 

Le jeu du chat et de la souris

93 % des sondés sont conscients de la captation de leurs données personnelles et 83 % sont inquiets de la situation.  Paradoxalement 46,6 % sont convaincus que l’exploitation des données peut faire émerger des opportunités. Et beaucoup sont prêt à partager des informations :

Mais pas n’importe lesquelles.

C’est alors que le « je t’aime moi non plus » prend tout son sens. Quand ils sont 90% à plébisciter une réglementation sur l’usage des données, les français craignent les fraudes (74,3%), l’impact sur leur intimité et vie privée (53%) et la surveillance (46,7%). Les français mettent donc en place des mesures de protection. Cela va du pseudo (45%) à la mise en place de protocoles pour limiter la récupération des données (29%). Et l’étude révèle que les seniors et les femmes sont les plus prudentes tandis que les 15/24 ans sont surtout vigilants sur les réseaux sociaux. Paradoxalement à ces craintes, seulement 1/3 des personnes est prêt à accepter des systèmes permettant d’autoriser ou de refuser la captation de données sur une période donnée.

Vers une monétisation des données personnelles ?

La data est perçue comment un levier pour rééquilibrer la relation entre le citoyen consommateur et les marques. Et pour cela 45,6% des sondés sont prêt à accepter une contrepartie financière pour le suivi de leurs données. Ou des contre parties tels que l’absence de publicité, des bons de réductions, chèques cadeaux, … 76,1 % des 15-24 ans envisage une rétribution financière pour le suivi annuel de leurs données.  Et ils sont les plus gourmands avec une valeur envisagée à 500 Euros / an.

Etes-vous data détendu ou data parano ?

Pour nous aider à  nous y retrouver, l’étude met en avant des « profils » type de relation avec les data.

Les data détendus sont minoritaires (4%). Ils ont entre 25 et 49 ans, sont souvent sous équipés, sous connectés et peu conscients du phénomène donc peu inquiets. Ils déjouent peu la captation des données et se révèlent être assez gourmands quand on parle de contrepartie.

Les data fatalistes (27%) sont conscients du phénomène et inquiet. Principalement jeune et féminin ils ne voient pas d’avantages à la captation malgré leur forte consommation d’internet et de réseaux sociaux. Leur action est surtout autour de la limitation des données qu’ils donnent pour éviter de faire rentrer l’intime dans leur vie 2.0.

2ème minorité, les data stratèges (9%). Ces quadra sont sur équipés et de gros acheteurs online, ils ne sont pas inquiets car ils y trouvent des avantages et sont pour la plupart des expert en protection de leurs données. Très favorables à une réglementation, ils sont prêt à donner l’ensemble de leurs données mais en échange de quelque chose. Les craintes sont fortes mais les data stratèges comptent bien tourner à leur avantage ce phénomène.

Les data parano (36%) ont plus de 35 ans, plus âgés, moins présents sur la toile. Ils sont conscients du phénomène mais attendent davantage une réglementation que des actions personnelles. Il y a de la part de cette typologie un refus catégorique de partager ses données, même avec une contrepartie.

Les data natives (24%) (15-35 ans) sont peu conscient du phénomène, peu inquiets, et n’ont pas de position tranchée. L’étude parle de « désintérêt » voir de « non implication » sur le sujet.

Ces profils étant établis, reste à savoir comment ils vont évoluer ou du moins faire évoluer leur rapport aux données personnelles. Les paranos (les plus nombreux) vont-ils s’enfermer et se déconnecter  du monde digital ? Quels efforts doivent faire les marques ? Plus de sincérité et de transparence sur l’utilisation des données ? Les fatalistes basculeront ils vers la paronoia ou le stratège ? Là on constate un besoin de sensibilisation, d’éducation pour permettre l’émancipation. La data au service de l’épanouissement personnel, la data pour comprendre le monde. Les data natives se réveilleront-ils un jour ? Ou vont-ils continuer à ignorer le phénomène ? Les stratèges amèneront ils les utilisateurs de data à parler business ? Jusqu’où iront-ils ? Car nous devenons avec nos données un produit, mais la monétisation reste une question complexe, avec in fine une relation de plus en plus complexe aux marques. Autant de questions qui émergent de cette étude complète.  

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