Ouest Valorisation : de la techno au marche, une voie d'acceleration

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"Nous sommes une tête de pont vers plus de 160 laboratoires et 7000 chercheurs"

Vous êtes un entrepreneur à la recherche d'une innovation validée et protégée, immédiatement exploitable ? Ou bien un porteur de projet collaboratif en quête de compétences spécifiques d'un laboratoire ? Ou encore un chercheur désireux de protéger vos inventions ? Adressez-vous à Ouest Valorisation. La société d'accélération du transfert de technologies (SATT) de Bretagne et Pays-de-la-Loire a été créée il y a deux ans pour dynamiser l'économie du territoire par les résultats de la recherche publique. Entretien avec son président, Vincent Lamande.

Depuis la création de Ouest Valorisation, qu'est-ce qui a changé en matière de transfert de technologies ?

Vincent Lamande. Il existait depuis 2005 des structures chargées de mutualiser la valorisation de la recherche pour le compte des universités et écoles d'ingénieur à l'échelle régionale. La structure bretonne a d'ailleurs servi de référence et participé à la réflexion sur ce que pourraient être les SATT au niveau national.

À partir de 2012, qu'est-ce qui a changé ? Essentiellement, deux points. D'abord Ouest Valorisation couvre deux régions : Bretagne et Pays-de-la-Loire et elle est nativement bi-régionale. Ensuite, elle bénéficie de fortes capacités d'intervention. Ouest Valorisation a été doté de 70 millions d'euros dans le cadre des investissements d'avenir, ce qui nous place au troisième rang, en termes de dotation, parmi les 14 SATT créées en France. Grâce à ces fonds, nous sommes maintenant capables d'investir sur des projets que nous avons identifiés et dans lesquels nous croyons.

C'est ce qu'on appelle "maturation technologique" ?

VL. Exactement. Lorsque des travaux de recherche aboutissent à des résultats scientifiques avérés, nous construisons un programme de maturation. C'est un projet de R&D destiné à fiabiliser le résultat, déterminer des applications et faire la preuve de concept, par exemple en développant un prototype ou un démonstrateur. L'objectif est de présenter des technologies "dé-risquées", donc déjà maturées, à des partenaires industriels.

Nous agissons pour le compte des universités et écoles d'ingénieurs du territoire. Elles restent propriétaires de leurs technologies, mais c'est nous qui gérons la propriété intellectuelle et qui valorisons leurs actifs par la cession de licences à des industriels.

Comment se fait le lien avec les entreprises ?

VL. C'est souvent à notre initiative. Nous identifions les industriels qui pourraient être intéressés par la technologie et nous les approchons. Pour cela, nous faisons appel à nos partenaires, dont les pôles de compétitivité qui ont une bonne connaissance des compétences et des marchés de leurs adhérents. Si une entreprise se montre intéressée, il est même possible d'établir avec elle un programme de co-conception sur la base d'un cahier des charges et d'un accord sur les modalités de transfert.

L'initiative peut-aussi venir des entreprises. Nous disposons d'une offre de technologies matures qui sont à leur disposition. Pour cela il suffit de visiter notre site Internet. Il propose une carte interactive des technologies disponibles, regroupées par thèmes dont le numérique (voir technologies.ouest-valorisation.fr). Une entreprise qui a une demande spécifique peut également nous contacter directement.

Et puis il existe une troisième voie, qui est la création de startups. C'est la solution utilisée lorsqu'il s'agit d'une technologie de rupture, qui ne déclenche pas immédiatement l'intérêt d'un industriel. Sur nos 18 premiers mois d'existence, nous avons accompagné la création de 13 startups.

Quelles sont les compétences de votre équipe, comment est-elle structurée ?

VL. Notre personnel est composé de docteurs, d'ingénieurs, de juristes, de spécialistes de la propriété intellectuelle tels que des ingénieurs brevet. Ils ont une double compétence comme, par exemple, une expérience scientifique et une expérience de l'industrie. Pour un projet donné, nous constituons une équipe pluridisciplinaire en support au chargé d'affaire.

Dans le cadre du montage d'un projet collaboratif, peut-on s'adresser à vous ?

VL. Bien sûr. Nous sommes une tête de pont vers plus de 160 laboratoires et 7000 chercheurs, donc une puissance de recherche considérable. Nous faisons ce que l'on appelle de l'identification de compétences. Nous accompagnons les entreprises dans leur recherche à partir de mots-clés spécifiques. Cela peut déboucher sur des projets collaboratifs ou toute autre forme de coopération entre laboratoires et industriels.

Nous pouvons également intervenir, pour le compte des partenaires académiques, dans les négociations multipartenaires et préparons l’accord de consortium en vue de faciliter le déroulement des partenariats.

Quels sont les points de convergence avec Images & Réseaux ?

VL. Par exemple, Images & Réseaux s'appuie sur nous pour trouver le laboratoire adapté à un projet. Dans l'autre sens, nous sollicitons Images & Réseaux pour entrer en contact avec une entreprise qui pourrait être intéressée par une technologie ou une innovation que nous avons initiée.

Et puis il arrive que nous organisions des événements en partenariat, comme le Techno Market de juillet dernier. Nous y présentions des technologies innovantes issues des différentes SATT de France. C'est un nouveau concept de place de marché d’envergure nationale, en lien avec d’autres SATT, et dans lequel on présente des technologies dont le risque est moindre car déjà maturées. Pour les entrepreneurs, ce sont de vraies opportunités.

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