Pour ses drones et robots, Pilgrim Technology vise l’autonomie

Publié le 12/09/2019

Pilgrim Technology Drone

Comment inspecter sous toutes ses coutures une éolienne, un barrage hydroélectrique, une plateforme pétrolière offshore ? Ce sont ces problématiques d’usage qui ont amené Pilgrim Technology à devenir fabricant de drones professionnels. Puis à étendre cette activité à une gamme de robots. Entretien avec sa dirigeante, Anne-Marie Haute.

Pilgrim Technology est un pionnier en France de la fabrication de drones professionnels. Quel a été le point de départ ?

Anne Marie-Haute. Notre premier métier est l’inspection industrielle technique. Nous proposons la mise à disposition de personnel qualifié pour contrôler des équipements et vérifier leur conformité. Nos clients sont des grands groupes principalement dans le domaine de l’énergie tels que Total, Shell, BP ou EDF. Pour réaliser cette activité, nous rencontrons des problèmes d’accès aux équipements à vérifier. Si bien que nous avons commencé à développer dès 2011 des solutions pour nous aider : des drones.

À l’époque il n’existait que des drones de loisir alors que les sites sur lesquels nous travaillons – l’Oil & Gas, l’Offshore, la marine, le nucléaire – exigent un niveau de sécurité maximal. C’est ce qui nous a amené à fabriquer nos propres machines. Aujourd’hui nous disposons d’une gamme de drones pour différents usages professionnels et nous développons des solutions sur-mesure à la demande.

Depuis 2011, le domaine du drone a énormément progressé. Quelles ont été les principales avancées ?

Anne Marie-Haute. La première avancée est la réglementation apparue en France dès 2012, car c’est elle qui a permis d’ouvrir le marché. Le drone est un domaine très soutenu et accompagné dans notre pays notamment par la DGAC, la Direction nationale de l’aviation civile. La France est très active sur la normalisation et dans les groupes de travail à l’international. Nous attendons avec impatience la future législation européenne prévue pour 2020, qui ouvrira de nouvelles opportunités.

Du point de vue technique, nous avons surtout travaillé sur la sécurisation des systèmes. Le drone s’inscrit dans le domaine de l’aviation où les premières questions sont le risque et la sécurité. Aujourd’hui, nos systèmes sont robustes et proches des exigences de l’aviation habitée en termes de sécurité. Mais on est encore au tout début des évolutions. Pour l’avenir proche, on voit se détacher deux grandes directions de progression : d’une part les machines autonomes, d’autre part le transport d’objets.

La machine autonome est un sujet sur lequel vous travaillez ?

Anne Marie-Haute. Nous y réfléchissons de plus en plus parce que c’est l’avenir. Dans notre contexte qui exige beaucoup de fiabilité et de sécurité, il reste beaucoup de recherche et développement avant d’avoir une solution. L’autonomie passe par une parfaite reconnaissance du terrain : être capable d’analyser l’environnement par exemple pour contourner un obstacle. C’est aussi la capacité à prendre des décisions, ce qui passe par de l’intelligence artificielle.

À côté des drones, nous développons également une gamme de robots qui marchent ou qui roulent. Donc qui se déplacent horizontalement, ce qui simplifie grandement la question de l’autonomie comparé au vol en trois dimensions.

Vous projetez aussi de fabriquer un robot sous-marin. D’où vient ce besoin de développer des robots à côté des drones ?

Anne Marie-Haute. Les drones ne sont pas adaptés à toutes les situations. Nous avons par exemple développé un robot à 6 pattes, un hexapode, capable de parcourir une salle technique remplie de tuyaux. Imaginons un environnement où circule de l’eau très chaude, donc dangereux pour un opérateur. Notre objectif à terme est d’y envoyer un robot autonome en capacité d’aller chercher l’information : dresser une cartographie complète du lieu et détecter des fuites éventuelles.

Le développement d’un robot sous-marin part également de nos besoins. Nous travaillons beaucoup pour l’offshore et la marine où une inspection, pour être complète, doit également prendre en compte la partie immergée de l’équipement. Il faut par exemple inspecter le champ d’ancrage d’un parc éolien en mer. Jusqu’à présent nous devons faire appel à des plongeurs ou des scaphandriers. D’où notre volonté de mettre au point une solution sous-marine.

Pilgrim Technology Robot

www.pilgrim-technology.com

Pilgrim Technology, PME d’une douzaine de personnes installée en périphérie nantaise, est membre Images & Réseaux. Elle sera l’un des participants à la Technoférence #30 “Véhicules autonomes : en mer, sur terre et dans les airs !”. L’événement organisé par Images & Réseaux + TES se tient à Rennes le jeudi 03 octobre et il est relayé en visioconférence à Brest, Caen, Lannion, Le Mans, Nantes, Vannes. Plus d’infos.

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