Eurosatory 2026 : les adhérents Images & Réseaux au cœur des transformations de la Défense

Publié le 13/07/2026

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Du 15 au 19 juin 2026, Eurosatory a une nouvelle fois confirmé son rôle de rendez-vous majeur pour les acteurs mondiaux de la Défense et de la Sécurité. Au-delà de la présentation des dernières innovations technologiques, cette édition a mis en lumière les profondes mutations qui traversent la filière : montée en puissance des systèmes autonomes, accélération des cycles de développement, importance stratégique de la souveraineté industrielle et exploitation croissante de la donnée et de l’intelligence artificielle.

À cette occasion, plusieurs adhérents du Pôle Images & Réseaux ont partagé leur vision du marché, leurs innovations présentées sur le salon et les grandes tendances qui façonneront les équipements de Défense de demain. D’INPIXAL à Interface Concept, en passant par OBSAM et le Groupe ZeKat, leurs témoignages illustrent la diversité des expertises industrielles mobilisées pour répondre aux nouveaux défis opérationnels.

Cap sur les impressions et retours de nos adhérents sur cette édition 2026 du forum Eurosatory.

Pouvez-vous présenter votre structure ?

INPIXAL : INPIXAL est une société crée en 2008 à Rennes. Ses fondateurs sont issus de la société THOMSON Multimedia disparue depuis. INPIXAL est spécialisé dans le traitement d’image et dans le développement de produits matériels ou logiciels associés. La société a démarré à 6 personnes et les effectifs à ce jour sont de 15 personnes plus 2 postes ouverts actuellement. INPIXAL est présent sur les marchés de la défense, de la sécurité et de la vidéo professionnelle. La partie défense est aujourd’hui largement prépondérante. Historiquement, INPIXAL proposait des solutions logicielles ou des cartes électroniques.

Depuis 4 ans, INPIXAL commercialise une gamme de caméras gyrostabilisées pour les drones (gamme EDNA260)  et les applications navales (gamme OSEA300) qui rencontre un vif succès, d’abord à l’export mais maintenant en France. INPIXAL a agrandi ses locaux en 2023 pour mettre en place une chaine de production de ces équipements. INPIXAL rencontre par ailleurs un succès croissant avec son système PIXALARM de surveillance automatique de site industriel. INPIXAL maintient un effort de R&D important chaque année, le focus étant depuis 2020 porté sur l’intelligence artificielle.

Interface Concept : Créée en 1987 à Quimper, Interface Concept est une PME de 80 personnes, spécialisée dans la conception et le développement de cartes et de systèmes embarqués haute performance pour les secteurs de la Défense et de l’Industrie. Nous travaillons avec de grands acteurs internationaux tels que Thales, Safran, Lockheed Martin et Northrop Grumman.

Notre force réside dans notre expertise technique, avec une équipe R&D d’une trentaine d’ingénieurs qui maîtrise l’ensemble du cycle de développement, de la conception jusqu’à la qualification des produits. Nous proposons également des solutions sur mesure, un support technique réactif et un accompagnement tout au long du cycle de vie de nos produits.

En croissance continue, Interface Concept réalise 60 % de son chiffre d’affaires à l’export et s’appuie sur près de 40 ans d’expérience pour développer des solutions embarquées  innovantes, reconnues pour leurs performances, leur fiabilité et leur flexibilité.

OBSAM : OBSAM est l’expert de la donnée industrielle au profit des équipements industriels complexes, sur tout leur cycle de vie.

S’appuyant sur une forte expertise humaine et sur des solutions logicielles innovantes, OBSAM permet à un industriel d’optimiser et de maîtriser, dans le temps et dans un écosystème souverain, les données nécessaires au fonctionnement de sa chaîne d’approvisionnement, de la conception au retrait de service d’un équipement.

Nous accompagnons principalement des acteurs de la défense, de l’aéronautique, du spatial, du transport et de l’industrie dans la maîtrise de leurs équipements sur le temps long. Notre rôle est d’aider nos clients à anticiper les risques d’obsolescence, à structurer leurs données techniques, à identifier des solutions de remplacement ou de maintien en condition opérationnelle, et à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement.

Concrètement, OBSAM développe les plateformes comme BOREAL et OSTRAL, qui permettent de centraliser, qualifier et exploiter l’information technique liée aux composants, articles, fournisseurs, documents d’obsolescence et solutions disponibles. Notre ambition est de transformer une information souvent dispersée et difficile à exploiter en un véritable outil d’aide à la décision pour les industriels.

Groupe ZeKat : Groupe ZeKat est un groupe industriel français indépendant, fondé en 2005, spécialiste de la mécatronique. Nous concevons, développons et fabriquons des systèmes technologiques complexes pour des environnements où la disponibilité et la fiabilité ne sont pas négociables : défense, aéronautique, énergie, transports, télécoms.

Ce qui nous distingue, c’est notre capacité à maîtriser plusieurs briques critiques d’un même système : électronique, électrotechnique, mécanique, communications radio, logiciel, énergie. Dans les environnements où nous intervenons, la performance d’ensemble dépend de la cohérence entre différentes briques ; c’est grâce à notre maîtrise de plusieurs d’entre elles que nos clients sont confiants et que nous faisons la différence dans notre marché.

De la R&D jusqu’au maintien en condition opérationnelle, nous couvrons l’ensemble de la chaîne de valeur. Certifiés ISO 9001, EN 9100 et ISO 14001, nous déployons nos solutions dans plus de 90 pays, avec une fabrication intégralement ancrée en France.

Quelle est votre vision de l’innovation ?

INPIXAL : Pour nous l’innovation consiste avant tout à répondre à un besoin non satisfait de nos clients, avec une solution robuste et ergonomique dans un budget adapté. Nous ne cherchons pas à pousser les performances à leur maximum mais plutôt à trouver un compromis technologique permettant de maximiser l’efficacité de nos produits.

Interface Concept : L’innovation, c’est faire le lien entre les technologies émergentes et les besoins opérationnels de demain. Chez Interface Concept, nous investissons pour que nos clients puissent se concentrer sur leur mission, tandis que nous intégrons pour eux la complexité des nouvelles architectures de calcul, d’IA, de réseaux haut débit et de traitement des données.

OBSAM : Chez OBSAM, nous avons une vision très opérationnelle de l’innovation. L’innovation n’a de valeur que si elle répond à un besoin terrain, améliore la prise de décision et permet à nos clients de gagner en résilience.

Dans notre secteur, l’innovation ne consiste pas seulement à ajouter de la technologie. Elle consiste surtout à rendre les systèmes industriels plus robustes, plus anticipatifs et plus souverains. Cela passe par une meilleure structuration de la donnée, par l’automatisation de tâches à faible valeur ajoutée, mais aussi par l’usage raisonné de l’intelligence artificielle pour aider les experts métiers à analyser plus vite, mieux prioriser et sécuriser leurs décisions.

Nous travaillons notamment sur des approches permettant d’évaluer la procurabilité des articles, d’exploiter automatiquement des documents techniques, et de construire des outils d’aide à la décision adaptés aux contraintes des environnements critiques.

GROUPE ZEKAT : L’innovation, pour nous, ce n’est pas une finalité. C’est un moyen.

Dans les secteurs où nous travaillons, une technologie nouvelle n’a de sens que si elle répond à un besoin opérationnel précis : améliorer la disponibilité d’un système, réduire son temps de déploiement, renforcer sa résilience en conditions dégradées. Si notre innovation n’apporte pas ça, elle n’a pas sa place dans nos développements, quelle que soit son intérêt technique.

Notre contribution au GMP (Groupe Moto Propulseur) souverain illustre cette logique. Le besoin était identifié et documenté : la chaîne de propulsion des drones français reposait sur des composants majoritairement étrangers, créant une dépendance stratégique réelle. Nous avons développé l’ESC parce qu’il manquait, pas parce que c’était un défi technologique stimulant.

Nous appliquons le même raisonnement à nos architectures système : associer des technologies éprouvées de façon cohérente, en veillant à ce que le résultat soit industrialisable et maintenable dans la durée ; parce que ceci est le défi auquel sont confrontés nos clients.

Pourquoi avez-vous choisi de participer au salon Eurosatory ?

INPIXAL : Eurosatory est le salon de référence pour le marché de la Défense et nous y participons depuis la création d’INPIXAL, tout d’abord en tant que start-up, mais maintenant en tant qu’entreprise de la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD). Ce salon est l’occasion de rencontrer nos clients mais aussi nos partenaires industriels et de trouver de nouveaux fournisseurs. De nombreuses affaires importantes pour INPIXAL ont débuté par un contact à Eurosatory. Compte tenu de l’élargissement de nos activités vers le domaine naval, nous serons également présents en fin d’année au salon Euronaval.

INTERFACE CONCEPT : Eurosatory, le Salon Mondial de la Défense et de la Sécurité est un rendez-vous incontournable dans le domaine de l’embarqué. Il regroupe plus de 2300 exposants venant d’une soixantaine de pays, et notamment les grands donneurs d’ordre du domaine de la Défense. Donc c’est une chance pour nous de pouvoir les rencontrer, de se faire connaître auprès d’eux. Ce Salon est également l’occasion de rencontrer nos clients historiques français (Thales, Safran, MBDA) qui exposent leur savoir-faire technologique à travers leurs systèmes de Défense. Nous avons la chance d’avoir un Salon à Paris où les technologies de pointe se retrouvent exposées sur un même espace pendant 5 jours.

OBSAM : Eurosatory est un rendez-vous incontournable pour les acteurs de la défense et de la sécurité. Pour OBSAM, c’est un salon stratégique, car les problématiques que nous traitons, obsolescence industrielle, disponibilité des équipements, souveraineté industrielle, sécurisation des approvisionnements, sont au cœur des enjeux actuels du secteur.

Notre présence répondait à plusieurs objectifs : rencontrer nos clients et partenaires, présenter nos solutions à de nouveaux acteurs, mieux comprendre les attentes du marché, et confronter notre vision aux évolutions opérationnelles et industrielles observées sur le terrain.

Dans un contexte où les cycles technologiques s’accélèrent et où les tensions sur les chaînes d’approvisionnement restent fortes, la capacité à anticiper l’obsolescence devient un enjeu majeur de performance, de souveraineté et de continuité opérationnelle.

GROUPE ZEKAT : Eurosatory est le rendez-vous où les décisions se préparent et les tendances se confirment. Industriels, forces, intégrateurs, programmes : les bonnes personnes sont dans le même lieu pendant cinq jours. Pour un groupe comme le nôtre, c’est irremplaçable.

Notre présence répondait à deux objectifs précis.

Le premier : présenter l’alliance avec LN Innov’ et Novacium autour du premier groupe motopropulseur souverain français pour drone. C’est une étape industrielle concrète, pas une annonce de concept. Pour la première fois, les trois briques essentielles de la propulsion électrique, la batterie, l’ESC et le moteur, sont maîtrisées et produites en France. Groupe ZeKat y apporte l’ESC, issu d’un développement R&D en propre, dans le cadre de cette alliance.

Le second : montrer que cette maîtrise des composants critiques s’inscrit dans une capacité plus large. Notre poste de commandement et de pilotage drone, embarqué dans un shelter reconfiguré, de notre conception et fabrication, déployable en tout lieu, en était l’illustration : un système intégré, pas une addition de briques. C’est ce que nous savons faire, et Eurosatory était le bon endroit pour le montrer et le démontrer.

Qu’avez-vous exposé durant ce salon et quel retour pouvez-vous faire de cet évènement ?

INPIXAL : Nous présentions en particulier la version terrestre de notre gamme de caméras gyrostabilisées, la GAIA300. Ce produit intègre notre tout nouvel algorithme de détection et de tracking de véhicule militaire basé sur l’Intelligence Artificielle. Nous présentions également nos autres produits pour drones aériens et drones navals de surface.

INTERFACE CONCEPT : Nous avons exposé nos toutes dernières nouveautés, incluant une carte FPGA VPX 3U associée à une carte FMC que nous avons développée. Cette association appelée « bundle » permet d’avoir une carte très puissante en traitement de calcul. Aussi nous avons exposé une nouvelle carte processeur VME basée sur un processeur de dernière génération. En dehors de ces produits, nous avons exposé des cartes 3U et 6U VPX dites « SOSA », c’est-à-dire qu’elles sont conformes à une norme américaine appelée SOSA. La norme SOSA (Sensor Open Systems Architecture) est une norme d’architecture ouverte destinée aux systèmes embarqués militaires. Elle vise à rendre les équipements électroniques interopérables, modulaires et plus faciles à faire évoluer, tout en réduisant les coûts et les délais de développement.

Eurosatory s’impose comme l’événement incontournable en Europe pour le secteur de la défense, un rendez-vous essentiel pour les acteurs du domaine. Pour Interface Concept, il a été l’occasion de renforcer nos échanges avec nos clients majeurs, en abordant non seulement leurs besoins actuels, mais aussi leurs attentes et défis futurs.

Au-delà de ces discussions enrichissantes, le salon a également ouvert de nouvelles opportunités, notamment à l’export, avec des prospects prometteurs. Enfin, il nous a permis de déceler les tendances émergentes de notre secteur, confirmant ainsi son rôle clé dans notre stratégie d’innovation et de développement.

OBSAM : Nous avons principalement présenté nos solutions logicielles dédiées à la gestion de l’obsolescence et à l’aide à la décision industrielle, notamment autour de BOREAL et OSTRAL.

BOREAL permet de structurer et de piloter les processus de gestion d’obsolescence, tandis qu’OSTRAL vise à faciliter la veille, le traitement et l’exploitation d’informations techniques et industrielles complexes. L’objectif est d’offrir aux industriels une vision plus claire des risques, des solutions disponibles et des arbitrages à mener.

Nous avons également profité d’Eurosatory pour mettre en avant notre dynamique d’innovation à travers le projet Olympe, qui incarne notre ambition d’amener OBSAM au plus haut niveau sur ses sujets d’expertise. Cette démarche s’appuie sur plusieurs projets structurants : PrediObso, qui mobilise l’intelligence artificielle pour mieux valoriser la donnée industrielle et anticiper les risques ; SOLIFOR, notre portail fournisseur destiné à récupérer à la source, auprès des fabricants, l’information d’obsolescence ; et LOGIDATOS, projet autour de l’IA agentique visant à digitaliser et renforcer nos processus métiers.

Le retour sur Eurosatory est très positif. Nous avons constaté un intérêt croissant pour les sujets de résilience industrielle, de maîtrise de la donnée, d’intelligence artificielle appliquée aux métiers industriels et de souveraineté technologique. Les échanges ont confirmé que la gestion de l’obsolescence n’est plus seulement un sujet de maintenance ou de support : c’est désormais un enjeu stratégique, directement lié à la disponibilité des systèmes, à la maîtrise des coûts et à la capacité des industriels à tenir dans la durée.

Le salon nous a aussi permis d’échanger avec des acteurs très différents, grands groupes, PME, institutionnels, partenaires technologiques, ce qui est particulièrement précieux pour faire évoluer nos solutions au plus près des besoins du marché.

GROUPE ZEKAT : Nous avons présenté deux démonstrateurs illustrant deux facettes complémentaires de notre savoir-faire.

Le premier, c’est notre contribution au groupe motopropulseur souverain développé avec LN Innov’ et Novacium. Un composant discret en apparence, mais stratégique : l’ESC est le centre de commande électronique de la propulsion. Il convertit les commandes de pilotage en signaux électriques précis destinés au moteur, ajuste en permanence la puissance délivrée et garantit la stabilité et la fiabilité du système. Sans ESC maîtrisé, pas de propulsion souveraine.

Le second, c’est notre poste de commandement, de supervision et de pilotage drone déployable : un container ISO 10 pieds qui embarque tout ce qu’il faut pour superviser, coordonner et piloter des opérations sur site. Postes opérateurs multi-écrans, réseau sécurisé, distribution électrique, supervision temps réel. Opérationnel dès l’arrivée sur zone, sans infrastructure préexistante.

Les retours ont été directs. Ce qui revenait le plus souvent dans les échanges, c’est la question de la dépendance : dépendance aux composants, dépendance aux infrastructures fixes, dépendance aux délais de déploiement. Les acteurs que nous avons rencontrés cherchent des réponses industrielles concrètes à ces trois problèmes. C’est précisément ce que nous portions sur notre stand et ce que nos clients viennent chercher chez nous.

Le salon Eurosatory est un salon incontournable en matière de Défense et de Sécurité. Quelle est la tendance (ou l’innovation) qui vous a le plus marqué lors de cette édition 2026 et pourquoi ?

INPIXAL : Au côté des sociétés de Défense présentes depuis des décennies sur ce marché, nous voyons apparaître des sociétés proposant des produits développés selon des méthodes de type grand public, avec des cycles de développement  courts. Mais dans le même temps, nous voyons un grand nombre de fournisseurs de solutions technologiques insistant sur les niveaux de robustesse et de qualification de leurs produits, en température, en vibrations, en compatibilité électromagnétique. Or, il y a une certaine incompatibilité entre ces contraintes de qualification et les cycles courts de développement. L’enjeu sera donc d’essayer de concilier les deux. Pour ce faire, il faudra pouvoir proposer des produits à architecture flexible, mais dont les sous-ensembles seront déjà qualifiés. Il faudra également proposer des solutions à budget nettement plus contraint que les solutions actuelles, ce qui sera possible si les volumes de commande des armées sont plus élevés.

INTERFACE CONCEPT : Le point majeur, c’est la dynamique du marché. Nous avons vu apparaître un grand nombre de nouveaux acteurs, en particulier autour des systèmes autonomes et des drones, qui illustre une accélération inédite de l’innovation dans le secteur de la Défense.

Les conflits actuels montrent que la supériorité technologique ne repose plus uniquement sur les performances des systèmes, mais aussi sur la capacité à les développer, les qualifier et les déployer beaucoup plus rapidement. Cette évolution pousse l’ensemble de la filière à investir davantage et à raccourcir considérablement les cycles de développement.

Pour les industriels comme Interface Concept, cela renforce l’importance de proposer des plateformes ouvertes, modulaires et rapidement intégrables, capables d’accompagner l’arrivée des nouvelles technologies tout en garantissant la fiabilité attendue des systèmes critiques.

OBSAM : En matière d’innovation, OBSAM a eu l’honneur d’officialiser son partenariat avec la société S2M qui a développé avec KNDS Innovation, le projet REFURBOT, lequel consiste à transformer d’anciens chars AMX-30B2 en drones terrestres de combat. OBSAM apporte son concours pour la veille technologique du châssis pour allonger sa durée de vie.

GROUPE ZEKAT : La montée en puissance des acteurs de l’industrie des drones. C’est le fait marquant de cette édition.

Par rapport à 2024, le changement est net. Ils étaient présents mais périphériques. En 2026, ils occupent une place centrale et personne ne le conteste. Le drone n’est plus un sujet émergent dans la défense. C’est un sujet structurant, et Eurosatory l’a confirmé de façon très visible.

Mais ce qui nous a le plus frappés, c’est le glissement qui s’opère dans la façon dont les acteurs raisonnent. La question n’est plus « quel produit » ou “quelle plateforme ?” Elle devient “quel écosystème ?” La performance d’un drone repose désormais sur l’ensemble de sa chaîne : propulsion, énergie, communications, supervision et infrastructures de commandement. Les industriels qui ne maîtrisent qu’une brique de cet écosystème vont se retrouver en difficulté face à des donneurs d’ordre qui, eux, raisonnent déjà en termes de système complet.

Pour nous, c’est une confirmation de notre positionnement. Nous étions sur ce salon avec un ESC souverain et un poste de commandement déployable. Deux briques différentes, mais une même logique : maîtriser ce qui compte vraiment dans la chaîne, pas seulement y participer.

Quels usages vont selon vous profondément transformer votre secteur dans les prochaines années ?

INPIXAL : Il est clair que la robotisation du champ de bataille est une tendance lourde. Son application en Ukraine commence à montrer l’inefficacité des formats traditionnels des armées de terre, de l’air ou des marines, qui se retrouvent dans des situations tactiques figées. Si cette tendance se confirme, cela peut-être vu comme une évolution positive dans la mesure où cela décourage les offensives et les agressions militaires. La maîtrise de la robotisation devient alors l’équivalent d’une force de dissuasion passive.

INTERFACE CONCEPT : Les prochaines années seront marquées par une montée en puissance des systèmes collaboratifs, de l’autonomie et de l’exploitation en temps réel de volumes de données toujours plus importants. Les plateformes devront être capables de connecter de nombreux capteurs, d’exécuter localement des traitements complexes, notamment basés sur l’intelligence artificielle, et de prendre des décisions avec une latence minimale. C’est précisément sur cette ligne qu’Interface Concept se positionne, en continuant d’investir sur des plateformes de calcul et de communication ouvertes, modulaires et évolutives, conçues pour intégrer rapidement les technologies de demain et répondre aux exigences des systèmes critiques.

OBSAM : Plusieurs usages vont transformer notre secteur.

Le premier est l’exploitation intelligente de la donnée industrielle. Les organisations disposent déjà d’un volume considérable d’informations : documents fournisseurs, avis d’obsolescence, nomenclatures, historiques de maintenance, données d’approvisionnement, retours d’expérience. Le défi est de rendre ces données exploitables, fiables et actionnables.

Le deuxième usage est l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les processus métiers. L’IA permettra d’accélérer l’analyse documentaire, de détecter des signaux faibles, de proposer des scénarios de substitution ou de prioriser les risques. Mais elle devra être utilisée avec un haut niveau de traçabilité, d’explicabilité et de contrôle humain, en particulier dans les environnements critiques.

Le troisième usage concerne la collaboration entre acteurs. La résilience industrielle ne peut pas être portée par un seul maillon de la chaîne. Elle suppose une meilleure circulation de l’information entre donneurs d’ordre, industriels, fournisseurs, experts métiers et acteurs institutionnels.

Enfin, nous pensons que la souveraineté numérique va devenir un critère de plus en plus structurant. Les industriels auront besoin de solutions maîtrisées, sécurisées, adaptées à leurs contraintes, et capables de traiter des données sensibles dans un cadre de confiance.

Chez OBSAM, notre ambition est d’accompagner cette transformation en proposant des outils métiers robustes, souverains et orientés décision, au service de la disponibilité des systèmes critiques.

GROUPE ZEKAT : Trois sujets vont profondément transformer notre secteur.

La souveraineté industrielle, d’abord. Les conflits récents ont rendu la question impossible à esquiver. Dépendre de composants étrangers sur des systèmes critiques, c’est accepter un risque opérationnel que les forces ne peuvent plus tolérer. La souveraineté, ce n’est pas un label. C’est la capacité à concevoir, produire et maintenir durablement, à l’échelle industrielle, sans dépendre d’une chaîne d’approvisionnement qu’on ne contrôle pas. Le GMP souverain que nous avons présenté à Eurosatory en est une démonstration concrète : la propulsion d’un drone peut aujourd’hui être française de bout en bout.

La multiplication des systèmes autonomes et téléopérés, ensuite. On ne parle plus d’un drone par opérateur. On parle de flottes entières à coordonner simultanément, avec des infrastructures de commandement qui doivent suivre ce rythme tout en restant déployables rapidement et opérationnelles en environnement dégradé. C’est un changement d’échelle qui va forcer une refonte profonde des architectures de supervision.

Et enfin, la donnée en temps réel comme outil de décision. Le poste de commandement de demain n’est plus un point de collecte. C’est un outil de traitement et de restitution, capable d’agréger des informations issues de multiples capteurs et de donner à l’opérateur une vision immédiatement exploitable. Les architectures qui ne sont pas conçues pour ça dès l’origine seront dépassées, pas progressivement, mais brutalement.

Ces trois enjeux orientent nos développements. Pas par anticipation théorique : par conviction industrielle, et par ce que nous observons concrètement sur le terrain.

Les témoignages recueillis auprès de nos adhérents dressent un constat partagé : la Défense entre dans une nouvelle phase, où l’innovation doit désormais conjuguer rapidité, robustesse et souveraineté. Qu’il s’agisse de capteurs intelligents, de plateformes embarquées, de gestion de la donnée industrielle ou de systèmes autonomes, les industriels doivent répondre à des exigences croissantes tout en conservant la maîtrise des technologies critiques.

Eurosatory 2026 aura ainsi confirmé l’importance d’une base industrielle et technologique de Défense agile, capable de transformer rapidement les avancées technologiques en solutions opérationnelles. À travers leurs expertises complémentaires, nos adhérents démontrent le rôle essentiel des PME et ETI innovantes dans la construction des capacités de Défense de demain.