Sadal Engineering équipe les drones en IA et capteurs intelligents

Publié le 05/11/2018

Equipe-SADAL-Engineering

C’est pour l’instant une petite structure. Mais elle ambitionne de devenir un équipementier de la construction de drones. Sadal Engineering conçoit et développe les modules d’intelligence artificielle et les capteurs intelligents qui rendront les drones totalement autonomes. L’entreprise anticipe une accélération du marché et une multiplication des applications avec l’avènement du drone sans pilote.

Le penchant de l’entreprise pour le secteur du drone aérien tient à la personnalité de son dirigeant. Vincent Denis est électronicien et ingénieur en aéronautique, diplômé d’universités anglaises notamment. Cette formation l’a d’abord amené à se spécialiser dans le conseil en démarche d’innovation appliquée aux technologies de rupture pour les secteurs de la défense et du transport. Puis à créer Sadal Engineering en 2016“J’ai voulu évoluer en bureau d’études en innovation. Plus particulièrement dans le domaine des objets connectés industriels.”

Du secteur de la défense au drone aérien

La jeune entreprise construit son développement sur deux activités et en deux temps. Sadal Engineering est d’abord prestataire de services : “Nous sommes un réservoir d’innovation pour les industriels de la défense.” Puis elle capitalise sur les technologies et savoir-faire ainsi développés pour investir dans la conception de ses propres produits. Le secteur cible est le drone industriel. “Nous ne sommes pas fabricant de drone. Notre position est celle d’un équipementier qui conçoit et fabrique des charges utiles et des modules électroniques de pilotage à destination des constructeurs.”

Deux premiers produits sont en cours de développement. D’abord “une boule optronique” qui servira de caméra vidéo orientable à hautes performances et faible poids. Ce dernier critère est déterminant car : “Le poids est l’ennemi numéro 1 du drone aérien.” L’autre projet en cours, “encore plus innovant”, étant un module électronique capable de maîtriser l’atterrissage de précision. “De l’ordre de la dizaine de centimètres” précise l’entrepreneur.

L’autonomie par l’intelligence artificielle embarquée

Le marché visé à terme est celui du drone autonome. La vision de Vincent Denis : le drone de demain sera logé dans un container servant de base ; il effectuera une mission sur simple commande de l’opérateur ; puis il sera capable de regagner seul sa base et se mettre en position de charge dans l’attente d’une prochaine mission. “Aujourd’hui, il faut déplacer sur place un pilote formé pour accomplir une tâche. Demain, le drone pourra travailler en autonomie avec une disponibilité H24. Ce qui va réduire de façon drastique les coûts d’exploitation.”

Pour construire les briques de cette autonomie, Sadal Engineering mise sur deux technologies complémentaires. “L’axe de nos efforts et notre fer de lance ce sont les capteurs intelligents couplés à l’intelligence artificielle, compatibles avec les contraintes de l’embarqué et de l’aéronautique. C’est un investissement dans des connaissances qui peuvent aussi intéresser d’autres secteurs d’activité.”

Un développement à base d’autofinancement

Sadal Engineering construit son avenir avec patience. Après deux ans d’existence, elle emploie 5 personnes. Chiffre qui devrait grossir dans les mois prochains alors qu’il est prévu de “mettre en place une équipe de production”. L’entreprise installée à Guer, dans le nord-est du Morbihan, bénéficie de soutiens locaux et d’aides de la BPI. Mais c’est surtout l’activité défense qui assure l’essentiel des revenus. “Notre objectif est de rapidement doubler le chiffre d’affaires avec la commercialisation de produits pour sécuriser l’entreprise et obtenir une interaction dynamique entre les deux activités.”

 

Photo : L’équipe Sadal Engineering. Troisième à partir de la gauche, Vincent Denis.